La route du Finsteraarhorn par le glacier de Fiesch

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de Fiesch.

I.

Sans accès direct de la vallée de Fiesch, la nouvelle cabane du flanc ouest du Finsteraarhorn, à environ 30 m. au-dessus du glacier et 200 m. au-dessous de la première cabane, pouvait paraître insuffisamment justifiée.

En effet, le C.A.S. aurait ainsi construit à 3000 m. une cabane reliée avant tout à une station de chemin de fer, située à l' altitude de 3500 m. ( Jungfraujoch ) et à laquelle l'on ne saurait parvenir sans franchir au moins un col de 3300 m.:

La Grünhornlücke, en venant du Jungfraujoch ou de la Concordia.

La Gemslücke, en venant du Grimsel par l' Oberaarjoch ou de Biel par la Bielerlücke.

Le Jungfraujoch, la Concordia et l' Oberaarjoch sont les seuls itinéraires mentionnés pour la cabane du Finsteraarhorn, par M. H. Kœnig, dans les « Walliser Fiescherhörner » ( Jahrbuch 1919 ). L' assemblée des délégués de 1923 ne paraît pas s' être préoccupée de l' accès de cette cabane par le glacier de Fiesch, l' un des plus grands des Alpes. La question était pourtant posée par l'«Echo des Alpes » en 1912 et le « Jahrbuch » de 1916.

Dans l'«Echo » d' octobre 1924, il a été remarqué que l' itinéraire Fiesch-Hôtel Eggishorn-Concordia-cabane Finsteraarhorn — avec ses 20 km ., dont une douzaine sur le glacier — comportait au moins 10 heures de marche effective, tandis qu' en franchissant directement le glacier de Fiesch et l' évitant en partie par les rochers à la base du Distelgrat, on pouvait espérer — eu égard au parcours réduit à 15 km ., dont moitié sur le glacier — abréger la marche de 3 à 4 heures. A la fin de l' article en question était donnée la traduction d' une lettre du guide Jules Imhasly, où il annonce avoir réalisé cet itinéraire le 14 septembre et atteint la nouvelle cabane en 7 heures de Fiesch.

Nous reproduisons plus loin la carte de la région en y indiquant le tracé de la route suivie par le guide Imhasly et nous l' accompagnons des quelques remarques qui suivent. Elles contribueront peut-être à rappeler et à remettre en honneur la voie du glacier de Fiesch.

II.

C' était, selon le « Tschudi » de 1888 et le « Furka-Brigue » de F.O. Wolf1 ), l' itinéraire normal de l' hôtel Eggishorn au Grimsel par l' Oberaar. On sait d' ailleurs que cette voie conduisait aussi au bivouac du Rotloch, d' où l'on gravissait autrefois le Finsteraarhorn.

Le 27 août 1841, elle fut prise par Agassiz, Desor, Farbes et Heath, accompagnés de MM. Dechatelier et de Pury et de six guides, dont Leuthold, Währen et Jaun. Venant du Grimsel par l' Oberaarjoch, ils gagnèrent les LA ROUTE DU FINSTERAARHORN PAR LE GLACIER DE FIESCH.

chalets de Märjelen, d' où, le lendemain, ils gravirent la Jungfrau en 18 heures aller et retour1 ).

De cette époque héroïque jusqu' à nos jours, les visiteurs du glacier de Fiesch ne paraissent pas avoir été très nombreux, si nous nous en référons principalement au « Jahrbuch » de 1916. Mais, malgré les lacunes probables, le bilan sommaire qui en résulte peut être instructif:

1858: Tyndall avec Bennen.

1862: Stephen, Hardy, Liveing et Morgan, avec les deux Michel, Peter Baumann, Chr. Bohren et Inäbnit, venant du Fiescherjoch. Alf. T. Parker: descente, au retour d' une ascension sans guide au Finsteraarhorn par le Faulberg.

1863: Weilenmann seul et de nouveau Tyndall avec Bennen.

1883: Farrar fait le trajet aller et retour hôtel Eggishorn-Finsteraarhorn, en abordant le glacier au « beim weissen Fiaschi ).

1893: Bovon, Brion, De la Harpe, Dubuis, Goerg, Jacot-Guillarmod, Lang et Vaucher: descente du Fiescherfirn par le milieu, puis, par la rive droite du glacier, en cinq heures à la base du Distelgrat2 ); le temps et l' issue incertaine 3 ) les engagent à rétrograder: abrégeant le retour, par les ravines au-dessus du glacier, ils gagnent en trois heures et demie la Grünhornlücke ( « Echo » 1912 ).

1907: Seylaz, Harry et Guex: descente par la rive gauche ( glacier et moraines ) jusqu' à un chalet en ruines* ), de là par Ober-Titern à Fiesch, en dix heures de la cabane du Finsteraarhorn ( « Echo » 1912 ).

1913: Farrar et Fynn, avec un porteur: descente de la cabane du Finsteraarhorn, aussi en dix heures, mais par la rive droite. La quatrième chutede glace les et forcés à rebrousser, si Fynn n' eût réussi à descendre en taillant à droite du glacier et à se faufiler entre la glace et le rocher humide.

1916: Roth, Scheidegger, Lutz et Wagner: rebroussant de la Grünhornlücke par le mauvais temps, errant sur le glacier d' une rive à l' autre, ils durent bivouaquer sur une moraine. Le lendemain, ils parvinrent au P. 2213 de la rive gauche, descendirent à la Jennenalp, d' où ils traversèrent au P. 1973 de la rive droite et gagnèrent Fiesch. Depuis 1916, nous n' avons trouvé d' informations supplémentaires ni dans l'«Alpina » ou l'«Echo », ni dans le « Jahrbuch ».

III.

Sans juger dans quelle mesure la fréquentation minime du glacier de Fiesch provient des cabanes et du pavillon de la « Concordia » ou de difficultés de la route, il apparaît bien que celle-ci n' en ait pas en général été exempte.

LA ROUTE DU FINSTERAARHORN PAR LE GLACIER DE FIESCH.

D' après le « Jahrbuch », d' anciens récits mentionnent déjà un passage scabreux: près de l' extrémité du Triftgletscher, l'on devait descendre à la corde le long d' une cascade une mauvaise paroi de rochers, entre deux paliers du glacier.

Mais il faut remarquer que le glacier de Fiesch n' est presque jamais franchi par des caravanes avec guide, que sa route paraît peu étudiée jusqu' ici et avoir plutôt fait l' objet de quelques descentes improvisées. Ce fut, entre autres, notre cas en 1893, celui de M. Seylaz en 1907 et celui de M. Roth en 1916.

M. Seylaz remarque ( « Echo » 1912 ) que, dans le livre de la cabane du Finsteraarhorn, il n' a trouvé aucune caravane ayant pris la route du glacier de Fiesch, que des deux guides présents l' un disait qu' il fallait tenir la droite, l' autre, la gauche et que tous deux avouaient du reste n' avoir jamais fait cette traversée. C' est encore le cas, croyons-nous, de la plupart des guides.

IV.

Sans renseignements, la route doit être plus aisée à choisir à la montée qu' à la descente. La dernière chute du glacier — celle qu' on entrevoit du chemin de fer de la Furka au passage de la vallée de Fiesch — se gravit par un bon sentier sur la rive droite. C' est au palier qui la domine, à environ trois heures de Fiesch, qu' il faut choisir: ou traverser sur la Jennenalp abandonnée et, de là, suivre à rebours l' itinéraire décrit par M. Seylaz ( « Echo » 1912 ), ou rester sur la rive droite, gagner le « beim weissen Fläsch » de la carte Siegfried et éviter, par les rochers à la base du Distelgrat et les ravines au-dessous du « Triftgletscher », le plus mauvais parcours du glacier.

C' est cette dernière route qui, de près, nous est récemment apparue comme la plus indiquée; sa viabilité et sa rapidité sont confirmées par l' itinéraire annexe suivi le 14 septembre par le guide Imhasly. Le trajet dans les rochers, qu' il déclare facile, semble éviter le passage scabreux des anciens récits, voisin probablement de celui de l' itinéraire de MM. Farrar et Fynn, en 1913, et de notre point de rebroussement de 1893.

En fait, l' hypothèse de notre collègue DelaHarpe que la meilleure manière de franchir le glacier de Fiesch serait de le suivre lui-même le moins possible ( « Echo » 1912 ) était fondée — à condition de ne pas l' interpréter en faveur du détour par la Concordia, trace aussi sur la carte annexée.

Sept heures de marche, à partir de Fiesch, au lieu de 10 à 11, voilà qui permettrait aux Romands de quitter leur foyer le matin et d' échanger le soir à la cabane leurs impressions de route avec une partie des voyageurs déversés à 3500 m. par le chemin de fer de la Jungfrau.

Il resterait à voir comment leur indiquer au mieux sur place la route à suivre et marquer en outre le meilleur raccordement de cette voie avec l' hôtel Eggishorn, dont les hôtes pourraient aussi éviter le détour par la Concordia.Alph Vaucher_

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