Eperon E der Kleinen Lauteraarhörner

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Formée de trois sommets dont le plus septentrional est le plus élevé, cette montagne est rarement visitée. Un éperon de 700 m de dénivellation vient mourir dans le glacier de Lauteraar. C' était une voie élégante restée vierge.Vue du glacier, la partie supérieure de l' éperon présente de beaux élancements. Nous avions installé un bivouac dans la partie supérieure du glacier de Lauteraar près de Mieselen et avons goûté dans cette région trois jours de solitude absolue. Partis à 4 h. du matin nous essayons de joindre le P 3033, base de l' éperon. D' importantes crevasses nous obligent à faire des détours inattendus ce qui fait qu' il est déjà plus de 7 h. lorsque nous atteignons le point d' attaque de l' éperon. Celui-ci est partagé en deux zones: la moitié inférieure facile, formée de rochers brisés, bute bientôt contre plusieurs ressauts massifs. Ayant découvert plusieurs fours à cristaux nous consacrons bien du temps à récolter de beaux exemplaires. La suite de l' escalade est maintenant difficile avec des passages de l' ordre du 4+. Il faut s' efforcer de suivre le plus possible l' arête et éviter de se laisser rejeter dans la face de droite ( N ) où le rocher est particulièrement instable. L' éperon lui-même est forme de très bon gneiss où la varappe est très belle. Une description de l' itinéraire ne peut pas être donnée en détail. Il existe plusieurs itinéraires, celui de la ligne de faîte est le plus difficile. Le sommet est atteint à 7 h. du soir. Plusieurs pitons ont été utilisés pour l' assurage. Nous redescendons rapidement en varappe libre en une heure au Klein Lauteraarjoch par l' arête NW. Le Guide des Alpes bernoises, vol. V, estime cette arête par endroits très difficile. Etant descendus tous les obstacles en varappe libre, nous estimons qu' elle est tout au plus difficile.

Il s' agit maintenant de rejoindre le glacier de Lauteraar par le couloir de glace qui dévale sous nos pieds ( versant E ).

Le Guide des Alpes bernoises, vol. V, décrit cette voie sous le n° 68, bien qu' elle n' ait pas été parcourue! Le Guide prétend que la montée ne doit pas être difficile avec une raideur de 45° et une différence de niveau de 400 m. Si la différence de niveau s' est révélée juste, l' inclinaison par contre dépasse 52° dans le haut pour se maintenir ensuite à 50°. Ce qui est plus grave, c' est que ce chenal de glace est exposé aux chutes de pierres et que le guide n' en fait pas mention. Il est certainement préférable de décrire un itinéraire lorsqu' il a été parcouru! Nous disposons encore d' une heure de jour lorsque nous préparons notre matériel pour la descente de la pente de glace. Un petit sérac menaçant domine le couloir. Nous pensons être au bas au bout de deux heures. Nous y passerons cependant toute la nuit. Nous nous trouvons au milieu du couloir lorsque la nuit est complète. La pleine lune cependant commence à se lever et la lumière qu' elle répand nous aidera à terminer la descente. Nous nous trouvons échelonnés sur une distance de 60 m lorsqu' un ronflement annonce une chute de pierres. Adrien et Rose Voillat qui se trouvent en position supérieure et inférieure ne sont pas atteints tandis que moi qui suis en train de faire le rappel me vois arracher mon piolet par une pierre et mon bonnet par une autre, qui me cause à la tête une blessure saignant abondamment. Quelque peu ébranlé je termine le rappel. Un temps de récupération est nécessaire et Adrien se charge seul de tous les travaux de descente. Il est 1 h. ¼ lorsque la lune qui a tourné l' éperon E laisse le couloir dans la nuit. La lampe de poche ne permet pas de distinguer le meilleur passage de la rimaie et nous décidons de bivouaquer à l' abri relatif d' un bloc rocheux, debout dans des marches taillées dans la glace. Le bivouac n' est pas pénible et lorsque le jour paraît nous repérons un passage facile mais très exposé aux chutes de pierres qui se suivent allègrement. La base du couloir est parsemée de projectiles, ce que nous ne pouvions pas distinguer d' en haut le soir précédent. Le piolet est récupéré et nous quittons rapidement ces lieux meurtriers. Nous sommes bien aise de nous en être tirés à bon compte et passons une journée au bivouac à récupérer.

Maurice Brandt, Adrien Voillat, Rose Voillat le 22/23 juillet 1959.

Pointe S de Moming, paroi N 1 " ascension, 1 " descente Cette paroi était la dernière non parcourue du cirque d' Arpitetta. Nous partons à 4 h. de la cabane Mountet, montons à l' Epaule du Rothorn et descendons la vaste vire glaciaire qui se trouve au pied des deux Pointes de Moming. Parvenus au pied de la paroi à 9 h. nous visons le gendarme à droite du sommet. D' emblée nous constatons que toute la paroi est de glace et présumons une course longue. En fait nous toucherons le haut à 6 h. du soir après avoir assuré chaque longueur de corde sur piton à glace. Le rocher apparent complique encore le travail. C' est la seule paroi que nous ayons parcourue en assurant par piton d' un bout à l' autre. L' inclinaison est de 56° sur toute la hauteur. L' orage menace, de tous côtés il commence à neigeotter. Nous redescendons un bout l' arête SW avant d' installer le premier rappel autour d' un bloc. La nuit et un brouillard opaque se sont installés lorsque nous avons passé la rimaie. Nous avons quelque peine à retrouver nos traces du matin que nous suivons à l' envers. Nous passons l' Epaule et descendons à la lampe de poche l' arête du Blanc enneigée. Le temps se lève bientôt, mais toute la nuit les éclairs nous accompagneront. Il est 2 h. ½ lorsque nous atteignons le Mountet après avoir pataugé dans une neige exécrable.

Maurice Brandt, Adrien Voillat, Rose Voillat, le 25 juillet 1959.

Cette course est la dernière d' Adrien Voillat qui trouvait la mort une semaine après dans les Calanques.

Les variations des glaciers suisses 1958

Errata 1° Page 231, ligne 26: lire amont au lieu de aval.

2° Page 235 bas de la page: Les diminutions de superficie de 796 et 15 756 mètres carrés se rapportent à la période 1957/58.

3° Page 236, lignes 15 et 16: lire Oberaar au lieu de Unteraar.

4° Page 236: Les enneigements alpins se rapportent à la période 1957/58.

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