De Münster à Blatten à ski de fond

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Georges Gauthier, Thonon

Illustrations 122-125 Vendredi 2juin igj8, 5 heures de l' après Ça y est, nous sommes prêts. La voiture de Patrick nous emmène vers le Haut-Valais, plus précisément à destination du pittoresque village de Münster. Nous y sommes vers 8 heures. Nous montons la tente et prenons un rapide souper.

Le torrent de Minstiger qui roule tout près ses grosses eaux de printemps nous servira de berceuse pour cette nuit.

Jeudi 3 juin, 4 heures Je me lève pour faire chauffer l' eau du petit déjeuner. Quelques gros nuages courent dans un ciel qui commence à s' éclairer. Patrick, à son tour, sort de la tente.

- Tu crois que nous serons à Blatten cet après-midi? demande Patrick.

- Pourquoi pas? tu sais, j' avais prévu la traversée en deux étapes lorsque nous étions cinq, mais on doit pouvoir traverser dans la journée, surtout avec les conditions d' enneigement de cette année.

Il est 4 h 30 quand nous attaquons la montée de la Galmihornhütte, dans nos sacs seulement le strict nécessaire.

Nous trouvons rapidement le bon rythme. Décidément elles sont plaisantes, ces chaussures de fond pour marcher sous les mélèzes et les sapins, skis sur l' épaule! Nous chaussons les skis à la sortie du bois. En un peu plus d' une heure nous atteignons la Galmihornhütte, merveilleux balcon sur la vallée du Rhône et ses pittoresques villages aux chalets serrés les uns contre les autres.

La montée se poursuit sur une neige transformée qui porte merveilleusement. Sous les peaux autocollantes, ça crisse, mais ça tient bon. Nous passons le petit col ( 2657 m ) immédiatement à l' est du Gross Chastelhorn ( 2842 m ), et nous voici déjà sur le dôme de la Heizwächte ( 3086 m ). Légère descente sur le Minstigerglet-scher.

Galmilücke ( 3293 m ), ça fait un peu plus de trois heures que nous sommes partir de Münster. Nous vidons la gourde, léger casse-croûte. Un petit vent du nord nous oblige à ne pas nous attarder ici.

Pas la peine de déchausser pour enlever les peaux, il suffit de soulever le talon du ski et de tirer un coup sec sur les autocollantes. Prêts pour la descente. La première partie du Galmigletscher ( neige dure ) fatigue quelque peu les mollets, mais ensuite nous pouvons nous livrer à une belle série de virages sur une neige qui commence à ramollir en surface.

Nous voici sur le glacier de Fiesch. Le soleil se fait de plus en plus chaud, ça va bronzer! Il faut remettre les peaux et traverser en oblique vers le nord-ouest le glacier pour atteindre la Grünhornlücke ( 3286 m ).

La descente sur la Konkordiaplatz sera un vrai régal grâce aux talonnières de notre ami Michel. Nous enchaînons une série de virages en godille. Un groupe de skieurs, venus du Jungfraujoch, est tout étonné de ce qu' on peut faire avec des skis de fond.

Il est 1 o h 30. Nous sommes en avance sur l' ho prévu. Nous nous étendons sur des blocs tombés du versant tout proche du Grünegg. Avec le réchaud à meta nous faisons fondre la neige, car il faut boire pour récupérer. Une heure de repos, et nous voilà tout « ragaillardis ».

Des nuées de skieurs descendent du Jungfraujoch et remontent péniblement l' interminable Aletschfirn en direction de la Lötschenlücke. Pour nous c' est le terrain idéal; en septante-cinq minutes, nous atteignons notre troisième col de la journée. Au-dessus de nous l' immense muraille glaciaire de l' Aletschhorn ( 4195 m ). Nous retirons les peaux pour la dernière fois.

Nous attaquons la descente sur le Langgletscher. Les meilleures choses ont, hélas! une fin: la neige ramollie par un chaud soleil est complètement pourrie. Il faut descendre en « sorcière »: expression qui désigne un skieur, sac au dos, descendant tout droit assis sur ses bâtons et fesses au ras de la neige. Essayez, vous verrez, c' est « fumant » et très efficace!

Nous voilà au bas du glacier. D' énormes avalanches sont descendues des flancs nord du Breithorn du Lötschental qu' il nous faut contourner. Nous repartons en « pas alternatifs ». La vallée est maintenant presque plate, coupée par de légères montées et descentes. Quel plaisir d' être à ski de fond!

A 2 h 30, nous sommes à Blatten. Il nous aura fallu dix heures ( haltes comprises ) pour traverser l' Oberland d' est en ouest.

Le car postal est là qui attend pour nous emmener à Goppenstein, puis le train ( BLS ) jusqu' à Brigue. Il y a trois quarts d' heure d' at pour le petit train du Val de Conches qui doit me ramener à Münster, car il faut bien aller récupérer notre voiture.

A 9 heures nous sommes de retour à Thonon. Voilà la maison, la salle de bain, faudrait y aller... mais je dors déjàNous tirons de cette traversée deux conclusions:

1. Il est possible d' utiliser du matériel de fond en terrain alpin, à condition de choisir correctement I' itinéraire ( la traversée Münster—Blatten est idéale ).

2. Il faut faire du ski utilitaire: en randonnée à ski de fond, l' essentiel est d' être efficace. Dans la neige transformée, c' est vraiment un grand plaisir que de passer avec des ailes d' un vallon à un autre, de glacier en glacier.

Retrouver l' essence même du ski, le ski « moyen de balade » c' est quand même bon. Avec le matériel du fondeur, nous sentons un autre plaisir: celui d' être en forme, d' avoir un bon rendement, de gravir sept cents mètres à l' heure sans être « à fond », tout en jouissant au maximum du paysage. Alors, nous recommencerons...

( gekürzt )

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