Murs d'escalade mobiles (Les multiples utilisations des -)

La section Weissenstein est présente depuis de nombreuses années à l' ex d' automne de Soleure, la HESO, où elle monte l' un des deux murs d' escalade. « C' est un gros travail, mais cela vaut toujours la peine », affirme Beni Nägeli, responsable de la jeunesse de la section Weissenstein. « Pour les enfants, surtout, le mur d' escalade est l' attrac essentielle de la HESO. Ceci crée toujours le contact avec les parents et il n' est pas rare qu' ils s' intéressent de près ou de loin au CAS. » L' automne dernier, Beni Nägeli a initié une action spéciale. Il s' agissait de permettre aux élèves des classes spéciales de Soleure de grimper au mur d' escalade. Dans leur invitation, les organisateurs du projet précisent leurs intentions: « Nous aimerions inviter les jeunes qui n' ont pas l' occa de faire de l' escalade ou qui n' en prendraient pas l' initiative eux-mêmes ». L' expérience fut aussi enrichissante pour les accompagnants: « C' était magnifique de voir les élèves observer le mur, d' abord avec un mélange de respect et de crainte, puis maîtriser petit à petit les voies les plus difficiles et rayonner de joie à la vue de leurs exploits. » Cette action sera poursuivie. Si le mur figure à nouveau au nombre des attractions de la HESO l' automne prochain, les membres de la section renouvelle-ront l' invitation.

Une idée qui pourrait faire école On ne peut qu' encourager de telles initiatives. Les deux murs d' es mobiles sont à la disposition des sections du CAS. Les délégués à la

Grimper au mur d' escalade

Défi lancé à déjeunes handicapés Lors de l' exposition d' automne de Soleure, une classe spéciale de la ville a passé une matinée au mur d' escalade, encadrée par des membres de la section Weissenstein. Dans ce contexte, se pose la question de la portée du défi lancé à de jeunes handicapés.

Des jours à l' avance déjà, l' escalade occupe constamment les esprits, avec la peur qu' elle engendre, la préparation qu' elle exige et la joie anticipée qu' elle suscite. Les remarques et les questions trahissent les émotions contradictoires des adolescents: « Non, ce n' est pas pour moi. » « Qu' est que je devrai faire là-bas ?» « Faut-il vraiment y aller ?» « D' accord, Pirmin, on ira ensemble ?» Excitation ou anxiété, la question préoccupe tout le monde.

Des règles différentes de celles du quotidien Une fois au pied du mur, plusieurs jeunes s' étonnent de sa taille. Certains perdent courage: non, ils ne veulent pas grimper là-haut. Simon encourage Pirmin à escalader le mur en même temps que lui, en parallèle. Pirmin démarre. Il est clair que Simon cherchait secrètement à se mesurer à son camarade, car il était sûr de la victoire. Tous constatent donc avec surprise que Pirmin, qui fait d' habitu partie des élèves les plus lents, est déjà parvenu à la sortie, alors que Simon n' arrive toujours pas à négocier la première prise.

Lucia hésite. Elle a peur. Finalement, après force persuasion, elle s' engage. Elle grimpe jusqu' au sommet et, de retour au pied du mur, elle arbore un visage rayonnant de joie. Heureusement qu' elle a pu rassembler assez de courage pour essayer de grimper. Luigi, prudent comme à l' accoutumée, parvient jusqu' à la mi-hauteur. Il trouve l' exercice valable, mais la moitié lui suffit. Plus loin, ce n' est pas pour lui! La dynamique de classe est très intéressante. La motivation vient du fait que grimper introduit des règles différentes de celles du quotidien.

Abstraction faite de la dimension sportive, le mur d' escalade lance un défi supplémentaire: il n' y a aucune nécessité absolue à grimper, à moins que l'on se mette soi-même à l' épreu. On teste et on consolide ses aptitudes lorsque l'on est confronté à des Comment continuer? Donner des conseils depuis le pied du mur n' est pas un exercice coutumier obstacles qui sortent de l' ordinaire. L' exercice a donc un but: celui qui sait par expérience qu' il peut affronter et maîtriser une situation exceptionnelle pourra toujours recourir à cette expérience dans la vie de tous les jours, lorsqu' il sera confronté à une difficulté.

Les handicapés sont confrontés tous les jours à des obstacles qui restent infranchissables pour eux. Des exercices qui semblent faciles aux enfants du même âge - lire, écrire, nouer ses lacets de chaussures ou rester tranquille, assis à une table - sont des défis permanents pour ces élèves. Ils ont surtout du mal à évaluer leurs capacités et à persévérer. Ce sont précisément les signes distinctifs entre la normalité et le handicap, bien que le Simon: « Ça m' a plu de grimper. Je suis facilement arrivé en haut, mais j' avais peur de tomber » Vaincre un mur d' escalade, c' est autre chose que d' affronter les obstacles quotidiens Pirmin gravit le mur avec l' agilité d' une araignée degré du handicap soit relatif et que la frontière entre normalité et handicap, physique ou mental, soit floue.

Défi sans distinction Le mur d' escalade ne fait pas partie des obstacles quotidiens, parce que le défi est le même pour les jeunes handicapés que pour les enfants normaux. Nos élèves savent que pour les autres adolescents grimper n' est pas facile non plus. Par contre, un trajet en bus, d' un point A à un point B, cause problème à certains d' entre eux mais pas aux enfants normaux. Le plus impressionnant durant cette matinée fut de constater que les élèves, grâce à l' assistance technique des membres du CAS, ont obtenu un résultat dans une activité que les enfants normaux du même âge ne maîtrisent pas sans peine. L' affirma du jour se résume ainsi à « je suis capable de faire quelque chose qui donne aussi du fil à retordre aux autres ».

Michaela Studer, éducatrice spécialisée ( trad. )

tistoire, culture

ît littérature alpines

»toria, cultura, letteratura alpina

Upine Geschichte, Cultur, Erzählungen

Feedback