Breithorn du Lötschental

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Première ascension par Parke sud.

( Atlas Siegfried 492, « Kippel ». 29 août 1922. ) Jusqu' à la construction toute récente de la cabane du Club Alpin Suisse, dite Baltschiederklause — tout au haut du val délaissé de Baltschieder —, le nombre de personnes qui ont contemplé de près le Breithorn du Lœtschental est demeuré certainement fort restreint. L' aspect de ce sommet est, en revanche, familier à tout alpiniste qui a gravi les belvédères du versant sud du Rhône, dans le Valais supérieur. En montant au Gornergrat, par exemple, on remarque la haute et longue muraille, orientée au sud, au faîte neigeux, dont le point culminant, à gauche, est le Breithorn du Lœtschental. A droite, elle se relève un peu pour former le Gredetschhörnli. Tel un immense arc-boutant, une arête escalade la muraille en son milieu, pour joindre la crête Breithorn-Gredetschhörnli à mi-chemin environ entre ces deux sommets. Vue de face et à distance, cette arête — l' arête sud — se confond tout naturellement avec les nervures de la muraille, qui paraît homogène et d' orientation unique. C' est en raison de cet aspect que nous avons parle, dans l'«Alpina » du 15 mai 1923, de la première ascension du Lœtschentaler Breithorn « par la face sud et l' arête qui la sillonne à droite du sommet ». La rédaction de l'«Alpine Journal » fut heureusement inspirée en intitulant sa note sur cette voie: « Arête between Lœtschentaler Breithorn and Gredetschhörnli by a south butress. » ( A.J., n° 226 ).

Fut-ce en considération de l' article de l'«Alpine Journal » ou par ignorance de celui de l'«Alpina » que M. Paul Montandon ne différencia pas de la nôtre, qui lui est antérieure, la route qu' il décrit aux pages 40 et 41 de l'«Alpina » de 1924? Cela m' eût dispense d' écrire cette introduction laborieuse; cela en eût, avant tout, supprimé la lecture fastidieuse.

Pour qui connaît de près le Breithorn du Lœtschental, toute précision plus détaillée est sans doute superflue. Qu' il me soit permis, cependant, d' insister: il importe de dissiper toute possibilité de confusion dans l' esprit des alpinistes étrangers à ce massif, qui sont, je le répète, en grande majorité. MM. de Waldkirch et Schärer, dont l' itinéraire fait l' objet de l' article de M. Montandon, ont gravi la face sud-ouest proprement dite, que limite à droite l' arête très raide que nous avons suivie. A l' est de notre arête, la muraille est orientée en plein sud. Mais, comme il a été exposé, à distance tout cela se confond.

On aperçoit très distinctement notre route sur la vue prise par M. Montandon et reproduite dans l'«Alpina » ( 1924, page 40 ). Parallèle à l' itinéraire trace, l' arête que nous avons suivie en 1922 prend naissance à l' angle inférieur droit de la photographie pour aller se souder à la ligne de faîte, en un point où celle-ci paraît se relever très légèrement. Ce point semble dégarni de neige.

L' Atlas Siegfried nous donne d' autre part les précisions suivantes. Au chiffre 2 de la cote 2986 se trouve l' origine de l' arête sud; à la lettre G du mot Gredetschhörnli, son aboutissement. La dénivellation est de 677 mètres sur une base de 500, ce qui représente une pente moyenne de 135 %, soit un angle d' inclinaison de 53 degrés environ.

Quant à la ligne de faîte, par on s' achève notre ascension, elle mesure une distance de 850 mètres du Breithorn au point de jonction avec l' arête sud. Au pied méridional de la muraille s' allonge le glacier d' Inner Baltschiederfirn. Le versant nord-est, précédemment gravi, est couvert de glace et de neige.

Nous comptions coucher, première caravane peut-être, à la cabane à peine inaugurée de la Baltschiederklause. Le trajet est long de Saas-Fee au sommet du Baltschiedertal, et nous commencions à sentir la fatigue de ces deux vallées, l' une trop vite descendue dans une chaleur croissante, l' autre remontée péniblement sous des ondées intermittentes et chaque fois plus copieuses.

Bourrée de foin, munie d' une porte, la caverne de la Martigschüpfe avec ses deux sœurs — confort moderne, toutes « dépendances » — eût constitué le plus moëlleux, le plus chaud des gîtes. Nous venions d' y faire halte. Ma paresse et ma crainte de l' eau me faisaient trouver tout à fait suffisante, d' ailleurs, la faible altitude de la « Schüpfe ». Déjà naissaient les arguments qui devaient convaincre mon guide, Pierre-Marie Zurbriggen, de Saas-Fee, de ne point pousser plus avant par ce temps et cette heure. Ni l' évocation du pittoresque, ni les souvenirs historiques ( M. Gallet et d' autres conquérants avaient passé ici leurs veillées d' armes ) ne calmèrent l' excelsior de Zurbriggen. A mes arguments il en sut opposer d' autres: le poêle ronflant, les couvertures, un gain de deux heures de sommeil matinal, un repas somptueux, tout le confort, enfin, de la nouvelle cabane du club, tout juste achevée. Pierre-Marie, en vérité, n' y avait jamais été. Mais si grande était sa foi, sa parole si ardente qu' il eût rendu des points à Pascalon brodant sur le thème de Port-Tarascon. Derrière mon guide, je repris mon sac et les lacets du sentier.

Du voile bas des nuages lourds et noirs sortit l' orage qui depuis longtemps menaçait. Ce fut un beau vacarme. Le fond de la vallée semblait trop petit, vraiment, pour contenir les éclats de la Grande Voix, qu' exagérait le mégaphone complaisant des échos.

Plus sobres, les éclairs remettaient les choses au point. La pluie ne devait plus cesser. En un rien de temps, le glacier fut lavé à fond, nettoyé minutieusement. Mieux que les petits cailloux de Poucet, des pierres alignées y jalonnaient une sorte de piste. Plus loin, d' ahurissants petits ponts de bois, en claire-voie, avaient été jetés au travers de petites crevasses.

Quelques crottes nous renseignèrent. Il s' agissait des vestiges d' une voie muletière destinée aux transports de la charpente de la cabane. J' appris plus tard que les mulets avaient fini par évoluer fort à l' aise, parfois sans surveillance immédiate, sur le glacier balisé. Aussi bien, les génisses chamoniardes ne passent-elles pas la mer de glace pour se rendre aux pâturages de la Charpoua? Et du Montenvers ne voit-on pas souvent des créatures plus bizarres encore, les chaussettes par-dessus les souliers, allonger de longues théories entre les crevasses bleues?

Après le glacier, ce fut la moraine roide, avec des gazons dans le haut. Le sentier bien creusé était-il aménagé à seule fin de servir de lit aux torrents des orages? Le brouillard, la pluie, le ruisseau s' unissaient ici dans la plus efficace des collaborations.

Nous approchons. Tel Logge, Zurbriggen va procéder bientôt à l' in du feu, puis « Maggicien » habile, il transformera en potage quelques cubes de sable jaune. Les couvertures, les paillasses, les ronflements du poêle, j' en crois sentir déjà, sous mes vêtements trempés, la douce, l' enve chaleur...

Des voix. Sortis de sous une pierre plate, cloportes géants, deux hommes entament une conversation avec Logge. D' autres êtres remuent plus loin, sous d' autres blocs; je vois aussi des bâches étendues, des caisses, un foyer éteint. Et cette cabane?

Quelques pièces de charpente profilent dans la brume une silhouette de gibet... Les cordes ne manquent pas. J' aurais bien pendu Zurbriggen pour m' avoir, par ses mirages, arraché au foin de la Martigschüpfe et traîné jusqu' au pied de ce Montfaucon mouillé. L' arôme d' un seau de chocolat, don des constructeurs de la cabane à peine commencée, vint à propos détourner le cours de mes pensées. Il fallut organiser ensuite la couchée. Une bâche contre un roc en auvent, une couverture firent l' affaire. Qu' en la personne de Ruppen, leur contremaître, les ouvriers trouvent ici l' ex de notre gratitude. Fort dépourvus eux-mêmes, ils compatirent à notre misère et surent la soulager.

Le soleil trop éclatant a rendu la souplesse à nos corps courbaturés, lorsque, vers les huit heures, nous allons prendre contact avec les rochers. Au point 2986 A. S., l' arête sud enfonce dans la blancheur du Baltschiederfirn les rochers fauves de sa base puissante. Quelques degrés taillés dans la glace, un contour sur la droite nous ont amenés à pied d' oeuvre.

Zurbriggen, l' année précédente, avait examiné l' arête. Comme lui, je savais qu' elle nous réservait une roide, une aérienne escalade. De nombreux gendarmes la hérissent, étagés les uns sur les autres, comme les vertèbres d' une longue échine dressée. Une tour plus importante, de couleur claire, marque sans doute le terme des difficultés et le sommet de l' arête. De cette tour à la ligne de faîte Breithorn-Gredetschhörnli, peu d' instants doivent suffire. Le roc est un beau gneiss rugueux, aux angles vifs; les prises, parfois distantes, sont nettes et sûres. Quelques surplombs ne sont certainement que simples effets de perspective. Très haut, sur la gauche, une nervure parallèle, de teinte grisâtre, nous offrira une échappatoire moins accidentée, si les gendarmes nous retardent trop.

Sans accorder le moindre coup d' œil à la carte, nous évaluons à trois, à quatre cents mètres au plus la dénivellation à franchir. Nous savons aussi que, vues de face, les pentes sont toujours exagérées. De l' impression d' ensemble si favorable naît une confiance absolue dans le succès de l' entre. Celle-ci ne nous suffit plus: nous voici cherchant avec nos Zeiss une voie de retour inédite. Fort à gauche, en pleine face ouest, un couloir.

une nervure feront l' affaire, sans donner trop de mal. ( L' itinéraire de Waldkirch-Schärer 1923. ) Pour un peu nous croirions résolus tous les problèmes du Breithorn par le sud.

La douceur d' un bien-être parfait nous retient ici, assis sur une terrasse que coupe à angle droit le flanc oriental de l' arête naissante. Les dos s' appuient à la muraille déjà chaude; les regards, arrêtés au loin sur le Dom et le Weisshorn, s' emplissent de la clarté d' une matinée glorieuse.

Comme au Cervin, on passe sans transition de la marche à la varappe, des plans horizontaux aux lignes verticales. Mais à l' arête sud du Breithorn, la difficulté croît et l' effort augmente. Rien des passages faciles qui, au Cervin, rassurent et reposent le novice encore essoufflé des premiers rétablissements.

Le corps à corps est sérieux, pénible, magnifique. Au bondissement de l' arête devrait répondre une exaltation de nos forces. Hélas! je sens que si l' esprit est prompt, la chair est faible. Est-ce la fatigue d' une nuit passée à grelotter en des vêtements mouillés? Est-ce peut-être le seau de chocolat, plein jusqu' à ras bord, vide jusqu' à la dernière goutte? Un temps précieux passe à se mettre en train et quand, enfin, nos muscles fonctionnent normalement, le glacier est tout près encore, et des nuées sournoises s' accrochent déjà aux flancs de la montagne. La qualité du roc est excellente. Il le faut bien, en vérité, pour venir à bout de cette succession de gradins verticaux, de ce surplomb très accuse, de cette dalle trop glissante. Zurbriggen, dont la culotte n' est pas en laine de Saas, ne trouve pas assez de vertu préhensive au drap anglais pour forcer le passage. Une longue cheminée résout la difficulté. Tandis qu' il la ramone, Zurbriggen développe sa thèse sur la valeur comparée des étoffes.

Nous voici obligés, près de midi, à un contour sur la gauche, le seul de toute la grimpée. C' est ainsi que je pus photographier quelques gendarmes qui donnent une idée assez exacte du caractère de l' arête. Mais ils ne sont ni les plus ardus, ni les plus hauts. Une vire cuirassée de plaques nous ramène à l' arête; contre son flanc gauche, sur une terrasse exiguë, nous érigeons un minuscule steinmann ( le 3e ). Depuis que de toutes parts montent les nuages, notre allure s' est accélérée. Ce progrès tient plus de l' appréhension et des mauvais souvenirs de la veille que d' un réel enthousiasme. Nous grimpons depuis longtemps, et le gendarme terminal demeure encore fort au-dessus de nous.

Debout sur mes épaules, Zurbriggen s' élance de ce tremplin le long d' une muraille lisse et droite. Du piolet, j' assure un de ses pieds, je le pousse. Pierre-Marie tire le plus habile des partis d' une mince fissure qui sillonne, verticalement et à gauche, le haut du passage. J' entends force râclements de clous, j' admire quelques attitudes nouvelles, des grimaces de gargouilles, puis c' est à mon tour. Je me sens hissé avec fureur, droit en haut et sans nul souci de la situation des rares points d' appui. Quelques prises défilent sous moi avant même de m' avoir pu soutenir. Le gneiss, progressivement, se modifie. Mais s' il est moins rugueux, moins solide, il se présente toujours en couches extrêmement redressées. A l' effort constant des rétablissements il faut ajouter une attention, une prudence croissantes. Tout cela ne va pas sans perte de temps. Et de toutes parts surgissent des raisons de nous hâter.

Un surplomb nous barre la route. Il faut cependant passer, impossible de s' évader. Des jets de cordes nous attardent près de vingt minutes. Le vent, qui s' est levé, les rend de plus en plus malaisés et l' impatience nous enlève toute adresse. Chaque grimpeur connaît l' hostilité, la révolte du piolet, de la corde, des sacs, quand on est pressé ou en danger. Pierre-Marie renonce à tout artifice. Le voici rétabli sur une dalle plate qui s' avance dans le vide, balcon équilibré et retenu dans son alvéole par quelques pierres à peine coincées. De cette base inquiétante, Zurbriggen, renversé sur l' abîme, s' est cramponné à un bec de rocher croulant; il réussit à émerger au delà du surplomb et disparaît à ma vue. J' entends haleter le grimpeur à bout de souffle; les clous grincent sur le gneiss. Du gravier route et se précipite, la poussière m' aveugle... Suit un passage sans prises, lisse, sur le flanc de l' arête. Puis, à la base d' un grand gendarme—le plus important, si je ne fais erreur —, c' est un tunnel qui perce la crête. Dans le temps assombri et le vent furieux, je goûte peu les mots de « bivouac passable » que ce trou suggère à mon compagnon. D' en bas, le grand gendarme paraissait être l' ultime obstacle. Mais nous apercevons dans les brouillards mouvants une enfilade interminable, désespérante de tours. Si nous avions, ce matin, calculé la dénivellation d' après la carte, cette désillusion nous eût été épargnée. Notre évaluation était en tous cas de deux à trois cents mètres inférieure à la réalité. L' heure fuit; rien m' annonce l' approche de la ligne de faîte. Il est difficile de décrire ce parcours: le brouillard qui, parfois, s' entr sous la rafale pour se reformer plus dense, le brouillard nous déroute et fausse l' exacte vision de l' arête. La crainte d' être coupes s' ajoute au souci que cause un roc toujours plus délité. Je crois cependant que, par le beau temps, ce dernier trajet ne doit pas présenter de difficultés sérieuses; la possibilité d' en prévoir la fin doit diminuer l' apparence de longueur extrême. Mes impressions furent mélangées, souvent contradictoires: mieux vaut n' en pas parler.

Quand, enfin, nous posons le pied sur l' arête de faîte qui, vers l' ouest, conduit au sommet, notre œil ne perçoit plus qu' une seule couleur. Un gris laiteux a tout envahi, et la neige du flanc nord-est se confond avec le brouillard. Nous avons résolu le problème de l' arête sud. Quant à la ligne de faîte, d' autres l' ont déjà suivie. Nous la parcourons sans intérêt, car nous n' y voyons plus. Si nous n' étions secoués par le vent, nous appré-cierions du moins la diminution de l' effort: à la varappe a succédé une marche facile; aux tours abruptes et aiguës, un promenoir doucement incliné.

Dans l' idée de Zurbriggen, la voie de retour la plus simple passait par le Gredetschjoch ( entre le Gredetschhörnli et le Nesthorn ), le glacier de Gredetsch, la Lücke et le Baltschiederfirn. Il en connaissait la majeure partie. Si l'on fait abstraction du parcours sur l' arête de faîte, notre piste, une fois le bivouac regagné, eût figure ainsi, grosso modo, un rectangle allongé. J' agréais immédiatement cet itinéraire raisonnable et modeste.

Aux environs de 16½ h- nous repassons au point de jonction des arêtes, soit, sur l' atlas topographique, vers la lettre G de Gredetschhörnli.

Dans l' obscurité naissante, battus par la tempête, égarés sous le Nesthorn, nous tournons longtemps dans le brouillard dense. Parfois se troue sous nos pas la neige molle et gorgée d' eau. L' instinct, alors, commande le mouvement approprié qui nous arrache à la crevasse. D' autres gouffres invisibles, prêts à nous happer, nous entourent. Puis c' est, à la dernière minute, la découverte du col sauveur, la descente précipitée des rochers, la course folle au travers du glacier de Gredetsch, à la lueur mourante d' un bout de bougie unique. Il fallut renoncer à franchir la Lücke, renoncer au retour à la Baltschiederklause.

Deux heures plus tard, au milieu du val Gredetsch descendu à tâtons dans la nuit, nous dormions à poings fermés sous le surplomb d' un grand bloc. Lorsque nous avions frappé à la porte d' un chalet voisin, l' hôtesse, peu soucieuse de nous recevoir, nous avait vivement recommandé ce rival du « Couvercle»1 ), puis s' était aussitôt barricadée avec soin entre ses quatre murs. Au petit jour, au moment où, sous la pluie, nous repartions, la montagnarde, rassurée, nous avait apporté un bol de café chaud. A voir notre avidité vorace, ses derniers doutes s' évanouirent: ces deux hommes, malgré leur arrivée mystérieuse — longtemps auparavant, une petite flamme avait dansé là-haut sur le glacier —, ces deux hommes n' étaient donc pas des « Geister ».

L' itinéraire qui vient d' être décrit et celui, d' un an postérieur, de MM. de Waldkirch et Schärer sont voisins et sensiblement parallèles. La nouvelle cabane, fort bien située, facilite grandement Faces de la région; elle attirera, sans doute, de nombreux visiteurs. Il serait par conséquent utile de comparer la valeur pratique et l' intérêt des deux voies, leurs dangers, leurs difficultés, leur durée. Pour le faire exactement, il faudrait, cela s' entend, commencer par les gravir l' une et l' autre, et cela dans des conditions analogues.

Tout alpiniste d' expérience sait les caractères opposés de l' ascension d' une face et de celle d' une arête. Les chutes de pierres sont fréquentes dans les parois et les couloirs, à certaines heures surtout, au moment du dégel, par la pluie, par les vents violents. Sur les arêtes, ce risque est très réduit; souvent même il n' existe pas. La caravane de 1923 n' a pas rencontré, dit-elle, de grandes difficultés. Celles que nous trouvâmes sur l' arête sont en revanche sérieuses et comme accumulées. Elles donnent à l' ascension un caractère acrobatique et supposent chez le grimpeur de la force et beaucoup d' endurance. Zurbriggen, qui n' est point pourtant l' ami des cordes fixes, estime que si l'on en plaçait deux ou trois à l' arête sud, celle-ci deviendrait bientôt la course à la mode de la Baltschiederklause. Peut-être y a-t-il quelque parti pris dans cette opinion ou bien un je ne sais quoi de semblable à l' amour d' auteur. Quoi qu' il en soit, l' intérêt technique de cette escalade demeurera considérable, même une fois opérée certaine soustraction de notre appréciation des difficultés. En effet, nous n' échap que miraculeusement, par une chance de la dernière minute, à un bivouac sur les glaces du flanc nord-ouest du Nesthorn. A cette altitude et par cette tempête, la perspective en était angoissante. Ce souvenir a pu exercer un effet rétroactif sur l' impression que nous a laissée notre ascension. Puis, tels passages qui, sur le roc mouillé, furent périlleux et délicats, peuvent se trouver sûrs et faciles par le beau temps. Enfin, le grimpeur qui a dormi dans une cabane confortable, préservé de la fatigue d' une nuit blanche, de la courbature due au contact prolongé de vêtements trempés, conservera intactes ses forces et son énergie.

L' itinéraire par la face sud-ouest se soude à la ligne de faîte beaucoup plus près du sommet que le notre. Au point de vue de la durée, cela n' a guère d' importance: on peut avancer rapidement sur l' arête terminale, elle ne présente aucun obstacle. Mais cette voie est, dans son ensemble, sans aucun doute plus directe, plus courte. La descente par l' arête sud exige l' emploi d' une corde supplémentaire.E.R. Blanchet

Pizzo Gallina ( 3067 m ) par le versant nord.

Parmi les nombreux touristes qui montent la route de Gletsch au Grimsel, beaucoup, sans doute, se posent la question suivante: « Quel est le nom de ce beau massif, vers le sud-sud-est, flanqué de glaciers crevasses, au-dessus desquels s' érigent deux cimes élancées? » Le massif en question, qui s' élève dans la chaîne Lépontienne, entre le Nufenenpass et le village d' Oberwald, est en effet fort peu parcouru. Et pourtant son arête culminante est elegante et hardie, formant deux sommets principaux, nommés: le Blashorn et le Pizzo Gallina.

Alors que le premier est quelquefois ascensionné, soit d' Ulrichen, soit d' Oberwald, le Pizzo Gallina est demeuré un peu à l' écart. Dans le guide des Alpes valaisannes, vol. IV, édité avec une méthode admirable par l' ingé Marcel Kurz, ce dernier n' a sûrement pas oublié ce Pizzo Gallina. Il en décrit les arêtes et les versants connus, et il a lui-même trace sur son échine des voies inédites; mais le beau versant nord, abrupt et en partie glaciaire, était jusqu' ici demeuré inviolé.

Au début de juillet 1921, nous nous trouvions, avec le guide Philippe Allamand, sur les hauteurs du Grimsel. La carte et le manuel Kurz en mains, nous cherchions un plan d' attaque judicieux sur ce versant nord du Gallina. Une fois le plan élaboré, nous voulûmes l' exécuter dans le plus bref délai, et, sans tarder, nous descendîmes au village d' Oberwald, où nous trouvâmes excellent accueil à l' hôtel du lieu, tenu par les époux Kreuzer.

Pour la bonne réussite de notre projet, fixé au lendemain, il était sage d' aller au préalable reconnaître les premiers chemins d' accès. Allons-y tout de suite, pendant qu' il fait encore jour et cherchons le mystérieux et indirect sentier aboutissant au vallon perdu du Gornerli. D' Oberwald, on monte au pittoresque village alpestre de Gerendorf, d' où l'on redescend quelque peu pour traverser le pont sur l' écumant Gerenwasser. Encore quelques pas sur l' autre rive, au milieu d' une agglomération de superbes plantes macrophylles, et l'on abandonne le chemin du Gerental pour prendre à droite un petit sentier montant à la Geisshütte. D' ici, on s' élève dans une belle forêt serrée et l'on gagne la Gornerlialp ( 1776 m. ).

Pour pénétrer dans le Gornerlital, il existe bien une autre voie plus directe, partant d' Unterwasser et côtoyant la rive gauche de la rivière; mais en ce moment, ce sentier est éboulé sur l' un de ses tronçons. Il ne serait donc pas prudent d' y passer en pleine nuit.

Après notre petite reconnaissance, nous regagnons l' hôtel, où nous nous approvisionnons pour l' expédition du lendemain. L' hôtel a d' excellents lits; aussi, est-il un peu dur de les quitter déjà vers 1 h. ½ du matin. Le7juillet, ciel étoilé; départ à 2 h. 20, lanterne allumée.

Notre raid de la veille a été fort utile, car nous évitons ainsi beaucoup de tâtonnements, et nous arrivons facilement à la Gornerlialp à 4 heures. A ce moment précis, le troupeau ( 33 vaches ) est assemblé devant le chalet principal, où les bergers — deux colosses — vont commencer à traire. Ils nous regardent d' un air stupéfié. Jamais on ne voit d' étrangers dans ce vallon ignore qu' est le Gornerlital.

Sans arrêt, nous poussons jusqu' au fond du val, suivant une trace assez bien marquée. Les pentes, où croissent quelques mélèzes, sont absolument rougies de rhododendrons fleuris. Quelle parure admirable! Nous voici à l' altitude d' environ 2000 m ., à l' endroit où viennent aboutir les extrémités morainiques des deux glaciers fermant le vallon, ceux du Gornerli et de Blasi.

Il n' est pas loin de 5 heures; déjeûner rapide, tout en examinant notre petite vallée, si cachée et si sauvage. Elle est fermée au sud par le Pizzo Nero et par le Pizzo Gallina, tandis que vers l' ouest, on voit surgir le Finsteraarhorn; sa noble tête, nimbée d' or, s' élève dans un ciel tout parsemé de petits nuages d' un rose délicat.

Et voici à l' est, droit au-dessus de nous, la longue chaîne du Mettlihorn, séparant le Gornerlital du vallon de Geren. Sur la troupe gazonnée formant l' extrémité inférieure de cette chaîne dentelée, nous distinguons une nombreuse harde de chamois Eux aussi, ils nous examinent avec insistance Entre les diverses petites brèches de l' arête, nous voyons se profiler leurs gracieuses silhouettes mouvantes. Non loin de nous, des marmottes, sorties de leurs trous, nous épient à leur tour. Il y a du reste des quantités de marmottes dans ce vallon et davantage encore au Gerental.

A 5 h. 20, attaque du Pizzo Gallina, selon le plan prépare des hauteurs du Grimsel. La moraine, puis la base du glacier du Gornerli, sont traversées. Ensuite, nous grimpons dans la paroi rocheuse aboutissant au grand gendarme coté 2645. Ces rochers paraissent rébarbatifs, mais ils ne sont pas difficiles en réalité; d' ailleurs, une nouvelle harde de chamois est en train de les gravir, nous indiquant ainsi la meilleure voie. Nous voilà arrivés à la base sud du grand gendarme; mais ici, la montagne commence à se défendre avec plus d' âpreté. En effet, une pente neigeuse extrêmement rapide conduit à l' arête nord du Pizzo. Nous mettons la corde, et la taille des marches commence. Cette paroi devient peu à peu sérieuse, parce que la glace vive se montre, en même temps qu' augmente la déclivité.

Nous nous élevons prudemment, à une petite distance de la dernière bande rocheuse. Une fois cette laborieuse montée finie, nous voici sur la jolie selle neigeuse, à la base de l' arête nord. Le site ne manque pas de grandeur, dominant le beau glacier de Blasi, sillonné de crevasses énormément ouvertes. Prenons maintenant l' arête nord elle-même; elle est formée au début d' ex neige durcie, très peu de glace, puis elle se redresse soudain, devient rocheuse et aboutit directement au cône suprême du Pizzo Gallina ( 3067 m. ).

Il est 9 h. 25 lorsque nous touchons la cime, tout heureux de notre petite conquête, car l' ascension n' a pas manqué d' une certaine allure, malgré l' alti modeste. Elle a donc duré 7 heures d' Oberwald, la taille ayant pris beaucoup de temps.

Notre sommet est bien dégagé; aussi pouvons-nous jouir d' une vue interessante, surtout vers le sud et le sud-est, sur les montagnes du Tessin et de l' Italie. Nous sommes ici au centre même de la chaîne Lépontienne: à l' orient s' érige le Rotondo avec ses satellites: à l' occident domine le Blindenhorn. Du côté de la chaîne des Alpes Bernoises, la vue est aussi assez étendue: le neigeux massif du Trift, en face de nous, et plusieurs grands sommets échelonnés: Finsteraarhorn, Bietschhorn, Nesthorn, Aletschhorn. Nous dominons le Nufenenpass et la vallée supérieure de Conches, avec Münster. Plus loin, la contrée de l' Eggishorn, avec les hôtels très-distincts.

Arrêt fort agréable de 45 minutes, sous un joli ciel, où passent quelques nuages blancs; après quoi sonne l' heure de la descente. Philippe désire opérer celle-ci par une voie également nouvelle et très directe, soit le versant nord-est. A cet effet, nous suivons pendant quelques instants l' arête vers l' est, jusqu' à l' ouverture d' une petite brèche dominant un couloir rocheux. C' est par là que nous allons descendre. Il est abrupt en diable, ce couloir, mais il ne renferme que peu de passages glacés. Nous avançons avec lenteur, en nous cramponnant tantôt aux rochers de droite, tantôt à ceux de gauche. Travail un peu dur, en vérité. Couverts de sueur et quelque peu énervés, nous sortons avec satisfaction du couloir à son embouchure sur la pente de neige. Cette dernière est roide, elle aussi; par le soleil devenu ardent, la neige est terriblement amollie; nous y enfonçons, tout en craignant qu' elle ne se détache, car la glace est au fond. En observant toutes les règles de la prudence, la descente s' effectue bien jusqu' au glacier de Gornerli; ici, nous sommes en sûreté. Du Gallina, nous avons mis 1 h. 45 jusqu' au glacier.

Pendant que nous reprenons haleine et calmons un peu notre soif ardente, un projet de retour surgit de mon esprit: celui de revenir à Oberwald par le Gerental. Philippe ne connaît pas encore ce val et j' aimerais le lui présenter, car je l' avais jadis bien exploré. Pour cela, nous allons utiliser le col reliant le glacier de Gornerli à celui de Siedlen. M. Marcel Kurz en a fait le premier passage et l' a baptisé « Mettlilücke ».

Les deux amis se remettent en marche. Une heure leur suffit pour franchir le glacier de Gornerli et gravir la petite ravine pierreuse conduisant à la Mettli-lücke ( 2625 m. ).

Sur l' autre versant, le glacier de Siedlen arrive presque à fleur du col, découvrant aussitôt des crevasses béantes. Mais ces dernières peuvent en grande partie être évitées, si l'on a soin de descendre par la rive gauche du Siedlengletscher. Une demi-heure est suffisante, si la neige est bonne; une autre demi-heure est nécessaire pour franchir la fatigante moraine du dit glacier. Cette moraine, toujours plus inclinée, nous débarque enfin, d' une façon un peu brutale, au fond du Gerental.

Douce flânerie, amplement méritée, suivie d' une copieuse cueillette de roses des Alpes sur la rive gauche du Gerenwasser.

— Mais, interroge tout à coup Philippe, nous devrons rentrer par la rive droite du torrent?

— Assurément; après l' avoir traverse, nous trouverons une trace dans les pierriers, suivie plus tard d' un chemin jusqu' à Oberwald.

— Alors, il faudra donc absolument traverser la rivière!

Et nous réalisons incontinent tous deux que l' entreprise va être des plus dures. Nous nous trouvons en effet dans un endroit où le régime des torrents est formidable. Le plus grand, celui qui donne son nom à la rivière, vient du glacier de Geren; un autre s' écoule du Siedlen; enfin, un troisième descend en mugissant du Kühbodengletscher.

Or, à cette heure-ci ( 15 heures ), par cette très chaude journée tendant à l' orage, ces trois torrents sont démesurément grossis. Notre Gerenwasser est en tous cas impassable à cet endroit, lieu de jonction des torrents. Nous remontons ses rives; nous cherchons des blocs ou des îlots... nous faisons de timides essais, mais toujours en vain. Nous y risquerions notre vie.

Il ne nous reste pas d' autre alternative que de remonter toute notre rive gauche, en traversant avec mille peines les affluents qui surgissent de toutes parts. Il s' agit d' aller en amont, toujours plus en amont, avec l' espoir de voir bientôt se diviser ce farouche torrent. Nous sommes ainsi arrivés jusqu' à mi-chemin entre le point 2108 et la base du glacier de Geren ( 2234 ). Ici, Philippe s' arrête, haletant et nerveux:

— Il faut que nous traversions ici, dit-il. Voyez, il y a un îlot au centre du torrent!

— Jamais, Philippe, je ne pourrai, moi, sexagénaire, faire le saut voulu pour atteindre l' îlot que vous désignez!

Alors Philippe, serrant les dents, commence un travail presque surhumain: avec méthode, il soulève des blocs de la rive et il parvient à les jeter au milieu du torrent, entre la rive et l' îlot convoité: ses premiers cailloux sont mules par les eaux, mais il continue avec une persévérance acharnée. Je ne puis comprendre comment il arrive à soulever et, surtout, à jeter d' aussi gros blocs. Après 20 minutes environ de ce travail fatigant, une pyramide se dessine au milieu des flots. Un bloc émerge, mais encore bien fragile et battu par les vagues.

C' est cependant sur ce frêle appui qu' il faudra sauter. Le risque demeure grand, aussi prenons-nous la décision préalable de nous encorder.

Voici le moment suprême. Le cœur battant, je me fixe aussi solidement que possible entre les rocs de la rive. Je donne un peu de corde; Philippe s' élance... un premier saut sur les blocs artificiels, un second sur l' îlot, enfin un troisième, plus facile, par-dessus le second bras de la rivière.

Philippe m' interpelle de l' autre rive; sa voix est presque couverte par le bruit furieux des hautes eaux. Sachant l' appui efficace de la corde, si une vague allait m' entraîner, je suis rassuré et je saute à mon tour. A l' exception d' une jambe mouillée, tout se passe bien, et nous voici enfin réunis sur cette rive droite, convoitée depuis si longtemps. Je félicite chaudement Philippe, pendant que nous enlevons la précieuse corde.

Nos recherches avaient duré près d' une heure et demie et, durant ce temps, de gros nuages ont obscurci le ciel. L' orage menaçant, après la chaleur torride, explique bien ce grossissement tout à fait exceptionnel des torrents glaciaires.

Nous filons à travers les pierriers, où serpente une trace peu définie, jusqu' au premier alpage « Im Schweif ». Ici descend d' une gorge sauvage l' écumant Saasbach, assez difficile à traverser, lui aussi, malgré un tronc d' arbre servant de pont. Au-dessus de nous, vers l' est, s' érige, hérissée et menaçante, la chaîne des Saashörner. C' est dans ce massif qu' habite un couple d' aigles royaux. Nous en avons souvent entendu parler par le Dr Kreuzer, de Lucerne, qui est allé les observer de près 1 ).

Nous trouvons maintenant le sentier mieux marqué, passant par les diverses petites alpes du Gerental. Tout en nous hâtant, à cause des premières gouttes de pluie, nous pouvons constater, avec quelque stupeur, l' existence d' un pont de bois sur le Gerenwasser, pont non indiqué sur notre carte, à peu près au milieu de la vallée. Ainsi donc, nous eussions peut-être pu rester sur la rive gauche, en évitant notre traversée si difficultueuse de la rivière? Nous disons peut-être, car, qui sait si la rive gauche offre une piste quelconque en amont? N' importe, notre danse aquatique nous aura laissé un souvenir palpitant et une expérience.

A grand train, sous des averses, nous regagnons Oberwald, à 18 h. 20, heureux de notre longue équipée en pays perdu. Durant tout notre trajet, nous n' avons pas rencontré d' êtres humains, à l' exception des deux bergers de la Gornerlialp.

En terminant, nous voudrions attirer l' attention sur la magnifique forêt flanquant, au nord et au nord-est, les villages d' Unterwasser et d' Oberwald. Ce « Pischenwald » forme un grandiose part naturel, enserré d' un côté par les flots mugissants du Gerenwasser, de l' autre par le Rhône, tout aussi tumultueux, malgré son jeune âge. Souvent, ces torrents débordent par-dessus les digues pierreuses, et l' eau fait une invasion dans la partie nord du bois.

Cette forêt est presque entièrement plate, formant en réalité l' extrémité de la vallée de Conches; elle est parsemée de ravissantes clairières à l' herbe rase, où s' élèvent des mélèzes et des sapins géants, exemplaires d' une rare beauté.

Au fond de la forêt, des sapinières touffues, des aulnaies forment des fouillis de verdure, où s' abritent des fourmilières de dimensions fantastiques.

A l' orée du bois, une pelouse immense, d' où l' œil embrasse la vallée, avec le Weisshorn à l' horizon. Au coucher du soleil, le site est d' une grandeur impressionnante!

En outre, cette forêt est animée d' une vie toute spéciale: de petites génisses paissent dans les clairières, faisant tinter leurs grêles clochettes, des enfants jouent au bord de l' eau, des vieilles femmes, à la recherche de bois mort, passent comme des ombres; leurs pas sont feutrés sur le sol capitonné d' aiguilles de mélèzes.

Le soir, une fois les travaux champêtres achevés, les paysans lâchent leurs chevaux dans la grande pelouse. Oubliant leur fatigue, ces braves bêtes se mettent à hennir avec frénésie et, parfois, elles prennent des galops amusants dans la forêt communale.

De temps à autre, le vent passe sur la cime des grands arbres, produisant un bruit musical, le « murmure de la forêt ». Tout serait enchanteur dans cette forêt, si elle n' était pourtant affligée d' une infirmité, une seule: elle recèle des moustiques; pas nombreux, il est vrai; on ne s' en aperçoit nullement en se promenant au travers de ce jardin alpestre, mais si l'on veut lire ou s' étendre sous les ombrages, alors arrivent les ennuyeuses bestioles. Elles bourdonnent à votre oreille cette petite chanson: « Pas de roses sans épines. » La forêt dont nous venons de donner une sommaire vision peut être atteinte en dix minutes de l' hôtel d' Oberwald, en deux minutes d' Unterwasser, et, cependant, des centaines de touristes, chaque saison, passent à quelques pas, sur la route de Gletsch, sans la visiter, ou plutôt sans même se douter de son existence.

Espérons que la commune d' Oberwald saura préserver ce joyau naturel de toute sérieuse mutilation. Le propriétaire de l' hôtel, M. Kreuzer, ancien président de commune, nous a assurés de sa bonne volonté à cet égard Julien Galtet.

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