Deux nouvelles ascensions dans le massif de Trélatête

Hinweis: Dieser Artikel ist nur in einer Sprache verfügbar. In der Vergangenheit wurden die Jahresbücher nicht übersetzt.

Par Robert Gréloz.

Le massif de Trélatête, et tout particulièrement son versant français, a toujours été et continue à être délaissé de la plupart des alpinistes. Seuls les Dômes de Miage et l' Aiguille de la Bérangère connaissent une certaine vogue en attirant une clientèle spéciale de gens avides de connaître et de contempler la « grande montagne », sans devoir lui consacrer le temps et la peine que le plus souvent elle exige.

L' Aiguille des Glaciers a bien aussi quelques visiteurs par son interminable arête sud-ouest, mais ce n' est pas l' affluence. Quant aux Aiguilles de Trélatête, leur éloignement de l' hôtel les raye à peu près de la liste des courses classiques, seuls la Tête Carrée et le sommet nord doivent à la proximité du Col Infranchissable de connaître quelque faveur.

Je crois voir dans l' abandon de ce massif plusieurs raisons. D' abord celle d' un départ à basse altitude ( 1970 m .) d' un hôtel plutôt que d' un refuge où les alpinistes peuvent se sentir dépaysés au contact des estivants de la région. Une autre raison est l' éloignement des stations de la vallée — Saint-Gervais et les Contamines — de Chamonix qui est, en somme, considéré comme l' unique centre alpin de la région. Une troisième raison, qui est généralement celle invoquée dans les milieux alpins, est que les ascensions possibles dans ce massif ne sont pas d' un ordre assez relevé.

A cette dernière raison il faut, à mon avis, faire la part au snobisme qui pousse les grimpeurs vers d' autres cimes plus réputées, mais qui sont souvent loin d' atteindre à la grandeur et à la beauté que l'on éprouve sur les arêtes de Trélatête, face à l' énorme Mont Blanc italien.

II vaut peut-être mieux qu' il en soit ainsi et qu' il reste, par-ci, par-là, quelques recoins ignorés de la plupart, les quelques amateurs mesurant encore mieux la valeur du privilège de leur solitude.

Je donnerai ici la relation de deux nouveaux itinéraires effectués l' un à l' Aiguille des Glaciers, l' autre à l' Aiguille de Trélatête.

Aiguille des Glaciers ( 3815 m. ).

Nouvelle voie d' ascension dans le versant ouest.

Le versant nord-ouest de l' Aiguille des Glaciers est le versant français de la montagne, c'est-à-dire celui qui domine le Glacier de Trélatête. Quatre itinéraires y étaient déjà tracés.

1° Voie normale:

Ce parcours comporte la montée au Col des Glaciers et celle de la large arête sud-ouest. Il fut ouvert le 18 juillet 1900 par MM. Samuel Miney, Emile Dunand, Charles Fontannaz, F. Gény, Alfred Archinard et Charles Montandon.

2° Première côte rocheuse.

Cet itinéraire utilise le parcours d' une côte rocheuse ouest qui rejoint l' itinéraire précédent à mi-parcours de l' arête sud-ouest. Il fut suivi pour la première fois le 12 juillet 1921 par MM. R. Bicknell, C. A. Elliott, H. E. L. Porter et L. G. Shadbolt.

3° Deuxième côte rocheuse.

Cette voie est la plus directe depuis Trélatête. Elle consiste à remonter la grande côte ouest qui aboutit près de l' extrémité de la longue arête sud-ouest, tout près de la cuvette neigeuse située à la base de l' édifice terminal de l' Aiguille. Elle fut inaugurée le 27 août 1926 par MM. Henry Brégeault et R. Herzog.

4° Paroi glaciaire nord-ouest.

Parcours entièrement glaciaire jusqu' à la base des derniers rochers du sommet, il remonte le glacier resserré entre la côte décrite sous 3 — et l' arête ouest de la Lex Blanche. C' est le 15 août 1929 qu' avec mes amis André Roch et Hubert Martin, nous étions montés à l' Aiguille des Glaciers par cette voie.

Une importante partie de ce versant comprise entre les côtes décrites sous 2 et 3 pouvait encore, à mon sens, donner lieu à un nouveau projet d' ascension.

En effet, entre ces deux côtes, un glacier tributaire très crevasse et coupé de séracs s' élève jusqu' à l' altitude de 3000 mètres environ. De l' ex de ce glacier une paroi rocheuse orientée à l' ouest, sillonnée de petits couloirs, aboutit à l' arête sud-ouest. Un itinéraire direct pouvait ainsi être Die Alpen — 1939 — Les Alpes.G OUCST de l/liguille des GLACIERS .5615 "

envisagé en remontant entièrement le petit glacier et en continuant au mieux dans la paroi rocheuse.

Le 15 juillet nous montons au Pavillon de Trélatête. La pluie y arrive avec nous, et elle n' aura de cesse jusqu' au lendemain matin où, très dépités, nous partons à 9 h. 30 en direction du glacier.

Comme d' épais nuages assombrissent encore le ciel, nous cheminons sans but précis, et surtout sans aucune illusion quant au temps probable.

A l' approche de midi, alors que nous sommes au grand tournant du glacier, sur le replat de Trélagrande, nous allumons notre réchaud et préparons notre déjeuner. La pluie qui se met alors à tomber nous enlèverait nos dernières illusions si nous en avions encore. Nous l' accueillons au contraire en fatalistes avec une bonne humeur qui dissimule pas mal de dépit.

Cette petite pluie sera le signal du beau temps, car, sitôt après notre repas, le soleil se met à battre en brèche les épais nuages qui le masquaient.

Il n' en faut pas davantage pour nous rappeler la cause de notre présence en ces lieux. Bien que l' heure tardive, la neige fraîche accumulée par le mauvais temps et la chaleur solaire qui allait inévitablement la précipiter en avalanches, dussent arrêter notre désir, notre déception d' être pour la seconde fois à pied d' œuvre provoque en nous un sentiment de révolte contre toutes ces conditions qui commandaient cependant une nouvelle retraite. Il me revient en mémoire une réussite dans des conditions analogues à l' Aiguille de l' Eboulement, je suppose que les avalanches dans cette paroi aujourd'hui enneigée ne seront aussi que de petites coulées sans conséquences. L' heure tardive, 12 h. 30, n' est pas même un obstacle, car nous avons dans nos sacs un matériel léger pour bivouac. Je me persuade ainsi que la chose est possible, et alors que la sagesse et l' expérience eussent dû me retenir, nous montons en direction du petit glacier qui constitue la première partie de notre projet. Sans trouver là une excuse à ce que je considère comme une faute, je dois dire que, durant chaque week-end depuis le début de la saison, nous étions voués à l' insuccès à cause du temps déplorable et qu' il nous tardait d' enfin passer à l' action.

Nous remontons donc les pentes du Glacier de Trélatête sur sa rive gauche, en nous dirigeant vers les contreforts de l' arête « Brégeault ». Nous gravissons même quelques rochers d' un rognon rocheux avance qui nous donne accès au glacier tributaire par sa rive droite. Il pourrait paraître étrange que nous ayons abordé ce petit glacier en faisant un tel détour; nous aurions pu, en effet, l' aborder directement par sa rive gauche, mais quelques séracs menaçants de ce côté nous firent préférer la route suivie.

Sur le petit glacier nous progressons dans une neige fondante bien tassée avec beaucoup de facilité sans recourir à l' aide des crampons. Dans la rapide pente de la partie étranglée du glacier nous sommes surpris par une première avalanche qui achève, au ralenti, sa course dans une crevasse qui nous précède. Devant son caractère inoffensif nous continuons, persuadés que toutes celles qui pourraient suivre ne seront pas plus méchantes. Immédiatement après, une, puis deux surviennent à notre droite provenant des pentes neigeuses de la côte de l' itinéraire décrit sous n° 2. Elles descendent en grondant, entraînant avec elles quelques pierres, mais fort heureusement de larges crevasses béantes, situées sur leur passage à la base des rochers, les absorbent entièrement.

Il nous faut cependant revenir sur la gauche du petit glacier, car c' est sur cette partie qu' il est le moins crevasse et que sa rimaye est la mieux franchissable.

Un sérac surplombant, étalé en longueur sur une trentaine de mètres, pourrait nous offrir une certaine sécurité pendant une partie de cette traversée. Pour y parvenir, nous avons à franchir un canal d' avalanches dans lequel nous n' en avons pas encore vu couler. Nous le franchissons en vitesse et allons nous hisser sur une tranche de glace à la base du gros sérac. A peine Duchosal a-t-il à son tour franchi le canal, que le grondement qui précède l' avalanche retentit et celle-ci remplit de ses flots impétueux le couloir, le faisant déborder sur plusieurs mètres. Malgré le tragique de la situation, nous ne pouvons nous empêcher de remarquer l' harmonieuse ondulation de ces flots de neige se précipitant à toute allure vers les régions inférieures.

Taillant au piolet la lame de glace sur laquelle nous chevauchons dans toutes sortes de craintes, nous parvenons à l' extrémité de la barre de séracs. Il s' agit maintenant de traverser découvert le glacier, buriné sur cette partie de plusieurs couloirs d' avalanches dont trois sont très importants. Notre objectif est une portion du glacier dont la surface ne paraît pas avoir encore été entamée par les avalanches.

Sitôt après une grosse coulée nous nous élançons, mais entre les deux derniers couloirs une avalanche dans chacun d' eux brise notre élan, nous mettant à l' arrêt, cramponnés à nos piolets enfoncés jusqu' à la garde. Mais, dociles dans leurs couloirs, les torrents de neige s' écouleront sans aucun dommage.

Une sorte d' éminence neigeuse, située un peu plus haut que notre arrêt force, mais toujours entre les deux couloirs, pourrait constituer un refuge. Nous y montons rapidement, nous sommes alors à cinquante mètres environ de la rimaye.

Comme pour éprouver la valeur de notre emplacement, une nouvelle et importante avalanche passe par-dessus la rimaye et se précipite dans notre axe, mais, comme prévu, elle se divise à quinze mètres de distance et s' écoule dans les couloirs qui bordent notre poste d' observation.

Nous allons maintenant assister à un spectacle extraordinaire. A la cadence de deux ou trois par cinq minutes, nous verrons se précipiter sur différents points de la rimaye toute une succession d' avalanches. Quelques-unes sont de peu d' importance, mais beaucoup sont de grande ampleur, une en particulier passe par-dessus le gros sérac et s' achève dans le bas du glacier. Toutes sont annoncées par un sifflement bien caractéristique provenant des. hauteurs, un nuage de poudre blanche nous en situe immédiatement l' origine, puis la cascade par-dessus la rimaye les ralentit un instant avant leur transformation en torrents impétueux dans les canaux que les premières ont creusés dans la surface du glacier.

Durant une heure et demie nous resterons sur notre « îlot ». Vers la fin de cette période la fréquence des avalanches ira en diminuant. Nous noterons à ce moment qu' elles tombent à la cadence de une par cinq minutes.

Notre intention est alors de parvenir à la rimaye qui nous offrirait un abri par le surplomb de sa lèvre supérieure, puis de passer par-dessus et, en traversant deux couloirs, gagner une crête rocheuse où nous serions définitivement hors d' atteinte.

Cinq minutes seront plus que suffisantes pour atteindre la rimaye. Sitôt l' avalanche passée, nous nous élançons à l' allure extrême que nous permettent les conditions d' équilibre Sous la rimaye, sans la voir, nous entendons l' avalanche qui dévale le couloir principal. Comme ce dernier est le seul passage pratique, nous l' utilisons à notre tour et, par-dessus la rimaye, nous courons vers les rochers sauveurs non sans nous être retournés pour assister à une nouvelle coulée qui fonte dans le canal que nous venons d' emprunter.

L' escalade des rochers nous repose de la tension nerveuse due à l' obser de ces incessantes avalanches. Le rocher est d' ailleurs, contrairement à ce que l'on pouvait supposer, de bonne qualité.

La crête se poursuit enneigée, avec quelques becs rocheux qui émergent tous les cinq à six mètres environ, jusqu' à un escarpement abrupt. A la base de celui-ci nous traversons un couloir pour atteindre sur la gauche une nouvelle côte rocheuse que nous suivons jusqu' à un autre gros escarpement de teinte rougeâtre.

L' escalade de l' escarpement nous étonne vraiment, tant elle est redressée, mais pourvue de solides prises sur un excellent rocher. La longueur de cette intéressante escalade est d' environ quarante mètres.

Au bout d' une longueur de corde et alors qu' il m' a rejoint sur des prises un peu étroites, Duchosal trouve plus aisé de continuer, lui-même en tête, l' escalade, ce qu' il fait avec une autorité qui fait plaisir à voir.

Du haut de cet escarpement, la montée se poursuit par une petite crête neigeuse avec quelques rochers qui en émergent. Nous avons alors immédiatement à notre gauche le couloir principal duquel partaient la plupart des avalanches, et qui à une heure plus propice aurait constitué un terrain d' ascen idéal. Nous le côtoyons sur son flanc rocheux de la rive gauche en utilisant parfois de larges parcelles neigeuses, puis dans une dernière escalade de rochers enneigés nous débouchons sur la grosse arête de l' itinéraire normal à environ cent mètres de sa jonction avec l' arête « Brégeault ».

Il est 19 h. 10. Nous nous délestons de nos sacs et allons accomplir le rite qui vent qu' une ascension, pour être réussie, se termine par le sommet Nous remontons la selle neigeuse, puis, par des rochers encore chauds du soleil de l' après, nous grimpons rapidement au sommet de l' Aiguille des Glaciers en prenant tout de même le temps de jeter quelques regards admiratifs sur les magnifiques versants sud des Aiguilles de Trélatête et du Mont Blanc.

A 21 heures nous sommes de retour à nos sacs et entreprenons aussitôt la descente le long de l' arête normale.

A 22 heures, alors que nous sommes non loin du Col des Glaciers et que nous descendons depuis quelque temps déjà dans l' obscurité, nous arrêtons là les frais de la journée. Nous nous établissons une couche de pierres plates et trouvons ainsi une bonne occasion d' expérimenter notre matériel de bivouac.

Et dans la matinée du lendemain nous descendrons tranquillement dans la vallée.

Horaire effectif:

Hôtel de Trélatc to 0h.

Base du glacier tributaire 2 h.

Attaque des rochers4 h. 30 Arête normale7 h.

Sommet 8 h.

Aiguille de Trélatête, sommet sud ( 3930 m. ).

Première ascension de la face sud.

Comme je l' ai déjà dit plus haut, l' éloignement des Aiguilles de Trélatête en fait un but peu recherché, aussi ne fallait-il pas s' étonner d' y trouver une vaste paroi non encore parcourue. En fait, le plus haut sommet du groupe ( sommet sud, 3930 m .) qui s' élève au-dessus du Glacier de la Lex Blanche, laissait une paroi vierge apparemment facile à défricher.

Cette paroi, ondulée de côtes rocheuses séparant d' étroits couloirs, enrobe dans sa moitié inférieure un important névé. C' est sans doute à ce névé, dont la consistance glacée durant la majeure partie de la saison peut en Col de Tn.

Versant SUD des Aiguilles de Trêlatête faire une chose rébarbative, que notre itinéraire n' ait pas encore été trace avant nous. Il apparaît cependant très elegant et surtout très logique pour ceux qui monteraient depuis la vallée italienne.

Pour nous, venant du versant français, l' arrivée à pied d' oeuvre était un peu longue. Il était nécessaire de remonter le Glacier de Trélatête, puis de gagner le Col de Trélatête et descendre en partie le Glacier de la Lex Blanche pour parvenir à la base de la paroi.

Comme le petit glacier qui donne accès au Col de Trélatête est réputé pour ses grosses difficultés, nous avons résolu de monter au point 3586 m. x ) où nous espérions bivouaquer afin d' être tôt dans la matinée à pied d' œuvre.

DEUX NOUVELLES ASCENSIONS DANS LE MASSIF DE TRÉLATÊTE.

C' est ainsi que, le 30 juillet 1938, nous montons dans la matinée au Pavillon de Trélatête, où l' heure de midi nous retient le temps nécessaire pour déjeûner. Nous en repartons à 14 heures sous un soleil torride.

L' attaque des pentes du point 3586 nous retarde beaucoup, car deux rimayes successives nous font perdre pas mal de temps. Comme, d' autre part, mon camarade Jean Duchosal est victime d' une indisposition, nous mettons pas mal de temps pour parvenir à l' arête faîtière non sans avoir essuyé une avalanche de pierres dont quelques-unes ensanglantèrent le front et les mains de mon ami.

A la nuit tombante nous arrivons au sommet du point 3586 m. Nous y sommes accueillis par un petit vent glacial. Nous descendons alors l' arête en direction du Col de Trélatête jusqu' à une petite dépression où quelques rochers vont nous permettre de nous installer pour passer la nuit.

Nous construisons rapidement une petite plateforme, puis après avoir absorbé un bouillon chaud et un « Nescafe » toujours plus apprécié, nous nous glissons dans nos moelleux sacs de couchage.

Ce bivouac à haute altitude sera pour nous une révélation, car, cette nuit-là, nous avions à notre disposition un matériel parfaitement étudié pour cet usage, tant au point de vue du poids que du confort. Nous aurons même de la peine à nous arracher, le jour venu, aux délices de notre couche.

Au petit jour, après avoir prépare un petit déjeûner sommaire, nous laissons à l' emplacement de bivouac à peu près tout notre matériel. Nous n' emportons que le strict nécessaire et descendons le Glacier de la Lex Blanche en direction de la paroi sud de l' Aiguille de Trélatête.

Parvenus dans l' axe de la paroi, nous abordons les rochers par l' extré d' une côte rocheuse. Au bout de quelques mètres, devant la résistance qu' offre une cheminée très ouverte, je me vois contraint de me défaire de mes crampons que j' avais cru bon de devoir conserver, et que Duchosal recueille à leur passage. Les rochers, sur la côte, devenant plus escarpés, nous sommes repoussés du côté est dans un couloir étroit encombré de pierres instables, mais dont l' escalade sur ses bords est assez facile.

En remontant ce couloir, nous aboutissons au névé encastré dans la paroi. D' abord en glace, il devient au bout de quelques mètres en neige gelée, parfaite pour la montée en crampons. Comme son inclinaison est plutôt modeste, 45 degrés au maximum, nous montons ensemble avec une aisance qui nous étonne.Vers le haut, alors qu' il se redresse légèrement, nous trouvons un peu de glace, mais pas au point de compromettre notre sécurité.

Comme nous ne sommes pas encore très entraînés pour la marche en crampons, c' est avec une vive satisfaction que nous les remisons à l' abord de la paroi rocheuse supérieure.

Le point d' attaque de cette paroi est l' extrémité d' une côte rocheuse qui aboutit à peu de distance à l' est du sommet.

La côte rocheuse nous offre maintenant une agréable escalade sur du rocher très solide. Elle se développe comme une crête sur laquelle nous grimpons sur son tranchant. Parfois très redressée, l' arête nous refoule sur son versant est où le rocher, toujours admirablement fissure, ne peut enrayer l' escalade.

Vers la partie supérieure, dans le but d' accéder directement au sommet, nous traversons à l' ouest l' extrémité d' un petit couloir afin de terminer notre ascension par une petite crête secondaire. Les derniers mètres s' ac dans une neige dure, propice à la taille, jusqu' à la corniche faîtière dans laquelle nous ouvrons une brèche pour nous hisser au point culminant.

L' arrivée au sommet est réellement surprenante par l' apparition du gigantesque versant sud-ouest du Mont Blanc. Duchosal qui l' entrevoit pour la première fois n' en croit pas ses yeux. Il est vrai que la limpidité de l' atmosphère de ce jour, l' heure encore matinale et quelques légers nuages lui confèrent un éclat tout particulier. A nos pieds la belle face nord de l' Aiguille de Trélatête tombe en cascade sur le Glacier de Miage italien.

Ce n' est qu' après une longue et admirative contemplation que nous songeons au retour.

Si nous n' avions pas le souvenir de notre belle escalade, l' Aiguille de Trélatête serait pour nous un souvenir de cauchemar, tant le retour effectué jusqu' au glacier par la voie normale de montée, dans un chaos de pierres branlantes se dérobant sous nos pas, fut pour nous le plus détestable des parcours.

De retour à l' emplacement de notre bivouac, nous décidons de parcourir toute l' arête de la Lex Blanche et de l' Aiguille des Glaciers.

Nous remontons donc à la Lex Blanche, puis, après être passés au Col de la Scie, admirable pour ses énormes corniches qui pendent sur l' Italie, nous traversons le Dôme de Neige de l' Aiguille des Glaciers. De là au Col des Glaciers et au Pavillon de Trélatête ce n' est plus qu' une longue et facile descente. La nuit nous surprend à notre arrivée dans la vallée.

Horaire:

Col de Trélatête, bivouac 5 h.

Base de la paroi5 h. 15 Sommet 8 h. 45 Sommet, départ9 h. 30 Col de Trélatête13 h.

Col de Trélatête, départ14 h.

Aiguille de la Lex Blanche15 h.

Dôme de Neige16 h.

Col des Glaciers17 h. 45 Pavillon de Trélatête19 h. 45

Feedback