Course de la section Raetia à 1a Sulzfluh en 1864

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Avec 3 illustrations ( n< " 110—112).Par Chs. Eggerling.

Celui qui, parvenu au sommet d' une montagne du centre des Grisons, tourne ses regards vers le nord et le nord-est, est inévitablement frappé à la vue des parois rocheuses, dolomitiques qui, là, protègent nos frontières nationales. Entre le Prältigau et 1a vallée de Montavon — aujourd'hui rattachée à l' Allemagne — se dresse la chaîne du Raetikon avec ses rochers calcaires verticaux qui dominent la région. Et, dans ce ::nassif, c' est la Sulzfluh qui occupe une des premières places.

La montagne invite à l' ascension, et les cavernes bien connues, sur le versant sud-est de ce colosse rocheux, cavernes qui s' enfoncent jusqu' à 200 m. à l' intérieur de la montagne, offrent un attrait de plus pour le visiteur.

Aussi n' y a-t-il rien détonnant à ce que la section Rsetia du C.A.S. ait choisi cette sommité comme but de sa première grande course officielle. La section fut fondée en janvier 1864, une des premières du C.A.S., et en septembre de la même année déjà cette entreprise fut réalisée x ).

13 membres de la section Rœtia y prirent part, plus un membre de la section « St-Gall », un de la section « Zurich » et 6 non-membres. Même un chien fut de la partie et divertit beaucoup la petite caravane qui le qualifia de « canis glacialis ».

Vu les moyens de communication de l' époque, cette course prit l' enver d' une véritable expédition. Les participants à cette sortie, qui peut être considérée comme une des premières grandes courses olficielles du C.A.S., étaient si enthousiastes que le rapport de course fut immédiatement imprimé sous la forme d' une brochure de 136 pages avec adjonction d' une carte2 ). Cette interessante brochure, assaisonnée d' une bonne dose d' humour alpiniste, vaut la peine d' être lue aujourd hui encore; elle est Mila ,.ta.

de l' Engadine, avec décorations en sgraffites ut peinture. Au milieu: entrée de la maison. En contrebas, à gauche: entrée de l' écurie. Balcon au Fronton, de dato plus récente et qui, malheureusement, défigure plutôt la construction.

Fenêtre en saillie et fenêtre grillée

Petite fenêtre en saillie; en-dessous fenêtre grillée dans une grande surface murale blanche. Style typique de I' E: sérieux et badin en même temps.

Fenêtre en saillie ornée de fleurs

Fernétte en saillie fleurie. Très gracieux tout en étant de style primitif. Lβ vert pâle et le rouge éclatant des oeillets sur Iβ fond blanc constituent un contraste extrêmement riche.

Orell Füssli Arts Graphiques S.A.Z.urich 107/108/109 - Photos A. Pedrett, St. Moritz Die Alpen - 1943 - Les Alpes trop peu connue. H. Szadrowsky ( le premier secrétaire de la section ) y décrit la partie touristique; J. Coaz, président de la section et, plus tard, inspecteur général des forêts, rapporte sur la visite des cavernes et fait un croquis de la topographie et de l' histoire de St-Antönien; le Dr E. Killias donne le résultat de ses investigations sur la composition du sol de la Seehöhle ( caverne du lac ), tandis que le Prof. Dr G. Theobald contribue au rapport par ses observations géologiques et botaniques et le Dr G. Am Stein par des indications zoologiques.

On partit de Coire le 9 septembre à 8 heures du matin. Le voyage s' effectua par chemin de fer jusqu' à Landquart, de là par char jusqu' à Küblis, puis avec des chevaux de somme, enfin à pied jusqu' à St-Antönien. Pour finir on se trompa de chemin, contretemps qui n' altéra en rien la bonne humeur. Sous la conduite de deux indigènes l' alpe Partnun put être atteinte alors qu' il faisait nuit noire.

Toutefois, avant d' aller s' étendre dans le foin pour la nuit, quelques joyeux compagnons firent honneur à un petit fût de vin et, pour amadouer leurs consciences d' alpinistes, ils burent ce vin dans des bols à lait. Le lendemain ils déclarèrent aux autres camarades que, le 9 septembre, le lait de Partnunalp était rouge!

Suivons maintenant, en l' abrégeant, la teneur du rapport Szadrowsky:

« Le 10 septembre 1864, alors que l' aube commençait à poindre entre les poutraisons du fenil, Flutsch ( le guide ) frappait déjà bruyamment à la porte du chalet en criant: ,Use ,'s ischt Zytdebout, c' est l' heure !) Aussitôt il y eut un remous dans le foin, et le premier travail clubistique de cette journée pleine de promesses fut de bâiller et de s' étirer.

Finalement on se mit en route. Seuls les sommets lointains des montagnes de Davos commençaient à se décorer du rose tendre de l' aube. Petit à petit, le jour se dégagea des ombres de la nuit et fit apparaître comme des fantômes les parties rocheuses des divers massifs, on l' eau avait creusé de nombreux sillons et qui offrent des formations étranges. La pointe grise de la Sulzfluh dresse à gauche sa structure massive et escarpée, d' un aspect terriblement abrupt, escarpé et inaccessible. Plus d' un des nôtres lève ses regards interrogateurs vers ces parois lisses, cherchant à distinguer la direction qui devait nous mener à la cime, but de la journée. Arrivés au lac de Partnun, alors que le jour régnait en maître, nos yeux purent découvrir, à l' est de la Sulzfluh, une arête par laquelle nous pouvions sans danger poursuivre notre route.

Par groupes nous montâmes d' abord par un sol marécageux, puis sur de petits éboulis, chacun cherchant sa voie, l' un ici, l' autre là. Puis nous nous dirigeâmes tout droit vers la cime, traversâmes un pierrier raide mais court, grimpâmes sur une paroi rocheuse qui présentait néanmoins partout des marches sûres et arrivâmes sur un plateau orné de quelques traces de végétation. Tout autour c' était la haute montagne. Au midi, la chaîne du Julier s' étalait resplendissante.

Du plateau un pierrier pénible et en partie escarpé nous conduisit dans une tombe d' où nous montâmes vers un col qui tombe à pic du côté de la Sulz- Die Alpen - 1943 - Les Alpes.20 x r' V.,.

COURSE DE LA SECTION RiETIA A LA SULZFLUH EN 1864.

fluh. Une partie de nos compagnons nous avait devancés sans faire de halte. Nous pouvions déjà les voir sur le col, bien haut, grimpant, tandis que ceux qui avaient fait une sieste sur le plateau attaquaient seulement la combe. Sans nous hâter nous les suivons et, arrivés au col, abordons le petit glacier descendant de la Sulzfluh en pente modérée. A ce moment nous sommes acclamés par le gros de la troupe déjà arrive au sommet Nous traversons le glacier recouvert d' une légère couche de neige et foulons enfin la cime: 2842 m. * ). Il était 9 heures du matin. Une radieuse journée ensoleillée couronna notre excursion.

Tout autour de nous, dans une quiétude majestueuse, étincelait le monde alpestre avec ses pics bleuâtres et ses névés lumineux. Un panorama sans nuages s' offrait à nos regards, de l' est lointain jusqu' à une grande distance à l' ouest — une longue ligne s' étendant sur des milliers de pics entrecoupés de vallées profondes à ramifications multiples et sur des groupes puissants que dominaient quelques cimes.

Alors, une vie particulièrement animée se manifesta sur notre sommet: les uns, sous la direction de notre eminent géologue Theobald, se mirent à la recherche de pierres et firent une bonne moisson de coquilles fossiles, notamment de belles agaricites; le président dessina quelques groupes de montagnes; une autre bande se divertit en lançant des pierres sur une bouteille vide placée sur le vieux « steinmann »; enfin, de nos plus belles voix nous entonnâmes nos chants populaires les plus vibrants. Le sérieux et le plaisant alternaient. Un long silence succéda à nos derniers accents.

L' ancien « steinmann » était petit et insignifiant et, de plus, situé sur la pente méridionale, mais non sur le point le plus élevé du sommet qui formait plateau. Nous en érigeâmes un grand sur la hauteur et l' ornâmes d' une bouteille dans laquelle la section Raetia C.A.S. enferma un document portant les noms de tous les participants à cette course.

A 11 h. 30 nous fîmes nos adieux à la cime par un Hallo' retentissant au loin, ainsi que le font les alpinistes, puis prîmes le chemin du retour pour aller visiter les grottes en passant. Une délicieuse glissade sur le glacier, puis une descente à gauche sur le dos plutôt large de la montagne, nous permirent d' arriver, en passant par des terrasses escarpées mais sans danger, à la paroi sud-est du massif de la Sulzfluh au-dessus de la combe appelée ,in den Gruben' où se trouvent les cavernes. Ce jour-là il fallut nous contenter d' une visite superficielle; l' exploration des cavernes constituait notre tâche du lendemain.

Ici la compagnie se dispersa: six d' entre nous descendirent directement sur Küblis, cinq autres se rendirent par le col à la vallée de Montavon et le reste passa encore une nuit sur l' alpe Partnun, afin de pouvoir visiter les grottes plus en détail le lendemain.

Le dimanche matin à 6 heures ( le 11 septembre 1864 ) la compagnie se remit en marche pour remonter à la haute vallée de Gruben, explorer et arpenter les grottes. Le soir à 7 heures, elle arriva par Luzein à Kûblis, portant des traces visibles du travail de la journée! L' expédition prit ainsi fin. De Küblis l' omnibus nous amena à Landquart où nous apprîmes que ceux de Montavon avaient déjà passé à 8 heures. A 11 heures du soir, le train nous déposa à Coire par une pluie fort malencontreuse. » Telle fut la première course officielle d' une certaine envergure, entreprise par la section Raetia et probablement aussi une des premières courses en commun du C.A.S.

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