Les Randonnées à ski et avec le surf: thème du nouveau CP J+S

Pour les chefs de courses à ski sceptiques, comme pour les optimistes, le CAS organise un CP particulier autour du thème « randonnées à ski avec le surf ».

Sur les vingt participants qui se retrouvent le samedi matin à la gare de Sisikon, la moitié a une planche sous le bras, l' autre moitié des skis en main. Cela correspond tout à fait au désir des deux responsables du cours et guides de montagne expérimentés en surf, Ueli Kämpf et Willy Egger, qui espèrent voir s' engager des discussions animées.

Un premier moment de théorie est consacré aux avalanches; la problématique du snowboard n' y est pas encore abordée. En effet, les surfeurs et les skieurs sont concernés de la même manière, même si la statistique des accidents fait supposer le contraire! Mais ceci entre dans la rubrique « se préparer au risque », qui sera abordée plus tard.

Lors du premier exercice sur le terrain, les skieurs commencent par secouer la tête d' un air dubitatif. Ueli Kämpf veut qu' ils fixent à leurs pieds un « auxiliaire de montée » et qu' ils attachent leurs skis sur le dos. De même, les surfeurs doivent adopter un autre équipement de montée que celui dont ils ont l' habitude. Les chefs du cours ont amené dans ce but tout un arsenal de raquettes à neige et de skis courts. Le but est de faire l' expé des pièges et des difficultés de la montée à l' aide de cet équipement. A cause de la neige profonde fraîchement tombée, le groupe des randonneurs en raquettes ne peut plus suivre ceux qui ont des skis courts au bout d' un petit quart d' heure déjà. Nous testons la raideur de la pente qu' on peut monter avec des raquettes et essayons de voir si une traversée est aussi pénible qu' on le dit. Au bout d' une brève montée, le groupe est d' accord, expérience faite, que c' est surtout pénible de faire la trace dans la neige profonde, que ce soit avec des raquettes ou des skis courts.

La descente qui suit, dans le brouillard, nous permet de faire l' expérience d' autres désavantages du snowboard. Nous fermons rapidement les fixations de notre planche, et départ! Mais faire du surf au pas se révèle aussi difficile que de faire du vélo au ralenti. Le relief est difficile à voir et déjà me voilà au fond d' une cuvette dont je mets dix minutes à m' extraire, tout en sueur. « D' abord réfléchir, puis envoyer un skieur en éclaireur et enfin descendre sur son surf », tel est le commentaire de Willy Egger. On a appris quelque chose.

Raquettes ou skis courts? A pied ou, avec des crampons? Le matériel présenté couvre deux tables entières, tandis que Ueli et Willy essaient d' y mettre de l' ordre. Chacun de ces équipements a ses avantages et ses inconvénients. Les raquettes à neige sont très légères, ce qui représente un grand plus, surtout pour la descente. De plus, on peut maintenant en louer presque dans tous les magasins de sport. Pour la montée, cela dépend beaucoup des conditions: dans la neige profonde, elle est très pénible; sur un névé dur, seuls les modèles avec de bons couteaux sont adéquats.

Les skis courts sont plus lourds et moins maniables à la descente. En revanche, dans une bonne trace dure, on peut monter relativement bien avec des skis courts. Des skis un peu plus longs permettent de faire assez bien la trace. Dans le commerce, très peu de modèles sont disponibles et ils sont chers. Ce n' est pas étonnant qu' on recourt partout au bricolage. Le ski démontable représente une alternative; au sommet, on le divise en deux parties qu' on peut mettre dans le sac à dos. Il est important, pour Willy Egger, que tout le groupe utilise le même matériel à la montée, même le guide, dans l' idéal. L' exerci avec les skis attachés sur le sac et les raquettes aux pieds n' était donc pas si irréaliste que cela.

On discute par groupes les thèmes suivants: « les surfeurs à la montée », « comportement des surfeurs à la descente », « les surfeurs sur un glacier », « randonnées en surf au printemps ou en hiver » et « la randonnée en surf idéale ». Certains participants ont déjà quelques expériences de randonnées en surf, d' autres trouvent les solutions spontanément et grâce aux expériences faites l' après. Dans la présentation qui suit, même les plus chevronnés des randonneurs peuvent glaner quelques trucs.

La deuxième journée de cours, le temps se montre sous son meilleur jour. La montée au Rossstock sert encore une fois de test pour les raquettes ou les skis courts. Cette fois, les randonneurs avec raquettes expérimentent durant deux heures et demie combien la montée est pénible en comparaison de la montée à ski. Mais les surfeurs brillent dans la descente et quelques-uns des skieurs sont malades d' envie de voir les surfeurs si bien glisser et les dépasser, en tout cas jusqu' à l' inévitable et courte contre-pente qui les force à ôter leur planche!

Les responsables du cours et les participants sont d' accord pour trouver que le cours est réussi. Les skieurs et les surfeurs se sont complétés de façon idéale et ont engagé la discussion. Les doutes et le scepticisme du début ont fait place à la confiance et à la tolérance. Et, point principal, de nombreux jeunes surfeurs peuvent se réjouir de faire cet hiver des randonnées bien choisies et guidées par des personnes compétentes.

Feedback