Un côte à côte respectueux est possible

A propos de la lettre de lecteur « Prière de tracer sa propre piste », Les Alpes 7/2003

Amateur de randonnées à raquettes, je constate que les conflits ne sont pas ressentis que par les skieurs. Dans les montées, et particulièrement dans les endroits étroits et sans possibilités d' évite, le cheminement des raquetteurs est rendu plus difficile par les traces en escalier des skieurs. Dans les descentes de pentes enneigées, notre plaisir est moindre si des skieurs y sont déjà passés. Nous donnerons toutefois deux conseils aux raquetteurs: lorsque vous voulez utiliser une trace de ski pour votre cheminement, ne posez qu' une seule raquette dans cette trace pour avancer. Non seulement avancer est alors plus facile mais la trace de ski reste utilisable. Lorsqu' on est à trois ou davantage, il ne faudrait pas mettre les raquettes exactement dans les pas de celui qui marche devant, mais les décaler un peu, hormis dans les fortes montées où il n' y a pas de trace de ski. C' est ainsi que l'on crée une sorte de sentier dans la neige qui sera utilisable aussi bien par les skieurs que les raquetteurs.

Iain Campbell, Olten ( trad. )

En tant que chef de course de randonnées à raquettes et en tant que skieur occasionnel, je connais, des deux points de vue, le problème des traces communes. Il est pour moi évident que, quand je fais une randonnée à raquettes et lorsque le terrain est favorable et sans passage critique, je marche toujours hors des traces de skis. Il arrive toutefois fréquemment qu' une seule trace soit possible dans des passages-clés; c' est là que les uns et les autres doivent faire preuve d' esprit de tolérance. D' ailleurs, de nombreux skieurs utilisent les traces des raquetteurs dans les montées, quelquefois bien tassées, ce qui ne dérange pas les amateurs de raquettes.

Marco Curti, Dietikon ( trad. )

Je constate avec étonnement que, dans diverses revues de sports de montagne, de plus en plus de skieurs de randonnée se plaignent du fait que des randonneurs à raquettes et tout particulièrement des snowboarders détruisent leurs traces à la montée. En montagne, cependant, je n' ai encore jamais rencontré un seul skieur qui m' ait reproché d' avoir détruit sa trace. Mon expérience personnelle de courses avec des groupes où se mélangeaient skieurs et snowboarders m' a montré qu' une utilisation de la même trace ne posait aucun problème.

Comme la trace des raquetteurs est plus large et mieux tassée, les deux traces laissées par des skis se transforment en une seule, mieux stabilisée. Les petits groupes de raquetteurs laissent souvent des traces en escalier alors que les groupes de plus de cinq personnes, en raison des différences de longueur des pas, font des traces mieux égalisées. Il reste donc derrière ces groupes des traces de quelque 40 cm de largeur qui ne devraient pas poser problème aux skieurs. Après le passage d' un ou deux skieurs, des traces de ski se reforment sur un fond plus compacté de telle sorte que la trace reste visible et utilisable même après une chute de neige.

C' est à la descente que je souhaiterais dessiner ma propre trace et non à la montée; c' est pourquoi je suis reconnaissant si l' ensemble des pentes ne sont pas déjà couvertes de traces de montée à mon arrivée. Mais les traces de montée, en montagne, sont d' utilisation collective et il ne devrait pas être question de propriété. Cette dernière me semble justifiée lorsqu' une nouvelle voie est ouverte, mais non lors de randonnées à ski ou en snowboard. C' est dans cet esprit que je souhaite à tous de belles courses et une coexistence pacifique sur les pentes.

Jost Fetzer, Maienfeld ( trad. )

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