Le Chamois

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Par G. de Gottrau.

Quand Dieu créa les monts et leurs beautés sauvages, Il les dota d' un fils plein de noble fierté, Possédant à la fois force, beauté, courage, Souplesse, odorat fin, suprême agilité.

Né pour donner la vie aux déserts, aux abîmes, Dont il connaît à fond tous les petits recoins, Ce roi va visiter jusqu' aux plus hautes cimes, D' où son regard perçant plane sur les lointains.

Il aime des rochers la retraite tranquille, Où les gazons épars ont bien plus de saveur, Où les fleurs pour lui seul ouvrent leur sein fragile, Où longtemps il se plaît à demeurer rêveur.

Un instinct merveilleux en tous temps le dirige A travers les parois, les couloirs, le glacier; Varappeur sans égal, il ignore le vertige, Rien ne peut mettre obstacle à son jarret d' acier.

Ses ébats sont empreints de grâce et d' élégance. Il adore les jeux, comme les petits gas; Sur la pente de neige hardiment il s' élance, La remontant toujours et se glissant en bas.

Il a des êtres forts les vertus héroïques;

Grièvement blessé par le plomb du chasseur,

II meurt sans murmurer, silencieux, stoïque,

Ses grands yeux noirs profonds, imprégnés de douceur.

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