Aperçu historique IV

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J.P. Por/mann, Neuchâtel I. INTRODUCTION

Notices glaciologiques Cette période, marquée à ses débuts par les difficultés dues à la guerre et aux restrictions financières, fut illustrée par plusieurs manifestations et réalisations qui méritent d' être mentionnées.

Du 20 au 23Juillet 1956, des membres de la Société hydrotechnique de France, présidée par M. Barillon, membre de l' Institut, auquel s' était joint le professeur Vanni du « Comitato glaciologico italiano », descendirent tout le cours du glacier d' Aletsch, sous la conduite de MM. Kasseret Renaud de la Commission helvétique des glaciers. Ayant pris part à cette excursion, nous pouvons dire qu' elle fut un succès et une occasion bienvenue d' échanger des informations.

En 1957, le ierjuillet, débuta l' Année géophysique internationale, ce que rappela le titre du 78e Rap- 1 Aperçu historique d' après les Rapports sur les variations périodiques des glaciers suisses de la Commission helvétique des glaciers, parus dans Les Alpes.

Cf. Les Alpes, septembre 1975. pp. 182 188; décembre 1976, pp. 157-163; septembre 1978, pp. 123-130.

Dans cet article-ci, l' année indiquée entre parenthèses correspond à celle du Rapport et pas nécessairement à l' année de parution de celui-ci.

100% 50% i960 port1. C' est alors que parut la première feuille n° 3 de la Carte du glacier d' Aletsch à l' échelle de 1:10000 ( Les Alpes, 1962 ). Cette contribution de la Suisse à l' Année géophysique fut possible par la collaboration du Service topographique fédéral, du Laboratoire de recherches hydrauliques et de mécanique des terres de l' Ecole polytechnique fédérale de Zurich, de la Commission des glaciers, de la Station de recherches du Jungfraujoch ainsi que du Fonds national.

La glaciologie suisse fut représentée aux rencontres préparant les Expéditions polaires françaises au Groenland. Le colloque de Grindelwald-Jungfraujoch ( EGIG ), d' avril 1956, permit d' ins uzne remarquable collaboration scientifique au cours des diverses missions qui allaient se succéder et auxquelles participèrent quelques compatriotes3.

II. ORGANISATION DES OBSERVATIONS La Commission des glaciers publia en 1956 de nouvelles instructions destinées à faciliter le travail - Guyot E., Mönkofer \V. et al.: La participation de la Suisse à l' Année géophysique internationale. La Suisse horlogère, mai 1957. Haefeli R.: Die internationale glaziologische Grönlandexpedition 1957-1960. Schweizerische Bauzeitung. Juli 1959. Renaud A.: La participation de la Suisse à l' Expédition internationale au Groenland de 1957 à 1961. Revue internationale de l' Horlogerie, août 1958. L' année géophysique internationale 1957-1958. Les Alpes. 1957.

3 En 1960, on signale le retour au pays, après 18 mois d' ab, de Fritz Brandenberger, l' un des hivernants de l' Expé glanologique au Groenland.

des observateurs et améliorer également la valeur des mensurations. Ainsi on se mit dorénavant à relever non seulement les variations de longueur mais aussi la cote d' altitude du portail glaciaire4.

En 1943, pour remplacer les échelles nivométriques, E. Ambühl fit des marques de couleur sur les rochers, en bordure de névés, à divers moments.

En 1947, après dix ans d' interruption forcée, la Commission des glaciers pouvait reprendre ses sondages séismiques à l' Unteraar5. Ce glacier fut l' un des mieux connus du monde entier grâce aux Forces motrices de l' Oberhasli et aux observations de leur géomètre, M. Flotron. On y suivit aussi régulièrement l' ennoyage annuel depuis 1932, époque de la première immersion. En 1954, on constata que la dissipation des glaces par les eaux du lac se faisait deux fois plus vite qu' auparavant. Quant au bloc Hugi, son cheminement sur le glacier de l' Un continua à être observé avec précision ( !947>P-392; 1945, photo ).

D' autres sondages séismiques furent entrepris sur des glaciers valaisans, en particulier sur le glacier du Gorner, par la Société Energie Ouest-Suisse, en quête de nouvelles ressources hydrauliques. Ils permirent d' établir, sur 11 km2, la première carte d' ensemble du lit d' un grand glacier se présentant comme une vaste combe rocheuse avec, en aval de la cabane Bétemps ( ou Monte Rosa ), une dépression centrale de 400-450 m de glace ( 1948 ). Des sondages séismiques furent encore exécutés au Morteratsch ( 1943 ) ainsi qu' en aval du glacier du Rhône, au Gletschboden donc ( 1946 ). Il en fut de même au Grand Aletsch ( 1937, 1947 ) et à la Plaine Morte ( 1947 ) avec l' intention de préciser les conditions hydrologiques de ce dernier glacier et de comprendre les conditions physiques du mouvement glaciaire ( 1948, p. 269 ). Au Grand Aletsch encore, le groupe Haefeli-Kasser adopta dès 1941 un nouveau type de balises et introduisit 4 Ces directives remplacèrent les « Instructions pour l' ob des variations des glaciers » élaborées par l' Inspec fédérale des forêts en 1894 ( 1955 ).

5 Kreis A.: Die Ergebnisse der seismischen Sondierungen des Unteraargletschers 1936-1950. Ades Soc. helv. sc. nat. 1952.

un mode d' observation très complet, permettant de mesurer l' accumulation, le mouvement superficiel ainsi que les variations du niveau de la surface ( 1951, p.2; 1952, photo ). En 1954, on y utilisa un dispositif de forage par eau chaude, perfectionnement par P. Kasser de l' invention de Calciati. Depuis 1941, un programme de recherches spéciales fut consacré au Jungfraufirn et à l' Ewigschneefels.

Rudolf Haefeli6, en collaboration avec l' Admi des PTT étudia les déformations subies par la galerie creusée dans la calotte de glace du Jungfraufirn, du Sphinx à la Pointe Mathilde ( 1950, p. 6 ). Un laboratoire éphémère fut aménagé dans cette masse de « glace froide » ( -2 à -3° ) et A. Renaud et H. Röthlisberger purent y photographier de très beaux cristaux de glace et de givre de sublimation ( 1954, fig. 116, 117, 118; 1955, photo ).

C' est dans le Jungfraufirn encore qu' une mission britannique, dirigée par MM. Seligman et Perutz, réussit en 1948 à enfoncer verticalement et jusqu' au sol un tube métallique de 8 cm de diamètre et long de 136 m. Celui-ci fut retrouvé par Perutz et A. Roch en 1950.

Les restes du « Dakota », échoué en décembre 1946 sur le névé du Gauli, ont été pourvus d' une haute balise permettant de suivre en surface, approximativement, le cheminement de l' épave ( J947)- Dans la plupart des Rapports, les différents collaborateurs sont mentionnés et les observations de certains d' entre eux sont largement relatées. En 1957, R.Streiff-Becker reprit ses mesures aux glaciers glaronais de Biferten et Glärnisch7. Il publia une carte montrant Jes variations glaciaires depuis 1620. Karl Oeschlin continua avec enthousiasme, 6 Rudolf Haefeli ( 1898-1978 ), professeur à l' Ecole polytechnique fédérale de Zurich, a été président de la Commission helvétique des glaciers de 1950 à 1973. Les Alpes, juin 1978.

7 Mitt. Naturf. Ges. Kant.Glarus, 1939; Viertelj.Natf.Ges. Zürich, 1949.

en r g60, les mensurations faites durant 36 ans par son père, Max Oechslin.

En 1947, la Commission helvétique des glaciers perdit son doyen et son vice-président, Otto Lütschg, spécialiste des questions hydrologiques, auteur d' ouvrages imposants. O. Lütschg fut aussi président de l' Association d' hydrologie scientifique de l' Union géodésique et géophysique internationale, et son autorité y était mondiale. ( Actes Soc. helm se. nat., 1948 ).

En 1953, hommage est rendu à la mémoire de Maurice Lugeon ( 1870-1953 ), professeur de géologie à l' Université de Lausanne, qui collabora à l' essor de la glaciologie par ses observations sur la répartition des neiges persistant au cours de l' été et sur le recul de la limite du névé. Dans le 75e Rapport, André Renaud rappelle les mérites d' Er Muret-Forel ( 1965-1955 ), ancien chef du Service des forêts du canton de Vaud, qui collabora activement aux Rapports de 1897 à 1913.

III. CONSIDÉRATIONS GÉNÉRALES Dans l'.histoire de la glaciologie alpine, chaque période eut ses sujets d' intérêt particuliers; en 1950, par exemple, on commença à se préoccuper de la circulation des eaux à l' intérieur des glaciers. L' importance de cette question est évidente, en relation avec les aménagements hydroélectriques cherchant à tirer parti de chaque goutte d' eau Les observations d' Agassiz à l' Unteraar de 1840 à 1844, de Forel au glacier du Rhône ( 1898 ), de J. Vallot et Fontaine ( 1897 ) et de A. Martel à la Mer de Glace furent peu à peu complétées par celles des hydrauliciens dans des galeries artificielles. Signalons à ce propos la tentative faite par H. Carol d' atteindre le lit du glacier Inférieur de Grindelwald en explorant les moulins ( Les Alpes, 21, 1945, p. 180; 1945-1946 ). André Renaud, rédacteur des Rapports, livre de son côté des informations inédites sur les moulins et leur profondeur. Il pense que l' eau intraglaciaire circule par un réseau compliqué de canaux sous-glaciaires dirigés vers l' aval ou vers les rives. Il suppose l' absence de canaux intraglaciaires à cause de la plasticité de la glace et de son imperméabilité en grande profon-deur8.

L' ablation elle-même continua à susciter, plus que jamais, l' intérêt général. Les observations de A. Riva, faites dès 1948 pour le compte de la Grande Dixence SA sur les 67 km2 du glacier du Gorner montrèrent que l' ablation augmentait, d' a en aval, en moyenne de o,6 m par 100 m de dénivellation ( 1951 ) 9. Il fut avancé aussi que « la masse de neige ou de névé fondue de mai en septembre peut être considérée comme proportionnelle à la somme des températures moyennes journalières positives » ( 1959 ).

La Carte nationale de la Suisse, réalisée de 1918 à 1944, durant une période de retrait glaciaire généralisé, permit au Service topographique fédéral et plus spécialement à M. W. Buia de déterminer la surface englacée du pays 10 et de comparer les résultats avec ceux obtenus en 1901 par J. Jegerlehner ( 1952 ) ". En 1958, il fut possible à P.L. Mercanton 12 de fournir de nouvelles valeurs pour chaque bassin hydrographique. « En comparant Y Atlas topographique de la Suisse ( Atlas Siegfried ), établi vers 1876, à la Carte nationale de la Suisse de 1934 environ, il a montré que les glaciers suisses avaient perdu durant cette période une surface totale de 275, 47 km2, soit les 14,8%.

Pour revenir sur un problème souvent débattu dans les Rapports précédents, mentionnons la remarque concluant la présentation des fluctuations du glacier de Trient, établies par M. Guex: « Nous 8 En 1943, Renaud tenta de retrouver les entonnoirs du Gorner qu' il avait décrits dans les Mémoires de la Soc. helm des se. nal. LX XI, 1936. Malheureusement, les anciens repères furent difficiles à localiser.

9 Journ. of Glaciology, March ig$2.

10 De 1877 à 1932, la remontée des fronts glaciaires aurait été de 71 m ( 1866: 2317 m; 1932: 2246 m ). Actes Soc. helv. se. nat. 1954, pp. 112-113.

1' Jegerlehner J.: Die Schneegrenze in den Gletschergebieten der Schweiz.B.ern 1901.

12 Mercanton P.L.: Aires englacées et cotes frontales des glaciers suisses. Cours d' eau et Energie. 12. Zurich. U)rjH.

voici bien loin des 35 ans fatidiques du cycle de Brückner trop hâtivement admis par le monde savant » ( 1943, p- 220 ) I3.

Enfin, le rôle du vent dans l' enneigement alpin est mis en évidence, une fois de plus ( I957-1958)14- En 1943, l' extraordinaire élargissement des soufflures d' Orny est signalé ( 1943, p. 162, photo ). Mercanton rapporte sur un demi-siècle d' observations aux nivomètres de l' Ei et des Diablerets. Actes Soc. helv. se. nat. 1957, p.. 67-68.

C' est à cette époque encore que des recherches furent entreprises dans des domaines nouveaux. D' une part, André Renaud s' interessa, entre autres, aux impuretés salines atmosphériques et aux inclusions gazeuses ainsi qu' aux variétés isotopiques de la glace. L' étude des isotopes allait permettre des datations absolues et fournir, non pas seulement en glaciologie, des possibilités de déterminer l' âge absolu de certains dépôts' 5. De son côté, J.P. Portmann porta son attention sur les inclusions rocheuses des glaciers, sur leur nature, leurs dimensions. Il détermina l' orientation préférentielle des galets allongés sur les glaciers de Moiry et du Gorner, ainsi que dans leurs moraines latérales et frontalesIf ).

En plus des observations de routine, plusieurs glaciers furent à nouveau l' objet de recherches particulières. Certains manifestèrent un comportement inattendu. Depuis 1947, année marquée par la décrue accentuée de presque tous les gla- 13 De 1882 à 1942, les crues et décrues consécutives ont duré respectivement 31 et 26 ans ( 1882-1895: crue; 1897-1914: décrue; 1916-1924: crue; 1925-1942: décrue ).

14 Kuhn W.: Viertelj. Natur. Gesell. Zürich, 1958.

15 Renaud A.: Contribution à l' étude du grain du glacier. Actes Soc. helv. se. nat. 194g, pp. 120 sq. Renaud A. et de Haller P.: Recherches sur la teneur en eau lourde de l' eau des bassins glaciaires. Ibid. icj^6,p.()8. Renaud A.: Sur la présence et le rôle des impuretés dans les glaciers. Symposium Chamonix, sept. ig$8. Gentbrugge ig$8,pp. 241-243.

"'Portmann J.P.: L' orientation préférentielle des galets dans les moraines récentes du glacier de Moiry ( Valais ). Zeitschrift für Gletscherkunde und Glaziologie, IIII3, 1956,pp. 313-316. Les inclusions rocheuses dans les glaciers. Geographica Helvetica it/)ii,8p. Recherches gco-glaciologiques. Les Alpes, 1967.

ciers, le régime a considérablement changé. En 1955, seuls les deux tiers sont en décrue et le quart est déjà entré en régime de crue ( 1955)I7.

Les chaleurs de l' été 1944 mirent à mal le glacier du Rhône dont le portail, situé à 1935 m d' al, devint inaccessible à la mensuration directe à partir des repères établis jadis sur la moraine frontale de 1921 ( 1944, p. 160 ). Le glacier du Rhône continua à se modifier à la suite du retrait qui, dès 1921, « réduisit graduellement la splendide cataracte glaciaire, haute de quelque 450 m, à n' être plus qu' une draperie déchirée... dont l' extrémité remonte peu à peu au flanc de la montagne ». Dès 1951, l' œil pouvait, de la terrasse du Belvédère, embrasser la langue glaciaire qu' au bout ( 1951, photo ). Il vaut la peine de rappeler que les fluctuations du glacier du Rhône ont été suivies depuis 1602 déjà et qu' elles ont été mesurées rigoureusement depuis 1874 ( 1954 ). Un bon repère, naturel celui-ci, fut la source même du Rhôhnejaillisant de la rocailleau pied du Nägelis-grätli^ 1775 m d' altitude, entre le promontoire cheuxoùs' adossel Seileretcelui plus à l' ouest qu' escalade la route du Grimsel ( 1953 ) I8. Les phases d' avance et de recul sont encore attestées par de nombreux documents iconographiques19.

17 Haefeli R.: Gletscherschwankung und Gletscherbewegung. Schw. Bauzeitung, 1955-1956. Jost VV.: Variations des glaciers. Les Alpes 1949, pp. 441-446. Oechsler M.: Die urnerischen Gletscher und die Schnee- und Firngrenzen in den Jahren 1948-1953. Bericht der Naturf. Gesell. Uri ^48-1954, pp.3g-4i 18 Les Mensurations... débutèrent en effet en 1874 sous l' é du CAS et de la Société helv. des se. naturelles. Cette eau, légèrement sulfureuse, sourd constamment à 17,9°; elle a été signalée par Besson et de Saussure, en 1783, puis Charles Dufour, en 1870, qui en avaient mesuré la température ( 1953, photo avec P.L. Mercanton et son béret !).

19 Le glacier du Rhône fut reproduit par de nombreux artistes. Ainsi la peinture à l' huile faite en 1873 par Caspar Kaesli, peintre uranais, élève de Calarne {Les Alpes, 1941, p. 304 ). De même la peinture de Joseph Zilliger faite entre 1832 et 1850, la gouache de H. Bleuler ( 1945 ), le dessin de Th.Fearnley de 1835 ( 1948 ), la gravure de Frommel et Winkles de i845environ ( 1946 ) ainsi que l' œuvre de Caspar Wolff, du milieu du XVIIIe ( 1947 ). De nombreuses photographies de ce glacier se trouvent dans les Rapports ( 1944, 1945, 1946, 1952, I956)- Les glaciers de Grindelwald furent suivis comme à l' accoutumée, peut-être avec moins d' attention que précédemment. En 1942, on procéda à la rénovation des repères et on constata alors que le glacier Supérieur avait reculé de quelque 38 m depuis 1938, époque où il avait fallu abandonner d' anciens repères. Des photographies de l' un et l' autre des glaciers de Grindelwald furent publiées en 1944, 1945, 1946 et 1948.

Le glacier d' Allalin, dans le bassin de Mattmark, continua à accuser de brusques avances alternant avec de fortes et rapides décrues; les avances se produisirent entre 1915 et 1923 ( 147,5 m ), entre 1941 et 1942 ( 8 m ) et enfin entre 1954 et 1955 ( 15 mil fut à nouveau en progression en 1957, 195820. Des renseignements sont aussi donnés sur les crues et décrues du glacier de Trient ( 1943, p.220)21.

A propos du glacier de l' Unteraar, les variations de masse en milliers de mètres cubes depuis 1922 sont exprimées dans un tableau fort intéressant ( 1955le rôle de l' ennoyage annuel du front depuis 1932 y est évident22.

Les glaciers des Grisons donnèrent lieu à des observations nombreuses et significatives. C' est en 1946, par exemple, que le glacier de Roseg fut tout à fait séparé de celui de Tschierva. Quant au glacier de Paradies23, source du Rhin postérieur, il fut l' objet de mesures suivies dès octobre 1868 par J. F. Coaz. Celui-ci marqua alors à la peinture les premiers repères à proximité du portail, sur la rive gauche24. Ceux-ci furent retrouvés en 1872 par 20 Le glacier d' Allalin en crue fut dessiné par James D. Forbes en 1842. Un fac-similé fut reproduit en 1959 avec des indications sur les avances de 1820-1822, de 1847.

21 Crues du glacier du Trient en 1882-1895, 1916-1924.

22 Photographie de la langue du glacier de l' Unteraar en 1899 et en 1953 ( 1953 ).

23 Photographies du glacier de Paradies en 1941, 1953, 24 Fac-similé d' une lettre adressée en igoi par J. Coaz à M. Schwegler, forestier de l' arrondissement de Thusis, qui lui avait demandé le résultat de ses mensurations au glacier de Paradies.

« A la suite des hautes eaux de 1868, je fus chargé par le F. von Salis, puis à nouveau en 1911. La récapitulation des observations a été établie par F. Schmid, chef de l' arrondissement forestier d' Hinterrhein. En 1955, la valeur topographique réelle du recul du portail depuis 1868 fut estimée à 1331 m contre 1280 d' après les diverses observations annuelles. Au cours de ces 88 ans, le portail du glacier s' était relevé de 2220 m à 2355 d' alti, soit de 135 m. en admettant un gradient thermique de 1 ° par 180 m, A. Renaud y vit un réchauffement de la température de l' air de 0,83° par siècle. Il fut observé toutefois que durant la période en cause, le glacier de Paradies avait présenté une nette accélération de sa décrue.

IV. ÉVÉNEMENTS PARTICULIERS Du point de vue météorologique, quelques années se distinguèrent par des conditions exceptionnelles. L' année nivométrique 1946-1947 ramena dans nos montagnes un enneigement, et surtout un désenneigement, analogues à ceux de 1920-1921, de durable mémoire ( 1947 p.387 ) Cela donna lieu à une ablation intense, à des déchaussements remarquables, à la découverture ( sic ) des crevasses et au débit considérable et prolongé des torrents. Le printemps et l' été 1952, d' autre part, furent plus chauds que la moyenne; au Säntis, on releva la plus grande durée d' insola depuis la création de l' Observatoire en 1883. Février 1956 fut le mois le plus froid enregistré au nord des Alpes depuis 1893. Quant à l' été de la même année, il appartint aux plus froids connus dans nos Alpes; dans les observations faites à Bâle, seul 1841 et un été aussi froid. Enfin, en 1957, des gels catastrophiques se produisirent entre le 5 et le 10 mai.

En ce qui concerne les avalanches, le bilan toujours trop lourd peut être rappelé par quelques renseignements fort incomplets:

Gouvernement de parcourir la région dévastée et de faire un rapport sur la situation »... ( Ann. CAS. XXXVII, 1902 ).

1941Déraillement de la locomotive d' un train de marchandises entre Wassen et Gurtnellen.

194268 avalanches importantes, souvent en des endroits considérés comme sûrs; 53 victimes ( Les Alpes, 1942, p.413 ).

En février, ampleur insolite de nombreuses avalanches, parfois dans des parages ordinairement indemnes. Pas de victime, mais le cibarre du village de Morcles demeura cinq heures enseveli; il fut sauvé, ayant eu la chance de n' avoir pas été enfoui trop profondément ainsi que la présence d' es de se frayer un trou d' air. Avalanches particulièrement nombreuses et dévastatrices, souvent en des endroits insolites. Dans le canton d' Uri: 148 avalanches extraordinaires coûtant la vie à 14 personnes.

1946 Ce ne fut pas une année à avalanches; néanmoins certaines régions furent tragiquement touchées; en revanche, fait extraordinaire, la vallée de Conches fut épargnée.

1948 Quelques avalanches dont celle de St-Gin-golph, la célèbre Chaumény, qui atteignit presque les eaux du Léman. 400 avalanches tout le long des Alpes, de la région du Jaun au Prätigau en passant par le Haut Simmental, les environs du lac de Brienz, le Muothatal et le Maderanertal. Elles firent 32 morts.

L' hiver 1950/1951, l' un des plus neigeux des trente dernières années, a été marqué par de nombreuses avalanches, en janvier et février, faisant 93 victimes.

1955Avalanches en décembre; le poste météorologique du col du St-Gothard fut emporté; un baraquement d' ouvriers fut détruit à Fionnay faisant quatre victimes.

195680 personnes furent atteintes par les avalanches, dont 11 mortellement.

Les hivers 1957, 1958 et 1959 furent tout aussi meurtriers, causant la mort de 12, iget 14 personnes 2S.

Parmi d' autres événements particuliers, plus ou moins catastrophiques, on peut citer les crues, débâcles et accidents suivants:

1942 7 juillet: débâcle violente due à la rupture de la fameuse « tine des montagnards » de Trient.

1947 9 août, à 22 h 30: débâcle et crue brutale du Rotten; les habitants de Gletsch purent de justesse se mettre à l' abri de l' inondation, avertis qu' ils furent téléphoniquement par les gens du Belvédère qui surent estimer la gravité de ce risque.

1951 Crue de la Borgne, comme en 1943, par vidange de lacs temporaires devant les glaciers de Ferpècle et du Mt Miné qui étaient sur le point de s' individualiser. Inondations dans les Alpes centrales, le tessin et les Grisons.

« Dans la nuit du Ier au 2 juillet, le glacier Inférieur de Grindelwald a été le lieu d' un accident dont la vieille Chronique de Grindelwald ne relate pas de pareil. Une rétention des eaux par un barrage intra-ou subglaciaire a donné lieu, à 4 h 30, à une vidange dévastatrice dont les effets s' observèrent jusqu' à Im Grund où les ponts, les chemins, les cultures et le installations ferroviaires furent touchés.

1953 21 août: débâcle glaciaire d' Almagell par la brusque vidange d' un lac glaciaire temporaire situé, semble-t-il, sur le petit glacier du Roththal au pied sud du Weissmies, à l' altitude de 3080 m. Ce lac supérieur se serait ensuite écoulé dans un autre, situé à 2980 m. Il n' y eut pas de victime mais des dégâts importants jusqu' à l' en où les eaux se précipitèrent dans la cascade qui domine Saas-Almagell pour 25 Hess E.: Die Lawinengruften von Saas-Grund. Les Alpes 1943. PP-1-8.

s' étaler enfin en aval du village ( 1953, photos ) 26.

1956 La décrue persistante provoqua en maints endroits la formation de lacs temporaires souvent retenus par des places mortes, voire par un delta ou un ensablement du lac. C' est ce qui se passa au glacier de Stein, à la suite d' une fonte accélérée due à des pluies orageuses. La vidange du lac, formé en 1940, en abaissa le niveau de 5,5 m et provoqua une débâcle accompagnée de nombreux dommages ( 1956, photo; 1958; i960, photos ) ".

i960 Au glacier du Trient, une poche d' eau se vida selon le processus habituel, le 5 août vers 16 h. Elle provoqua une crue et la destruction de quelques ponts en aval de la localité de Trient ( i960, photo ).

L' événement le plus tragique fit celui provoqué, le 23 juillet 1941, par l' éboulement des glaces frontales du glacier du Rhône qui atteignit plusieurs élèves de l' Ecole de mécanique de Neuchâtel. Six jeunes gens, périrent, victimes de leur curiosité.

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