Chronique himalayenne 1965

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PAR G.O. DYHRENFURTH, RINGGENBERG ( be )

Avec 4 illustrations ( 118-121 ) La « conjoncture himalayenne » fut en baisse en 1965. 1966 et 1967 seront sûrement des années d' escalade très faibles. Essayons pourtant de poursuivre notre revue annuelle.

1° Au Bhutan, le tourisme n' est pas désiré et aucune autorisation n' est accordée à des entreprises d' ascensions. Mais la recherche scientifique sérieuse est très prisée, et grandement encouragée par la famille royale. Le professeur zuricois August Gansser et son jeune assistant Ruedi Hänny ont accompli en 1963 et 1965 des courses géologiques dont les résultats géographiques et photographiques sont aussi remarquables. Le Künla Khari ( 7554 m ) et ses satellites de la frontière tibéto-bhutanaise sont parmi les plus splendides montagnes de l' Himalaya oriental. Le roi du Bhutan, un homme très cultivé et qui d' ailleurs a séjourné en Suisse, est un politicien prévoyant qui se rend bien compte de la situation de son petit pays entre l' Inde et la République chinoise. Certaines cartes chinoises englobent le Bhutan, le Sikkim et le Népal dans la Chine! De quoi donner à réfléchir dans les trois petits royaumes indépendants de l' Himalaya.

Références: BW ( « Berge der Welt » ) 15,1964/65, p. 106-114; A. Gansser: Geology of the Himalayas, 1964. London: Interscience Publishers ( John Wiley ) 1964 -Les Alpes III/66 p. 161-170 avec une esquisse.

Région du Kangchendzönga Le Sikkim est actuellement fermé aux expéditions alpines, mais sur le versant népalais du massif a pu se dérouler une entreprise qui avait été autorisée en 1964 déjà:

2° L' expédition yougoslave 1965 visait le Kangbachen Peak ( 7902 m ). C' était une forte équipe de douze hommes conduits par J. Govekar, avec huit Sherpas dont Girmi Dorje était le sirdar, et environ 200 porteurs locaux. Ils se trouvèrent à Ghunsa déjà au début de septembre, trop tôt, en pleine mousson. Après une reconnaissance, ils choisirent l' itinéraire du Glacier de Ramthang, que j' avais déjà étudié et photographié durant mon « Expédition himalayenne internationale 1930 », et que l'«Expédition suisse à l' Himalaya 1949 », dirigée par Alfred Sutter, recommandait vivement. Les Yougoslaves placèrent leur camp de base à 4900 m, le camp I à 5400 m, le II à 5800 m, le III à 6300 m; jusque-là, donc jusqu' à la combe du glacier de Ramthang supérieur, personne ne s' en. Ensuite seulement la pente s' accentua. Le camp IV, à 6800 m, se place au SE du sommet corniche du White Wave ( 6980 m ). Le 7 octobre 1965, L. Juvan et M. Humar avec Girmi Dorje et Holung Dorje atteignent le P. 7532 m, une tête sur l' arête séparant les Glaciers de Ramthang et de Yalung, à 2 km y2 environ au SE du Kangbachen ( 7902 m ). Ils font demi-tour à la vue de cette longue arête et des 370 m qui restent à gravir.

Le camp d' assaut est alors avancé jusqu' à 7050 m, et T. Sasonov et P. Dimitrov sont désignés pour la seconde tentative. Girmi Dorje les accompagne de nouveau, avec deux jeunes Sherpas, Dakia et Karma. Le 13 octobre ils atteignent l' arête sommitale directement depuis le flanc NE, à mi-chemin entre le P. 7532 et le Kangbachen. Là, les deux Yougoslaves décident de passer la nuit vers 7460 m, sans équipement de bivouac suffisant. Girmi Dorje a de l' expérience et refuse: il redescend avec Dakia au camp V où Karma, malade, a du rester. Le lendemain, ils remontent, mais, en chemin rencontrent Sasonov et Dimitrov qui ont du abandonner à cause de graves gelures. D' ailleurs le temps s' est gâté.

J. Govekar est persuadé que l' itinéraire est bon et qu' une prochaine expédition, avec de meilleures conditions et un peu de chance, réussira à gravir le Kangbachen. Girmi est du même avis, quoique l' arête sommitale semble très raide. Le trajet entre le camp V et l' arête SE est moins difficile que la face du Lhotse qui mène au Col Sud de l' Everest. Les Sherpas ont du, là, faire toute la trace, probablement du fait que les Yougoslaves n' étaient pas encore bien acclimatés à 7000 m. Ils se sont d' ailleurs comportés très courageusement.

! Références: « Alpinismus » 3/66, p. 29. AAJ 1966, p. 190/191. Voir aussi B. Ch. Olschak: Sikkim, Götterberge und Landschaftsnamen, BdW 15, 1964/65, p. 89-103.

Région de l' Everest 3° Complément pour 1962. L' entreprise de Woodrow Wilson Sayre, que nous avons déjà critiquée en détail dans « Les Alpes » IV/1963, p. 172 ss, a effectivement eu pour conséquence que le Mont Everest est interdit depuis 1965. Sayre en a écrit un livre vantard, mais bien traduit en allemand et bien présenté ( « Vier gegen den Everest », Albert Müller-Verlag, 1965 ), qui a été apprécié de divers côtés. Les recensions fouillées - AAJ 1965, p. 492-494; AJ n° 311, p. 345/346; « Alpinismus » 10/1965, p. 54-56; « Neue Zürcher Zeitung », 29 juillet 1965, n° 3159, p. 3, par exemple - condamnent nettement cette aventure irréfléchie. Le seul Suisse, Hans P. Duttle, qui ait participé à cette petite expédition, s' est maintenant exprimé publiquement, dans l' article « Col Nord de l' Everest -1962 », dans « Les Alpes » II/1966, p. 117-122. Son récit bref et sincère est dévastateur pour ses camarades américains malgré sa sympathie pour eux. On ne peut que répéter « Plus de chance que de mérite! » et dénoncer l' incroyable irresponsabilité de W. W. Sayre envers les autres expéditions himalayennes et le développement tant touristique que scientifique de l' Himalaya.

4° Complément pour 1963. Parmi les publications qui se rapportent à l' Expédition américaine au Mont Everest de 1963, que dirigeait Norman G. Dyhrenfurth, nous devons signaler:

Références: « Appalachia », juin 1964, p. 1-18; HJ XXV 1964, p. 3-31; BdW 15, 1964/65, p. 65-77. Thomas F. Hornbein: EVEREST the West Ridge. Album de 27 x 35 cm, 202 p., 92 photos en couleurs. Sierra Club San Francisco 1965. Un ouvrage exceptionnel.

5° Troisième expédition indienne à l' Everest, 1965. M. S. Kohli dirigeait là une entreprise aux dimensions comparables à celles de l' expédition américaine: dix-neuf participants, dont dix avaient déjà participé à une ou deux des expéditions indiennes au même sommet en 1960 et 1962. Le « camp de base avance » était déjà établi le 6 avril à 6500 m; le Col Sud ( 7986 m ) était atteint le 12 avril et équipé en dix jours et trois grands transports de tout ce qui était nécessaire. Mais alors le temps se gâta au point que l' équipe dut se replier jusqu' au camp de base. Le 14 mai seulement commença une série de beaux jours qui furent exploités à fond: le 20 mai le sommet était gravi par Nawang Gombu ( sa deuxième ascension de l' Everest !) et A. S. Cheema, le 22 par Sonam Gyatso et Sonam Wangyal, le 24 par C. P. Vohra et Ang Kami, le 29 par H. S. C. Rawat, H. S. Ahluwalia et Phu Dorje I - soit au total neuf hommes en quatre ascensions par l' arête SE devenue chemin ordinaire. L' Inde a conçu une joie et une fierté justifiées par ce brillant succès.

Les conditions de la montagne étaient excellentes, et les porteurs peu à peu habitués au versant du Lhotse autrefois tant redouté. L' exploit des Sherpas reste pourtant remarquable: quarante et un d' entre eux sont montés au Col Sud ( 7986 m ), et dix-neuf ont continue jusqu' au camp d' assaut

Les glaciers des Alpes suisses

114 Station de jaugeage des débits de la Massa, Blatten près de Naters. La Massa draine les eaux du grand glacier d' Aletsch. La station de jaugeage installée à Massaboden fut mise hors service à la suite de la construction de la seconde usine hydraulique de la Massa. Notre photographie montre la nouvelle station de jaugeage construite pendant l' hiver 1964/65, à 80 m seulement ( en altitude ) au-dessous du portail du glacier et de ce fait à l' abri de toute intervention artificielle. La station est exploitée par l' Office fédéral de l' Economie Hydraulique à Berne et elle jauge avec une très grande exactitude dans tout l' éventail allant des débits minimaux de l' hiver, qui sont de 100 à 200 1/sec, jusqu' aux hautes eaux de 150 m'/sec. Sur notre illustration le débit est de 5 m3/sec Photo Markus Aellen, VA WEIEPF, Zurich, 5 août 1965 117 Travaux sur le grand glacier d' Aletsch à environ 2200 m d' altitude. Au fond, à gauche, les Walliser Fiescherhörner, à droite la vallée latérale du lac de Maerjelen. Au premier plan la station de jaugeage du terrain d' expériences de quelque 4500 m2, qui, de la mi-juillet à fin août 1965, a servi de base aux recherches comparatives relatives au bilan thermique, à l' ablation et au débit à la surface du glacier. Les limites naturelles du terrain d' expérience sont renforcées par un muret de glace qui s' est constitué sous une bande de papier blanc imperméable, protégeant des rayonnementsPhoto Erwin BrUgger, VA WEIEPF, Zurich, 10 août 1965 121 Manaslu ( 8156 m ) et East Pinnacle ( 7895 m ), vue prise au téléobjectif du Glacier inférieur du Manaslu Photo H. Schriebt, 1964 à 8510 m. Tashi, de Darjiling, porta cinq fois des charges au Col Sud, six autres Sherpas quatre fois. Parmi les hommes qui ont atteint le sommet, Nawang Gombu et Ang Kami sont des Sherpas établis à Darjiling, donc en Inde, et qui faisaient partie des grimpeurs de pointe.

Le major Kumar, chef-adjoint de l' expédition, n' avait que des charges administratives du fait de précédentes gelures aux pieds. Avec P. N. Rana, l' officier de liaison népalais, il grimpa pourtant au Lho La ( 6006 m ), ce qui fait une belle escalade. La première ascension du Lho La par ce versant du Khumbu fut réussie par le Tyrolien Ernst Senn avec le Sherpa Pemba Sundar lors de l' expédition internationale à l' Himalaya en 1955.

Références: « Alpinismus » 10/1965, p. 31. AJ n° 312, mai 1966, p. 1-14. AAJ 1966, p. 188/189. « Indian Mount Everest Expedition 1965. » 44 pages, nombreuses photos, New Delhi.

6° Le Ngozumpa Ri I ( 7806 m ) est un satellite du Cho Oyu, appelé autrefois Cho Oyu IL Avec le Ngozumpa Ri II ( 7646 m ), cette croupe neigeuse haute mais peu individualisée se trouve sur le faîte entre le Cho Oyu ( 8153 m ) et le Gyachung Kang ( 7922 m ).

Le Club alpin de l' Université de Meiji organisa pour 1965 une forte expédition composée de M. Watanabe, chef, S. Takahashi, chef technique, Y. Fujita, Sh. Hirano,T. Odaka, M. Kobayashi, M. Irisawa, T. Nagao et N. Uemura. Ils étaient le 16 mars à Nauche ( jadis écrit Namche Bazar ), et le 22 mars établissaient leur camp de base à 5300 m sur le Glacier de Ngozumpa ( jadis Ngojumba ). Puis les camps se succèdent: le 1 à 5730 m, le 2 à 6200 m, le 3 à 6500 m, le 4 à 6800 m. Hirano, Kobayashi et Mingma Tsering font une première tentative le 22 avril, mais font demi-tour après neuf heures de montée. Le 24 avril, après douze heures de marche, la cordée Uemura-Pemba Tensing touche le sommet du Ngozumpa Ri I ( 7806 m d' après les nouvelles mesures d' Erwin Schneider ). Un bel exploit. Ils doivent bivouaquer à la descente vers 7400 m.

Références: AAJ ( American Alpine Journal ) 1966, p. 190, communication de I. Yoshizawa ( Club alpin japonais ). « Alpinismus » 10/65, p. 31/32. Sangaku LX 1965, photos p. 16/17.

7° Une autre forte expédition japonaise, organisée par l' Université de Waseda, visait en 1965 le Lhotse Shar ( 8383 m ). Elle comprenait onze grimpeurs: H. Yoshikawa, chef, T. Matsuura, M. Iguchi, Y. Hamano, N. Kaburaki, T. Narukawa, A. Murai, T. Sato, S. Yamamoto, K. Shi-ratori, et Sh. Miyamoto. Le 14 mars, ils établissent leur camp de base à 5300 m sur le glacier principal du Lhotse, dans le cirque d' Imja. Après dix jours de reconnaissances, ils décident d' approcher le Lhotse Shar par son arête S et SE qui monte du Col 5700 ( au nord de l' Island Peak, 6189 m ).

Le camp 1 est monté le 26 mars à 5800 m, le 2 le 3 avril à 6300 m, le 3 à 6600 m le 8 avril, le 4 à 7010 m le 17 avril. Le lendemain survient un grave accident: T. Narukawa glisse et n' est retenu par la corde qu' après 45 m. Il est grièvement blessé et son unique compagnon ne peut rien faire de plus que l' assurer pour la nuit. On ne peut pas le secourir avant le jour suivant, et entre-temps il se gèle sérieusement les pieds et les mains. Dix jours sont nécessaires pour le descendre jusqu' au camp 2. La série de beau temps est terminée. Une nouvelle tentative est pourtant lancée, et le camp 5 est monté à l' altitude de 7315 m. Mais l' accident les tourmente, et un autre participant commence à souffrir de dépression. Le 15 mai, la cordée Matsuura-Iguchi essaie à nouveau, mais trouve à 8150 m que l' arête est coupée par une brèche abrupte de 200 m de profondeur, et fait demi-tour.

T. Narukawa a toujours insisté pour que ses camarades ne perdent pas de temps à le transporter mais reprennent au plus tôt l' ascension. Il semble être resté quelque temps au camp 2 ( 6300 m ), et c' est seulement le 29 mai qu' il arrive à l' hôpital de Kathmandu - en hélicoptère depuis Luglha -, presque six semaines après son accident: vain sacrifice! On peut admirer le courage des Japonais, 18 Les Alpes - 1966 - Die Alpen273 mais on ne peut pas se défaire de l' impression que l' équipe de Waseda n' était pas tout à fait à la hauteur d' un adversaire aussi redoutable que le sommet est du Lhotse.

Références: « Alpinismus » 10/65, p. 32. AAJ 1966, p. 190.

8° L' entreprise d' exploration de l' Himalaya népalais est en train de terminer, du moins provisoirement, ses travaux dans le terrain au Khumbu Himal. Les résultats scientifiques en sont publiés dans l' importante série « Khumbu Himal » ( Springer-Verlag ) dont trois cahiers ( pages 1-236 ) ont paru jusqu' à l' été 1966. Le plus important pour les grimpeurs est la nouvelle carte au 1: 50 000 d' Erwin Schneider et ses collaborateurs. La « feuille N.E. », parue à fin 1965, comprend le massif de l' Everest proprement dit, du Nangpa La au Makalu. La « feuille S.O. », dont la partie N englobe le Rolwaling Himal ( massif du Gauri Shankar ), est en préparation.

L' activité de l' entreprise d' exploration est très appréciée au Népal, même au palais. C' est pourquoi on s' est décidé à continuer le travail sous forme de centre de recherche, avec siège à Munich et Kathmandu. La Fondation Fritz-Thyssen en reste le soutien. Une belle maison a été louée pour cinq ans à Kathmandu pour ce Centre de recherche du Népal. A Munich a été enregistrée Y Association pour l' étude comparée de la haute montagne, dont les présidents sont Walter Hellmich, professeur à Munich, et Hans Kinzl, professeur à Innsbruck. Comme 1'«Entreprise » jusqu' à maintenant, l' adresse de la nouvelle association est: Aile nord du Château de Nymphenburg, D-8000 München 19.

Références: « Khumbu Himal ( Nepal ) ». Echelle 1: 50 000, huit couleurs, 88 x 124 cm. Confection et impression Freytag-Berndt und Artaria, Vienne; éditeur « Forschungsunternehmen Nepal-Himalaya ». ÖAZ 1345, p. 18; 1346 ( mars—avril 1966 ), p. 42/43. « Alpinismus » 8/66, p. 42/43.

Langtrang Himal 9° Complément pour 1959-1964. Ce beau massif n' est qu' à 65 ou 70 km de Kathmandu à vol d' oiseau, et beaucoup d' expéditions l' ont déjà visité. Il n' y a pourtant guère de régions himalayennes où nos renseignements soient plus contestés. Il n' existe pas de carte à peu près sûre du Langtrang Himal. L' esquisse orographique établie en 1959 par Peter Aufschnaiter est comparativement la meilleure. Les esquisses des Japonais - T. Yamada 1959, T. Kondo 1962 et 1965 s' écartent fortement de celle d' Aufschnaiter pour les noms et pour le dessin des arêtes, et comportent aussi de petites divergences entre elles. Les esquisses des Italiens - P. Meciani 1963, O. Rabbi 1964 - suivent en gros Aufschnaiter, mais avec des retouches. Il y a de très grandes divergences entre les Japonais d' un côté et les Italiens de l' autre. Seule la photogrammétrie apporterait la certitude. J' ai mis beaucoup de temps et de soin à étudier les photographies existantes, mais ce n' est qu' une solution provisoire de secours.

Le « Shalbachum » ( 6700 m ), gravi en 1959 par les Japonais, devrait être identique au Phrul Rangjen Ri ( 6918 m ) d' Aufschnaiter à en croire les esquisses. Mais, dans la légende du panorama du Gangja La ( Sangaku 1960, p. 94/95 ), le nom de Shalbachum désigne une antécime du Kyungka Ri ( 6979 m ). Cette contradiction n' a pas pu être résolue par lettre. En 1963, les Italiens gravissaient le Kyungka Ri, et les Japonais se mirent à affirmer que ce n' était qu' une seconde ascension de leur Shalbachum. Est-ce vrai? Il est certain - et prouvé par des documents photographiques -que le 28 octobre 1963, les alpinistes de Turin, Corradino Rabbi et Andrea Mellano, touchèrent l' antécime ( qu' ils baptisèrent « Città di Torino », 6702 m ) et aussi le sommet principal du Kyungka Ri ( 6979 m ). Les panoramas qu' ils ont pris des deux sommets sont impeccables et très précieux pour comprendre la topographie du Langtrang. Les Japonais, de leur côté, ne peuvent pas fournir de photo du sommet de leur « Shalbachum ». Où se trouvaient réellement les grimpeurs japonais Setsuo Hojo et Tetsuro Terahata le 25 octobre 1959? Sur le Phrul Ranjen Ri ( 6918 m ) qui semble difficile? C' est peu probable, car ils n' en avaient guère le temps. Ou sur l' antécime P. 6702? Peut-être, et l' altitude de 6700 m qu' ils donnent semble l' indiquer. Mais je n' en suis pas entièrement sûr.

L' expédition au Langtrang de l' Université d' Osaka en 1964, conduite par T. Suzuki, annonça la conquête du Kyungka Ri ( 6979 m ). C' est une erreur ( ce n' était qu' une répétition ). Les Italiens l' avaient gravi en 1963. Mais c' est aussi un indice qui montre qu' en 1959 les Japonais n' avaient pas été jusqu' en haut, et que leur « Shalbachum » est à identifier avec l' antécime P. 6702. Mes notes concernant le Langtrang dans les Chroniques himalayennes de 1960, 1962, 1963 et 1964 seraient enfin ainsi corrigées ( au plus près de ma conscience ).

Références: Sangaku LV 1960, LVI 1961, LVII 1962, LX 1965. Lo Scarpone, 16 octobre, 16 novembre, 16 décembre 1963. Correspondance avec P. Aufschnaiter, le Club alpin japonais, P. Meciani, la Scuola Nazionale di Alpinismo, C. Rabbi, etc. Il Paese delle Montagne, spedizione organizzata dalla sezione CAI-UGET... Torino: Nuova Grafica 1966.

10° En 1965, nous retrouvons les Japonais dans le Langtrang, d' accès très rapide depuis Kathmandu, comme nous l' avons dit. Ce n' est cette fois qu' un duo, I. Saegi et T. Yamaguchi, du Club alpin de Uozu. Ils essaient de répéter l' ascension du « Dôme Blanc », ou mieux Kan Karmo ( 6830 m ), mais n' atteignent pas le sommet.

Références: AAJ 1966, p. 191.

Gurkha Himal 11° Complément pour 1964. Le guide autrichien Hubert Schriebl a rapporté de 1'«Expédition néerlandaise à l' Himalaya » un beau matériel photographique, précieux aussi du point de vue topographique. C' est ainsi que le fameux « Granit Peak », qui va toujours à la dérive sur les cartes avec sa cote de 7361 m, a enfin pu être amarré. Joli sommet proche du Larkya-Pass, il n' a que 6600 m environ - un nain à côté du Manaslu ( 8156 m ).

Références: Photos et conversation personnelle de H. Schriebl.

Massif de l' Annapurna 12° Complément pour 1964. L' expédition du Club alpin de l' Université de Kyoto, dirigée par H. Higuchi, plaça son camp de base à 4000 m sur la rive sud du Glacier sud de l' Annapurna, à l' ouest du vallon de Modi. Cinq camps d' altitude furent échelonnés sur le versant est du Modi Peak, à 4600 m, 5200 m, 5600 m, 6200 m et 6600 m. Dans le bas, l' itinéraire traversait plusieurs couloirs d' avalanches dangereux. Dans le haut, il fallut placer 700 m de cordes fixes et une échelle de bois improvisée longue de 10 m. Au cours d' une première tentative, le 13 octobre, H. Yoshino, M. Kimura et Y. Ageta touchèrent à 15 heures le sommet central ( 7150 m environ ). Il ne leur restait plus assez de temps pour les deux autres sommets légèrement plus hauts. Le 15 octobre, la cordée Sh. Uyeo-Mingma Tsering atteignitle sommet sud ( 7256 m ), point le plus haut du groupe. Le même jour, H. Higuchi et Karma Sherpa essayèrent le sommet nord ( 7200 m environ ), mais le temps était trop court et ils durent se contenter d' un sommet intermédiaire inférieur, de 7100 m environ. Tous étaient de retour au camp de base le 20 octobre.

En attendant l' arrivée des coolies pour le transport de retour, les Japonais explorèrent encore les trois glaciers qui descendent le versant sud de la montagne en direction de la Modi Khola, glaciers dont les noms ne sont pas très heureux: le « Glacier sud » se trouve en fait à l' ouest du « Glacier ouest ». La première ascension du petit « Tent Peak » ( 5945 m ?) fut réussie à partir du « Glacier sud ». Arrivée à Pokhara le 3 novembre.

Références: « Alpinismus » 2/65, p. 36. Sangaku LX 1965, p. 8/9. AJ 311 nov. 1965, p. 213-217.

13° L'«Expédition allemande à l' Himalaya 1965 » a reçu le soutien actif du Club alpin allemand, et se trouve sous le patronage du président des ministres de Bavière. Participants: chef d' expédi: Günter Hauser; organisation à Munich: Ludwig Greissl; médecin: le docteur Klaus Ekkerlein, enfin Karl Heinz Ehlers, Hermann Köllensperger, Erich Reismüller, Otto Seibold et Herbert Wünsche - huit montagnards actifs et habiles.

A Bombay, il ne fut pas possible d' obtenir des autorités ferroviaires indiennes que toutes les caisses des sept tonnes de bagages de I' expédition soient chargées dans un seul wagon, qu' auraient pu accompagner deux Allemands. Ce qui est vital pour le transport à travers l' Inde! ( C' est ce qu' il faut tenter d' obtenir, en s' adressant si nécessaire aux plus hautes autorités gouvernementales. ) Le chargement des bagages sur plusieurs trains a eu des conséquences catastrophiques: le 17 mars, quelques caisses seulement étaient arrivées à Kathmandu, dix jours plus tard, la moitié environ, quelques pièces n' apparurent que des semaines plus tard et beaucoup ont été perdues définitivement. Un lourd handicap!

De Pokhara, la marche d' approche se déroula dans la vallée de Modi par le mauvais temps et avec des difficultés de transports. On atteignit l' emplacement du camp de base ( 3750 m ) le 6 avril. Pour les reconnaissances, il fallut péniblement faire la trace dans de la neige fraîche et profonde... car les skis n' étaient pas encore arrivés. Le Gangapurna exigea cinq camps d' altitude: les camps 1 ( 4300 m ), 2 ( 4900 m ), 3 ( 5700 m ), 4 ( 6200 m ), 5 ( 6800 m ). Le camp 1, construit à l' abri d' une moraine, fut plusieurs fois détruit par la pression d' air de puissantes avalanches poudreuses. Le camp 4, plus tard lors de la descente, fut même recouvert par une avalanche sous laquelle deux hommes ( Ehlers et Phurbar Kitar ) restèrent pris presque une heure, à deux ou trois mètres de profondeur. Heureusement, ils purent en être retirés à temps et F«E. A. H. 1965 » rentra saine et sauve - excepté quelques gelures sans gravité.

La partie la plus difficile de l' ascension était une paroi de glace de 400 mètres de haut s' inclinant à 55° environ. Ce passage-clé entre les camps 4 et 5 fut équipé en une semaine de dur labeur. Les 6 et 8 mai, huit grimpeurs allemands et trois Sherpas - le sirdar Ang Temba, Phu Dorje II et Pemba Norbu - atteignirent le fier sommet du Gangapurna ( 7426 m d' après les nouvelles mensurations ). C' est un des cas rares où tous les grimpeurs d' une expédition ont réussi l' ascension d' un sommet himalayen haut et difficile.

Ce n' était pas assez. Après une courte période de repos au camp de base, on attaqua le « Dôme du Glacier », une cime glaciaire large et commode, ne se détachant guère entre le Gangapurna ( 7426 m ) et le « Roc noir » ( environ 7350 m ), dont J. O. M. Roberts avait estimé l' altitude à 7255 m, ce qui s' avéra trop haut de 100 m. Une expédition japonaise conduite par S. Shima en réussit la première ascension et, le 16 octobre 1964, M. Nishimura en précisa l' altitude du sommet même ( environ 7150 m ) avec son baromètre anéroïde.

La difficulté principale consistait en une paroi de séracs raide et dangereuse entre 5600 et 5900 m, où les Allemands ne purent suivre la route directe des Japonais, car, après l' ascension du Gangapurna, ils n' avaient plus assez de vis et de pitons à glace. Privés de ces aides techniques, ils durent prendre un « détournement », qui exigea beaucoup de temps et de fatigue. Quatre camps d' altitude furent nécessaires: les camps 1 ( 4450 m ), 2 ( 5200 m ), 3 ( 5700 m ) et 4 ( 6300 m ). Le 29 mai, Ekkerlein, Greissl, Reismüller, Seibold et Wünsche atteignaient, avec leur fidèle Sherpa Kippa, le plateau du sommet du Dôme du Glacier ( 7150 m ), jouissant d' un temps et d' une vue splendides. L' Anna I ( 8078 m ) ne leur paraissait plus éloigné, mais la longue arête est, conduisant par-dessus le Roc Noir jusqu' au fameux « Premier huit mille », réclamerait encore plusieurs camps, un système de transport bien organisé et de l' oxygène. Reconnaître un peu cette fière « Haute route » de l' avenir était un des objectifs de cette seconde ascension du Dôme du Glacier.

Pendant ce temps, Hauser et Köllensperger, en compagnie du Sherpa Phurbar Kitar, se tournèrent vers le Tent Peak, qui est cote 5945 m, mais auquel l' anéroïde ne donne que 5550 m environ. Ce petit sommet au centre de l' arc de l' Annapurna est une station topographique idéale. D' ailleurs, Hauser ne devait plus exposer ses pieds au froid d' un 7000 après les gelures dont il avait souffert au Gangapurna. De plus, on ne savait pas encore que les Japonais avaient déjà gravi ce sommet en automne 1964. Ce n' était donc qu' une seconde ascension là aussi, mais cette petite désillusion était sans importance, car, gratifiés d' un temps radieux, les Allemands purent prendre le panorama complet de 360° du Tent Peak ( 5550 m ) en photographies superbes et d' une grande valeur cartographique - d' autant plus que Günter Hauser exécuta avec son théodolite un travail soigné de mesures et fixa l' altitude des sommets environnants connus et inconnus de façon beaucoup plus précise que les simples esquisses existantes. On attend avec impatience l' album de photographies en préparation et la carte de la moitié sud du massif de l' Annapurna.

Références: « Der Bergsteiger », décembre 1965, p. 229-241; AJ 312 1966, p. 89-97. « Alpinismus » 10/65, p.35à 39. AJ 311 1965, p. 213-217; Sangaku LX 1965, p. 8-10. « Les Alpes » 111/65, p. 199-202. Correspondance avec G. Hauser.

Région du Dhaulagiri 14° L' expédition japonaise de la Fédération montagnarde d' Aichi avait le Dhaulagiri II ( 7751 m ) comme objectif pour 1965. C' était un groupe de huit hommes, conduit par H. Sugita et accompagné de six Sherpas. Dès le début, ils commirent une grave erreur. Au premier printemps, on ne peut atteindre Mukut que de l' ouest, le long de la rivière Barbung. Plus courte, la marche d' approche depuis la vallée de la Kali-Gandaki par les hauts cols est recommandable en été et en automne. En mars, c' est une véritable gageure. Aucun connaisseur ne peut donc s' étonner qu' une avalanche ait déjà frappé l' expédition sur les premières pentes, au nord de Dankar Dzong: deux Sherpas de l' avant, Mingma Tensing et Lhagpa Gelbu furent atteints le 28 mars, et leurs corps ne furent retrouvés que les 8 et 9 avril. Au lieu des 26 jours prévus, la marche d' approche depuis Pokhara en prit... 66!

Les Japonais essayent alors la route que les Autrichiens ont reconnue en 1963 par-dessus l' arête des Chorten jusque dans la combe glaciaire supérieure. Un nouvel accident survient là vers 5500 m; le 10 mai, le Sherpa Jhamang Tensing, envoyé en reconnaissance, glisse et fait une chute de 300 mètres qui se solde par de graves blessures ( fractures de la cuisse et de la jambe ), de sorte qu' il faut le ramener d' urgence à Kathmandu. Là-dessus, les trois Sherpas qui restent déclarent qu' ils n' ont pas cessé de faire la trace depuis Dankar Dzong, qu' ils sont encore prêts à porter des charges pour l' escalade du Dhaulagiri II, mais qu' ils se refusent à marcher en tête! Cette décision est transmise au chef de l' expédition qui est resté à Mukut et qui donne alors l' ordre de repli définitif.

Toute l' entreprise est un échec complet, et on comprend difficilement qu' elle offre un si grand contraste avec tant d' autres expéditions japonaises préparées de façon irréprochable et conduites de manière exemplaire.

Références: « Alpinismus » 10/65, p. 32. AJ 1966, p. 192.

15° Après la mousson de 1965, le Dhaulagiri IV ( 7640 m ) était au programme d' une grande expédition britannique, organisée par l' Association montagnarde de la Royal Air Force. Elle comprenait neuf hommes de la R.A.F ., dirigés par J. R. Sims, avec l' aide de J. O. M. Roberts, le meilleur connaisseur de la région, chef des transports. Roberts avait soigneusement choisi huit Sherpas avec le Sirdar Mingma Tsering. Les meilleurs atouts semblaient rassemblés - et pourtant l' affaire ne joua pas.

En septembre 1965, le temps fut exceptionnellement bon, alors que d' habitude la mousson règne encore durant ce mois. Le 7 se terminaient déjà les transports aériens à Dhorpatan, le 12, le camp de base était établi à 3960 m, et le 26, le beau temps d' après la mousson semblait bien installé. On suivit avec de légères variantes la voie que Roberts avait reconnue en 1962: camp de base glaciaire à 4720 m, camp 1 à 5365 m, camp 2 ou « base avancée » dans le bassin supérieur à 5790 m. Un vol d' orientation avait donne l' impression que l' arête sud offrait un bon itinéraire. Malheureusement, le temps se gâta le 6 octobre: brouillard, neige d' après, vent violent en altitude. Le camp 3 fut pourtant monté le 14 octobre à 6620 m, au pied de la côte, et la progression continua le lendemain. Mais la neige était mauvaise, et deux Sherpas furent emportés par une plaque à vent, heureusement sans mal. Fortement impressionné par l' incident, Sims arrive à la conviction que toutes les zones raides du versant ouest sont trop dangereuses et qu' il ne peut pas prendre la responsabilité de la poursuite de la tentative.

A ce moment, la plupart des grimpeurs britanniques et des Sherpas se trouvent au camp 3, qui est bien pourvu en provisions, en combustible et en matériel. On pourrait donc tenir un siège. Mais, le 10 octobre, tous se replient sur le camp 2 et répètent l' ascension du Chustung Himal ( 6462 m ) réussie en 1962. Dans l' après du 18, la neige recommence à tomber, et la retraite devient pénible les deux jours suivants. Toute l' expédition se retrouve en bon état au camp de base le 21 octobre, et... le beau temps s' installe. La décision prise le 15 octobre de renoncer au Dhaulagiri IV était sûrement hâtive. Le temps reste radieux durant toute la marche de retour sur Pokhara, atteint le 11 novembre. La période de beau qui suit la mousson est bien installée, mais c' est maintenant trop tard. L' expédition a tire ses cartouches trop tôt et n' a pas eu la patience - ou peut-être la possibilité, pour des raisons financières ou de service - de se retourner et d' attendre une quinzaine de jours. Dommage!

Références: « Alpinismus » 3/66, p. 28/29; AJ 312 mai 1966, p. 75-88; AAJ 1966, p. 193/194.

Népal occidental 16° Complément pour 1964. John Tyson n' a pas encore publié sa carte du Khan Jerowa Himal, mais, en attendant, nous avons au moins un compte rendu du travail de 1964 de la plume de son collaborateur John Cole. Nous savons maintenant que le massif ne comprend pas de 7000 et que ses deux plus hauts points atteignent 6882 m et 6864 m.

Référence: AJ 311, nov. 1965, p. 254-261. 278 Garhwal 17° Le massif du Gangotri, au sud du cours supérieur du Bhagirathi, comprend le Jaonli ( 6632 m ) et le Jogin. Le point culminant du Jogin, aussi appelé Ganesh Parbat ( 6465 m ), fut atteint pour la première fois le 16 juin 1965 par une équipe de la police de l' Etat indien d' Uttar Pradesh, sous la conduite de Shivraj Singh.

Référence: Himalayan Club Newsletter 23, p. 6.

18° La deuxième ascension du Chandra Parbat ( 6728 m, gravi par les Autrichiens en 1938 ) fut réussie par un groupe indien conduit par Raju.

Référence: HC Newsletter 23, p. 6.

19° Dans le Garhwal oriental, le glacier de Milam est bordé de deux 7000 encore vierges: l' Hardeol ( 7151 m ) et le Tirsuli ( 7074 m ). Le Tirsuli fut de nouveau essayé, cette fois par K. P. Sharma et une expédition indienne qui dut abandonner à cause de violentes tempêtes de neige. Echec aussi au Nital Thaur ( 6236 m ).

Référence: HC Newsletter 23, p. 6.

20° Le mauvais temps fit échouer Jagjit Singh et un groupe indien au Bandar PunchQueue de singe, 6315 m ), qui a déjà été gravi plusieurs fois.

Référence: HC Newsletter 23, p. 6.

Nous groupions naguère sous le nom de « Himalaya du Panjab » les districts montagneux entre le Garhwal et le Cachemire, avec les anciens « Hill States » de Kulu, Lahul, Spiti, Kangra et Chamba, Padar, Zanskar et Rupshu. Mais ce nom ne convient plus depuis que le gouvernement indien a décidé, en mars 1966, de diviser l' Etat du Panjab sur une base linguistique. Tous les territoires touchés par nos chroniques se trouvent dévolus à l' Etat d' Himachal Pradesh, dont Simla est la capitale. Nous dirons donc désormais:

Himachal Pradesh 21° Le Deo Tibba ( 6001 m ), au Kulu, a de nouveau été gravi, mais il n' y a plus de raison d' enre les ascensions de ce petit 6000 sans prétention.

22° Des grimpeurs indiens ont répété les ascensions du Mulkila ( 6517 m ) et du M 5 ( 6370 m ), au Lahul.

Référence: HC Newsletter 23, p. 6/7.

23° Robert Pettigrew a fait une reconnaissance dans la région du Chota Shigri Glacier en direction du Papsura ( 6450 m ) qui reste à gravir. Il compare l' Ali Ratni Tibba ou Paptula ( 5490 m ) aux Aiguilles du Dru.

Référence: AAJ 1966, p. 195/196.

Himalaya du Cachemire 24° Une expédition cambridgo-indienne au Kishtwar, dirigée par C. R. A. Clarke, se déroula dans le massif des Glaciers de Prul et de Brahma, au sud du Nun-Kun, peu avant le début des hostilités entre l' Inde et le Pakistan. Une tentative au Brahma I ( 6416 m ) réussit jusqu' à 6100 m environ.

Référence: AJ 312, p. 136/137.

25° Complément pour 1964: L' expédition bavaroise de Philip Rosenthal dans la vallée de Rupal ( massif du Nanga Parbat ) n' eut que de modestes résultats alpins. Le plus haut sommet qu' elle ait gravi est le Turpin Peak ( 5901 m ), qui est devenu l' objet d' une dispute entre la direction de l' expé et la rédaction de « Alpinismus ». Il s' est révélé que ce sommet relativement petit n' est pas identique à celui que Walter Raechl gravit en 1934, mais est probablement une réelle première.

Références: « Alpinismus » 4/65, p. 16-19. « Mitteilungen des DAV » 16e année, p. 108; 17e année, p. 73-75.ÖAZ série 1347 mai/juin 1966, p. 57-61.

Karakorum Le gouvernement pakistanais, qui domine la majeure partie du Karakorum, en a interdit l' accès aux grimpeurs en 1965, avec deux exceptions:

26° Dirigée par R. Kodani, une équipe de huit hommes de la Fédération montagnarde de Kyoto visait une fois de plus le Minapin Peak ou Diran ( 7273 m ), le voisin oriental du Rakaposhi. Le camp d' assaut fut monté en juin jusqu' à 6700 m environ. De là, la cordée Tsuchimcri-Koyama monta à 80 m environ sous le sommet, où le vent et les tourbillons de neige devinrent si forts qu' ils furent contraints d' abandonner et même de bivouaquer. Il est étrange que le Diran, qui ne doit pas être particulièrement difficile du point de vue technique, ait jusqu' ici résisté à toutes les tentatives.

Référence: AAJ 1966, p. 198.

27° Le Club de ski et de montagne de l' Université de Tokyo mit sur pied, en 1965, une grande expédition de 13 hommes, dirigés par H. Shiraki. Le but en était le Khiangyang Kish ( 7852 m ), le plus haut sommet encore à gravir dans le Hispar Mustagh. L' avant quitta Nagar le 18 juin, et le camp de base fut monté le 27 juin, à 3885 m, sur la rive nord du Glacier de Hispar au pied de l' arête sud, que l' équipe anglo-pakistanaise avait tentée en 1962 et où E. J. E. Mills et M. R. J. Jones moururent dans un accident.

Une chaîne de camps fut établie: le camp 1 à 4800 m sur l' éperon, le 2 à 5300 m, à l' endroit où l' éperon se soude à l' arête SE, le 3 entre la Tête de Taureau, où se joignent les arêtes SE et SO, et la tour verticale de l' Ogre, le 4 à 5900 m sur la coupole de neige. Là, les Japonais furent bloqués neuf jours par la tempête de neige, du 28 juillet au 7 août, puis ils continuèrent: camp 5 à 6300 m sur le premier gradin, 6 à 6900 m sur la Tourte glacée, et 7 à 7010 m juste sous le Pic rocheux. Ils n' étaient plus séparés du point culminant du Khiangyang Kish ( 7852 m ) que par deux sommets intermédiaires, le Pic triangulaire ( 7400 m ) et le Pic de la Tente ( 7700 m ). Ils avaient rencontré, depuis le camp 2, tant de rochers difficiles, de parois de glace, d' arêtes cornichées et de crevasses qu' ils avaient utilisé toutes leurs cordes. Ils espéraient franchir la dernière partie sans corde. Mais il en alla autrement: cinq grimpeurs étaient en route vers le camp 8 quand, aux environs de 7200 m, une arête neigeuse aérienne s' écroula soudain et emporta Takeo Nakamura dans la face ouest en direction du Glacier de Khiangyang. Ebranlés, ils firent demi-tour jusqu' au camp de base. Le corps ne put pas être retrouvé. Le 27 août commençait la marche de retour.

Références: AJ n° 305, p. 342; AJ 306, p. 100-107; AJ 308, p. 98-102. HJ XXIV, p. 96-106. AAJ 1966, p. 198 à 199 ( récit de H. Shiraki ).

28° Complément pour 1964. Le « Link Sar », essayé par les Berlinois dans le massif de Kondus, n' est identique ni au K 6 ( 7281 m ), ni au K 7 ( 6934 m ), mais c' est le Pt. 23 100 ft. = 7040 m, mesuré pour la première fois par J. F. Noxon en 1955. A cette occasion, Wolfgang Axt et G. O. Dyhrenfurth ont enfin clarifié la topographie embrouillée des « Aiguilles de Kondus-Kaberi ».

Références: « Alpinismus » 11/65, p. 22/23, et 5/66, p. 40/41. ÖAZ 1346, p. 32-34.

Hindukush Des expéditions se dirigent toujours à nouveau vers cette région, où les frais et les difficultés politiques sont moindres que dans l' Himalaya et le Karakorum. Comme nous l' avons déjà dit dans notre Chronique de 1963, cet appendice se limite à un tour d' horizon sommaire. Signalons tout d' abord quelques références importantes:

Dr A. Diemberger: Bergsteiger erschliessen den Hindukusch. Annuaire de l' ÖAV, vol. 90, 1965, p. 164-186.Dietrich Hasse: Hindukusch... ÖAZ 1341, mai/juin 1965, p. 69-79. Avec bibliographie et esquisse orographique.Voir aussi ÖAZ 1343, p. 129/130,130-139,140.ÖAZ 1344, p. 153-157.ÖAZ 1345,p.2-13.AAJ 1966, p. 196 à 208. ÖAZ 1348, p. 79-81.

29° Complément pour 1964. L' expédition italienne « SUÇAI », que dirigeait C. A. Pinelli, ne se contenta pas d' escalader six ou sept « 5000 », mais apporta d' importantes corrections à la carte du Swat-Kohistan.

30° Complément pour 1964. L' expédition de Cambridge au Chitral conduite par M.W. H. Day conquit six « 5000 », dont le Mankial ( 5715 m ) sur le plateau de Siri-Dara. Elle rapporta aussi une esquisse orographique de ce massif.

31° S. Rausch dirigeait l' expédition allemande au Chitral, 1965, qui n' obtint pas l' autorisation de visiter le massif de Tirich et dut se contenter de quelques « 5000 » dans la chaîne de Siri-Dara.

32° Une expédition italienne de neuf hommes de la ville de Teramo, sous la conduite de C. A. Pinelli, fit en 1965 un travail géographique et alpin dans le Hinduraj, à la frontière entre le Chitral et Gilgit, dans la région des vallées de Yarkhun et de Maragram. Ils réussirent en août la première du Wasam Zom ( 6150 m ) et celle du « Picco Città di Teramo » ( 6050 m ). La guerre entre le Pakistan et l' Inde leur apporta de grands désagréments.

33° Le « Voyage autrichien d' exploration dans 1' Hindukush, 1965 » eut pour résultats les premières ascensions du sommet E du Ghul-Lasht-Zom ( 6611 m ) et de son sommet principal ( 6665 m ), celle du sommet N du Tirich ( 7056 m ), et une reconnaissance géologique de Mme Dr Maria Antonia Diemberger. Les grimpeurs étaient Kurt Diemberger, chef d' expédition, Herwig Handler et Franz Lindner.

34° Une équipe combinée, de Salzburg ( ÖAV ) et de Meran ( AVS ), réussit la première ascension du Darban Zom ( environ 7220 m ), dont le sommet fut atteint par M. Schmuck et U. Kössler. Trois 6000 furent aussi conquis, dont le difficile Udren-Darban-Zom ( 6370 m ) qui fut gravi par D. Drescher et H. Larcher, de Meran.

35° Deux groupes parcouraient le massif de Buni-Zom, au Chitral, en 1965. L' expédition de Steir, formée des couples Gruber et Gamerith, de Hans Schell et de N. Zernig, gravit le sommet N du Buni-Zom ( 6338 m ). Sur le plan géographique, un important panorama de la chaîne frontière put être pris depuis le « Panorama-Peak ».

36° L' expédition de la section de Munich du DAV, conduite par Horst Schürer, réussit les ascensions du Buni 11(6120 m ) et du Gordoghan Zorn ( 6220 m ), et prit par la même occasion des photos intéressantes en direction du SE.

37° M. Keierleber et les Amis de la nature allemands travaillèrent sur sol afghan dans la chaîne principale qui sépare Munjan du Nuristan. Le groupe réussit les premières de deux « 6000 » ( P. 6121 m et P. 6010 m ) et de treize « 5000 ».

38° J. Wedderburn mena une expédition écossaise dans le fond de la vallée de Bashgal. Ils répétèrent les ascensions du Sheasgaish ( 6090 m ) et du Koh-i-Chrebek ( 6250 m environ ), mais par de nouveaux itinéraires. Le sommet N du Koh-i-Marchech ( 6000 m environ ) et plusieurs « 5000 et 4000 » furent aussi gravis.

Le massif du Koh-i-Bandakâ ( 6843 m, nouvelle cote ), déjà assez bien connu, fut la consolation de groupes qui ne purent obtenir la permission de visiter le Wakhan qu' ils convoitaient.

39° J. Seitner et une équipe d' Eisenerz fit la conquête de ce qui doit être les deux derniers « 6000 » de la région - les P. 6130 et 6010 m environ.

40° Un groupe de Turin, conduit par R. Varvelli, réussit le Koh-i-Bandakâ par un nouvel itinéraire dans la face nord, où A. Mellano et R. Perego durent bivouaquer à 6200 m. C' était la quatrième ascension de ce beau sommet. De plus, tous les participants gravirent un petit « 6000 » qui fut baptisé « Città di Torino » ( 6110 m environ ).

41° Une expédition britannique en Afghanistan, dirigée par A. Allan ( Royal Geographic Society ), perdit un participant, John Wilson, tombé dans une crevasse. Une tentative à l' arête sud du sommet principal du Bandakâ échoua, mais deux petits sommets dans le massif du Munjan furent réussis. Le Koh-i-Wihge mesure juste 6000 m.

42° Une expédition américaine avec Robin Hartshorne parcourut aussi cette région fréquentée du Bandakâ ( aussi écrit Bandako, Bandakoh et Bandakor ). Le Koh-e-Kâ-Safed ( 6192 m ), dont les hommes de Garmisch-Partenkirchen avaient fait la première ascension en 1963, fut gravi le 12 août 1965.

43° Un groupe du Sierra Club, avec G. M. Stephenson, travailla dans le fond de la vallée de Pech ( Nuristan ) et gravit cinq « 5000 ».

44° Le Dr E. Grötzbach fit un voyage purement scientifique dans la région des Cols de Salang et de Chonduk.

45° Dans le massif de Munjan, une expédition japonaise de l' Université d' Ohita, menée par M. Yano, répéta les ascensions du Koh-i-Mondi ( 6234 m ) et du Koh-i-Jumi ( 6020 m ), faites en 1962 par une équipe de Bamberg.

46° Heinrich Dauer et l'« Expédition Kabul-Hindukush, 1965 » gravirent de nombreux « 5000 » dans la région de Zebak, puis au nord du col de Ramgul.

Il y eut en 1965 une vraie foule dans le Panjir, autour du Mir Samir, qui ne cote plus que 5809 m d' après une nouvelle mesure, et qu' un groupe de Nuremberg avait déjà gravi en 1959.

47° Un groupe de Rosenheim s' y trouvait avec Roderich Ther, ainsi que 48° une équipe de l' Université de Newcastle-on-Tyne avec A.J.ames, et 49° un groupe japonais de l' Université de Tohoku Gakuin, puis l' expédition d' Ohita déjà mentionnée sous 45, et enfin 50° l' équipe de l' Université de Hitotsubashi, dirigée par Jiro Amari, dont l' intention première était de se rendre au Karakorum. Cette dernière équipe est la seule qui réussit au Mir Samir, dont elle fit la seconde ascension par une nouvelle voie difficile.

51° L'«Expédition tchécoslovaque à l' Hindukush, 1965 » eut la surprise d' être la seule à obtenir une autorisation pour le Wakhan. Elle comprenait treize grimpeurs sous la direction de Vladimir Sedivy. Son centre fut la vallée d' Ishmara ( ou Ishmurch ). Sept « 6000 » furent gravis, dont le Kuh-e-Hevad ( 6849 m ), et dix « 5000 ». Un beau succès! Mais n' oublions pas que, dans les régions facilement accessibles de l' Hindukush, l' encombrement a déjà montré des signes qui font réfléchir.

( Traduit de l' allemand par Pierre Vittoz )

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