Ascension de l'Oldenhorn par Mlle H. d'Angeville

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Vingt ans plus tard, exactement, une femme, célèbre dans les annales de Valpinisme, puisqu' il ne s' agit rien moins que d' Henriette d' Angeville, l' héroïne du Mont Blanc, faisait elle aussi l' ascension de l' Oldenhorn ( août 1863 ). Il nous a paru intéressant de joindre le récit de sa course à celui de l' étudiant vaudois.Louis Seylaz «... Je vous dirai donc que, mal renseignée sur le temps et surtout sur les difficultés de l' ascension, je suis partie des Ormonts-dessus à 5 heures et demie, en petite robe de toile et en minces bottines, croyant arriver en six à sept heures à la cime de l' Oldenhorn, admirer une des plus splendides vues alpestres et revenir coucher ce jour dans un chalet qui partage la route! Quelle n' a donc pas été ma surprise en marchant dix heures consécutives pour arriver à cette haute cime, les deux dernières dans une pénible lutte avec des débris de rochers qui glissent en vous entraînant et doublent la route en vous faisant faire autant de pas en arrière qu' en avant... Et la descente donc!... c' a été encore bien pis! la crinoline mise en pièces ainsi que les bottines, les pierres faisant invasion dans les chaussures, et obligée de marcher quatre heures avec cet agréable accessoire et encore quatre le lendemain, de la couchée aux Ormonts. Une pareille excursion, dans de semblables conditions, faite par une femme de soixante-neuf ans et demi, vaut le Mont Blanc escaladé à quarante-quatre, et m' a donné plus de plaisir pour la vue, car dans l' ascension du géant des Alpes je m' attendais à plus, et dans celle de l' Oldenhorn à beaucoup moins.

Tout ce que je sais, c' est que c' est terriblement haut et difficile dans le dernier moment, mais qu' on est dédommagé par la splendide vue des Alpes Pennines avec lesquelles on se trouve face à face, et par l' immense panorama dont on est entouré.

Voyant que nous devions être surpris par la nuit avant d' avoir eu le temps de regagner le chalet où est la couchée, j' avais la velléité de coucher sur cette cime pour y voir lever la lune, puis le soleil; mais mon guide mit un veto si énergique sur ce projet qu' il me fallut y renoncer, et le suivre dans le labyrinthe de ravins et de rochers où la nuit nous surprit et où à mon tour et temps j' ai dit: ,Je veux rester là jusqu' à ce que je sache où je suis et où je vain! ' C' est près d' un abîme que j' ai été têtue si à propos.

Résumé: je me porte à merveille et n' ai aucune suite fâcheuse de mon équipée ( mes pieds écorchés ayant été promptement guéris ), mais au contraire un souvenir à ajouter à tous ceux que laisse la vue des belles œuvres de Dieu... L' Oldenhorn est ma vingt et unième ascension alpestre et sera probablement une des dernières, car il est sage à mon âge de quitter le bâton de touriste avant qu' il ne vous quitte x. »

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