Escalades de haute difficulté dans le calcaire glaronnais

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de haute difficulté dans

le calcaire glaronnais

Ernst Marti, Glaris

Eh oui! cela existe, des escalades de haut niveau dans les Alpes glaronnaises. Elles font plutôt figure de Cendrillon entre les Churfirsten, à l' est, et le paradis uranais des grimpeurs, à l' ouest. Si, chez nous, un itinéraire est parcouru plus d' une demi-douzaine de fois par an, c' est déjà beaucoup! Les varappes ici présentées tenteront donc moins les grimpeurs purement sportifs. Elles offriront plutôt à l' alpiniste de pointe et ami de la nature quelques belles expériences loin de l' agitation des itinéraires à la mode.

Le Brüggler, dans la vallée de Schwändi, est seul à connaître la grande affluence. Il est si connu qu' il est inutile de le présenter. Même en hiver, dans les belles journées, on se trouve rarement seul dans sa paroi ensoleillée. Mentionnons pourtant, comme possibilité de rechange, le chemin dit des « séparatistes » qui passe par une dalle lisse sous la tour faîtière et offre une intéressante escalade par adhérence ( V +, accès marqué en bleu ).

Du sommet du Brüggler, le regard se pose sur les parois et les arêtes abruptes du Bockmattli, l' El du grimpeur dans le Wägital. Je voudrais recommander ici l' excellent guide-manuel Bockmattli—Wägital dans lequel Christian Hauser décrit les itinéraires par le texte et l' image. Seules y manquent des voies ouvertes après la publication et qui dépassent le Vie degré.

On trouve également dans cet ouvrage les itinéraires de la paroi nord du Chöpfenberg, le voisin ouest du Brüggler. Les frères Andres ont ouvert en 1973 une voie particulièrement difficile dans la paroi du Wageten, surmontée de toits énormes ( VI-, A2 ). Après des chutes de pluie, il n' est pas recommandé de se risquer dans cette paroi située à l' ombre.

A Y Ochsenkopf, dans la partie nord-est du Klöntal, on remarque la dalle calcaire de la paroi sud. La voie directe ( V, Ai ) conduit, par la fissure de la partie droite de la dalle, directement sous la ceinture surplombante, qui doit être vaincue en escalade artificielle. La longue montée par l' al d' Ochsenfeld et au-delà par des gazons raides suffit amplement à garantir la solitude du grimpeur.

On est encore plus seul dans la paroi sud du Torberg ( sans note, ni cote sur la CN ). Ce sommet est situé dans l' enfilade des parois séparant l' Och du Redertenstock, au-dessus de l' alpage de Chängel. Le long éboulis, sous le point d' atta, n' est pas divertissant, ni les deux premières longueurs de corde, au contraire des six suivantes ( V, Ai ). Le sommet atteint, on doit envisager une longue descente contournant l' Ochsenkopf, si l'on ne veut pas entreprendre une descente en rappel assez aventureuse, à droite de la voie décrite.

Au-dessus du chef-lieu ( Glaris ), la Laubenwand dévale du Schilt; la falaise déchiquetée du Rässegg la surplombe. On trouve ici quatre varappes ignorées et exposées. Malheureusement l' accès à la Laubenwand par des terrains tourmentés et sans chemin est assez pénible. L' itinéraire inauguré en 1973 ( Hauser/Wunderlin, VI, A3 ) traverse la paroi de droite, rebutante, à droite de la marque jaune. Cette ascension difficile ne semble avoir été répétée qu' une seule fois jusqu' ici. L' année suivante, le contrefort de la moitié gauche de la paroi était gravi pour la première fois ( Andres/Egger, V +, A2 ). Une flèche bleue indique le point d' at des premières longueurs, aux prises minuscules. Ces itinéraires aboutissent non loin de l' en on l'on accède à la Rässegg, en venant en général des Ennetbergen par le Schlafstein, à travers des gazons raides. La voie ancienne ( V, A2 ) em-. prunte en majeure partie la nervure de gauche, tandis que la voie par la nervure sud-ouest bifurque à droite après les premières longueurs communes aux deux itinéraires, Malgré le charme du paysage, ces voies d' escalade sont rarement suivies.

Plus en arrière, dans le pays glaronnais, audessus de la terrasse ensoleillée de Braunwald, la paroi sud de Y Eggstock ( V, A2 ) invite à l' ascension déjà dès le printemps. Si l'on s' intéresse au panorama des glaciers glaronnais, on sera satisfait du monde et de soi-même en parvenant au sommet. L' atmosphère est plus sévère dans les pentes nord et escarpées des Eggstöcke. La paroi nord du Vorder Eggstock ( V +, A2 ) a été gravie peu de fois, celle du Mittlerer Eggstock ne l' a plus été depuis la première ascension, il y a vingt et un ans. On a également oublié la paroi est du Höch Turm ( V, Ai ), cette jolie pointe rocheuse située entre l' Ort et les Eggstöcke.

La chaîne des Jegerstöck s' étend de l' Ortstock au col du Klausen. Le grand nombre de voies réalisables dans ces parois et tours saute aux yeux, mais il semble que les grimpeurs ne s' en soient pas rendu compte avant la fin des années 60. Dans la dernière décennie, on a ouvert quelques itinéraires, mais ce sont des escalades sérieuses suivies de longues descentes ( pas toujours faciles à trouver ) qu' à l' Urnerboden.

Immédiatement après l' Ortstock se dresse le Schijen: deux itinéraires conduisent à son sommet est ( P. 2598 ) par les parois sud et sud-est ( les deux voies: V +, A2 ). Les grimpeurs connaissant les lieux ne devraient tenter la descente par le Sali- tritt que s' ils disposent d' assez de temps; sinon ils doivent regagner leur point de départ en contournant l' Ortstock. Plus loin, à l' ouest de la chaîne, se succèdent les puissantes parois du Signalstock. Dans cette face qui fait penser à un orgue immense, une voie difficile de vingt longueurs de corde conduit au P. 2598 ( VI, Ai ). Dans la partie inférieure, l' itinéraire suit, sur une hauteur de soixante mètres, un système de fissures sur la gauche d' un couloir. C' est ici qu' on trouve les plus grandes difficultés.

La voie directe de la paroi sud ( aboutissant au P. 2582 ) n' est ni plus courte, ni plus facile. C' est sans doute l' itinéraire le plus fréquenté du Signalstock, bien que, ici encore, on ne rencontre guère deux cordées le même jour. L' escalade est presque constamment libre et peut être chaudement recommandée ( VI, Ai ). On a avantage à attaquer directement la paroi par son ressaut inférieur, au lieu de traverser par la grande vire herbeuse et dangereuse comme on le faisait autrefois.

Une voie extrêmement difficile remonte le dièdre bien visible ( et qui limite la paroi à gauche ), puis un pilier avant d' atteindre le P. 2572,6 de la CN. Immédiatement à gauche, la cordée Beglin-ger/Gisler a ouvert ( en été 1977 ) une des voies les plus difficiles de toute la région ( VI, A3 ). Une seule longueur de corde présente une difficulté inférieure à V.

Comme s' il voulait surpasser ses voisins par son aspect rébarbatif et sauvage, un pilier se détache de la chaîne des Jegerstöck. Coupé de l' arête par deux profonds couloirs, il se dresse avec hardiesse dans le ciel. Avec un peu d' imagination, on peut reconnaître la forme d' un nez et des yeux, d' où le nom de Gsicht ( visage ) donne à ce pilier ( sans nom sur la CN ) dont l' escalade, difficile et exposée, fera la joie d' un grimpeur « de pointe ».

Une jolie voie, pour une fois pas trop difficile ( V, A2 ) et exigeant peu de pitons, conduit par le pilier sud au Rot Nossen.

On trouvera encore moins de pitons dans la paroi sud du Gabchopf ( sans nom sur la CN ), au pied du Rot Nossen. Elle présente une magnifique escalade libre avec un seul piton intermédiaire et ne dépasse jamais le Ve degré.

Puis, c' est le puissant groupe du Läckistock qui captive le regard. Deux itinéraires assez courts conduisent au Petit Läckistock ( CN P. 2422 ) par la paroi sud et l' arête est ( tous deux V +, Ai ). La voie directe de la paroi sud du Grand Läckistock ( CN P.2485,8 ) est plus longue et nettement plus ardue ( VI, A2 ). Les difficultés sont constantes, et les biceps passablement mis à contribution. La cheminée de la paroi sud et la paroi sud-est sont plus faciles.

L' itinéraire de la paroi sud du Firnenstock ( sans nom sur la CN ), au-dessus des pâturages de Firnen, est encore une voie très sérieuse ( VI, A2 ). Comme au Läckistock, la raideur est des plus fortes et la difficulté constante.

J' ai mentionné, dans ce bref aperçu, tous les itinéraires des Jegerstöck que je connais personnellement, car il n' existe pas encore de guide-manuel de cette région et, de ce fait, nombreuses sont les voies ignorées du grand public.

Sur le côté opposé de la vallée del' Urnerboden, seule une masse rocheuse attire le regard: la paroi nord-ouest du Gemsfairenstock dont le sommet est le P. 2867. Des varappeurs uranais ont ouvert ( en 1978 ) un itinéraire dans cette paroi située à l' ombre et dont le rocher est souvent délité.

Jetons encore un coup d' oeil à l' au tre bout du canton, au Sernftal. Tout au fond de la vallée, bien au-dessus du chemin conduisant au col du Panix, les guides Fridolin Hauser et Hansueli Rhyner ont trace ( en 1978 ) un itinéraire dans une gigantesque paroi encore vierge. Si, au cours de 22 longueurs de corde, les grimpeurs n' ont pas eu à affronter des difficultés supérieures au Ve degré, la varappe, dans cette paroi ouest du Vorab n' en était pas moins très éprouvante et constamment soutenue. Comme cette face culmine loin à l' ouest du sommet du Vorab, il vaut mieux descendre au nord de l' itinéraire de montée ( dans un terrain raide et entrecoupé de falaises ) plutôt que d' entre le long retour par le sommet.

Cet exemple montre que les possibilités de « premières » sont loin d' être épuisées dans le canton de Glaris. Là-dessus, je souhaite plaisir et bonne chance à tous ceux qui seront tentés par les montagnes de notre canton. Trad. E. Baumgartncr

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