Munt la Reita : le plein d'énergie au paradis. Renaissance à Cimalmotto

Voici plus de vingt ans, Verena et Markus Senn se mirent en tête de créer une exploitation agricole dans le val di Campo. Un dur et patient labeur en a fait une oasis, bien plus qu' une simple ferme.

Au fond du val di Campo, suivez la petite route quittant le village en direction de la frontière italienne et vous découvrirez, sur une hauteur, la ferme de la famille Senn à Munt la Reita. Voici, comme une présence de toujours dans le vallon sauvage conduisant à l' alpe Stufa, la maison avec son grand jardin, des abris pour le bétail, une fromagerie, un petit magasin, des ateliers et des logements pour les hôtes. Rien n' a été facile pourtant. Cette oasis à l' altitude de 1430 m, à l' écart de l' agitation des plaines, n' a vu le jour qu' au prix d' un travail acharné, d' une volonté inébranlable et d' âpres conflits avec les autorités cantonales. Ici, ce n' était voici vingt-deux ans que désolation de pâturages abandonnés dans un environnement hostile. Au siècle passé, le val di Campo a beaucoup sacrifié à l' émigration: beaucoup sont allés chercher bonheur et travail dans le vaste monde. En 1985, contemplant depuis les hauteurs les pâturages de Cimalmotto, Verena et Markus Senn virent clairement sur quelle colline ils allaient établir leur future demeure. Ils décidèrent d' en acquérir 25 hectares pour y créer leur propre exploitation agricole: une île dans la nature alors à l' état sauvage.

A la recherche d' une vie meilleure au Tessin

Verena et Markus Senn ont grandi tous deux dans l' Oberland zurichois. Ils se sont connus au temps où la jeunesse portait des cheveux longs et des habits Verena et Markus Senn, les exploitants. Le dur labeur de la ferme n' a aucune influence sur leur satisfaction et leur joie de vivre Au bout de la vallée, sur un terrain jadis en friche, on trouve aujourd'hui une ferme respectable avec des abris pour le bétail, des ateliers, et des logements pour les citadins en mal d' énergie chamarrés, et rêvait de changer le monde. Leurs idéaux attiraient nos deux jeunes loin des plaines: ils voulaient faire leur vie dans les montagnes, revenir à une existence plus conforme aux besoins fondamentaux de l' homme. Cet idéal les conduisit du Valais au Toggenbourg, puis dans l' Emmental, où ils achetèrent un vieux moulin qu' ils complétèrent peu à peu d' une boulangerie, d' un magasin de produits biologiques et d' un atelier de travail de la laine. Et d' un magnifique jardin biologique. Mais il manquait en Emmental les vraies montagnes sauvages. De plus, la surface en leur possession était trop petite pour une exploitation viable. Après de longues années de recherches, ils firent par hasard la connaissance du secrétaire de l' association de promotion des exploitations de montagne « Bergheimat », qui leur parla de possibilités au Tessin. C' est ainsi qu' ils découvrirent leur future patrie à Cimalmotto et entamèrent un nouveau chapitre de leur aventure.

Une grande somme de travail et beaucoup d' obstacles

On ne se représente guère la quantité de travail investie dans ce modeste univers en contemplant la fromagerie impeccable ou le paysan à la traite, si l'on passe la nuit « Al Zingaro Fedele » ( une roulotte Quelle diversité! La qualité est le maître mot dans le magasin de la ferme, et on y trouve, bien sûr, le fromage local, fabriqué maison et très savoureux. Dans la limite des stocks disponibles... Le cinéma de Cimalmotto. Dur, dur, de se relever de ses fauteuils confortables! Car au fin fond du val di Campo, les cinéphiles trouveront un choix presque infini de films du monde entier Le bâtiment principal, véritable poumon du Munt la Reita. Six enfants ont grandi ici; outre la famille Senn, il héberge aujourd'hui une foule de bénévoles venus des quatre coins du monde de chantier convertie en chambre d' hô ) ou si l'on fait ses emplettes au magasin bio. A l' achat du terrain, il apparut rapidement qu' il ne serait pas évident d' y bâtir, les démarches auprès des autorités s' avérant bien plus tortueuses que prévu. Il fallut des années pour que l' autorisation de construire sorte du labyrinthe de la bureaucratie. Entre-temps, les Senn habitèrent la cure de Campo avec leurs six enfants et quelques animaux, aidant les personnes âgées dans leurs travaux. Enfin, ils purent commencer l' excavation de leur demeure. Durant les travaux de construction, ils déména-gèrent pour les mois d' été dans un tipi, qui resta leur domicile jusqu' à l' achève des premiers bâtiments.

Lieu de ressourcement pour citadins, avec prolongements culturels

Pour Verena et Markus Senn, un environnement salubre et une alimentation saine ont plus d' importance que l' argent. Photos: Mischu W ir th

Cabanes et bivouacs

Rifugi e bivacchi

Von Hütten und Biwaks

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