Gelée blanche

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Le ciel gris et transparent Où les étoiles pâlissent Est comme une eau froide et lisse Sur un lit de cailloux blancs...

Une blondeur naît, et gagne Tout l' orient glacial, Aiguisant comme un métal La couronne des montagnes.

A cette heure, un brusque gel Fige le matin d' automne; Plus une herbe ne frissonne Dans la plaine poivre et sel.

Sur le cuir de mes chaussures, Sur mes sourcils, mes cheveux, Le givre dépose un peu D' une blanche moisissure.

Sonore comme du bois Le chemin gris s' enfarine; Le froid colle les narines Et pince le bout des doigts...

Mais aux crêtes violettes D' un bord à l' autre du val, Le soleil horizontal S' allonge en blondes baguettes; Puis, se haussant par degrés Comme au trou de la serrure, Plonge par une échancrure Entre deux doigts de rocher.

Le voici sur mon visage, Puis sur mes doigts morfondus; Enfin il est descendu Jusqu' au plat du pâturage.

Dans l' herbage cristallin Comme un faucheur il besogne Et patiemment le rogne En commençant par un coin.

L' ombre s' échancre en faucille, Recule insensiblement, Et sur ses pas le pré blanc Verdit, s' humecte et scintille.

Pierre Valentin

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