Non à l'initiative sur le droit de recours des organisations

Le Comité central du CAS s' oppose à l' initiative populaire « Droit de recours des organisations: Assez d' obstructionnisme – Plus de croissance pour la Suisse » lancée par les radicaux zurichois. Ce texte, qui sera soumis au vote le 30 novembre, vise à empêcher les associations de recourir dans les domaines de l' envi et de l' aménagement du territoire. Or, le CAS estime que le droit de recours constitue un outil important de la répartition démocratique des pouvoirs et renforce sa position dans les négociations concernant le développement durable en montagne.

Le Club Alpin Suisse est en premier lieu une association qui encourage les sports de montagne au sein de la population. La pratique de ces derniers repose sur la diversité et la sauvegarde de la nature et du paysage des régions concernées. C' est dans cette optique que le CAS s' engage en faveur du développement durable. D' ailleurs, la protection de la montagne est une des tâches qu' il se fixait il y a plus de cent ans dans ses statuts.

Entre les années 1960 et 1980, de vastes zones alpines ont perdu leur virginité par la construction de routes, de chemins de fer et de remontées mécaniques. Le changement climatique et son corollaire, la précarité croissante de l' enneigement à moyenne altitude, soumettent les sites touristiques plus élevés à une pression accrue. Cette ten dance est encore renforcée depuis quelques années par l' exten et la mise en réseau des domaines skiables ainsi que par la construction de parcs éoliens et de lacs artificiels. En s' engageant en faveur d' une utilisation modérée du monde alpin, le CAS agit selon le principe consistant à privilégier la participation plutôt que l' oppo. Ainsi, il a cherché d' emblée le dialogue avec les auteurs de l' initiative afin de servir de médiateur entre les sports de montagne et la protection de la nature. Par ailleurs, il fait un usage très modéré du droit de recours dont il dispose en sa qualité d' organisation environnementale agréée par la Confédération. Ce statut renforce cependant sa position dans les pourparlers. Les deux exemples ci-après, qui concernent le canton des Grisons, illustrent la façon dont le CAS agit dans ces cas.

Dès les années 1990, il était prévu de relier les domaines skiables d' Arosa et de Lenzerheide. La jonction n' était possible que par l' Urdental, paysage d' une grande valeur. La traversée pouvait se faire soit par deux télésièges, soit par une télécabine qui présupposait la pose de plusieurs pylônes au fond du vallon. Grâce à la pression exercée par le CAS et d' autres associations, l' installation envisagée « survole » l' Urdental. Le projet est toutefois bloqué provisoirement par le refus très net que la com mune de Vaz/Obervaz a opposé en juin 2008 à la modification nécessaire du plan de zone.

A la même époque, les remontées mécaniques de Davos-Parsenn prévoyaient de relier leur domaine skiable aux « Fideriser Heuberge ». La zone de sport d' hiver à créer à cet effet comprenait un couloir traversant les marais du « Hinterer Fondei ». Un paysage bien conservé de prés et de pâturage ainsi qu' un marais d' importance nationale étaient menacés par ce projet. La commune de Langwies accepta de justesse la modification nécessaire du plan local d' aménagement. Ce dernier fut adapté à l' issue de sa mise à l' enquête publique. Photo: David Coulin Comité « Non à l' initiative contre la nature et le patrimoine » Le CAS est membre du comité « Non à l' initiative contre la nature et le patrimoine » depuis 2007. Cet organe regroupe 23 associations œuvrant pour les sports en pleine nature, la protection du patrimoine et l' environnement. Il forme un mouvement populaire fort de 1,2 million de membres et de quelque 1200 sections régionales qui luttent – souvent bénévolement – contre la suppression du droit de recours des organisations environnementales. Voir aussi le site www.droit-de-recours.ch

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