Le paysage alpin en mutation (Grisons)

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Gerhard Furrer, Zurich

La transformation du paysage cultivé des Grisons, vue par un géographe A. LE PAYSAGE CULTIVE - UN ENSEMBLE COMPLEXE Le paysage cultivé, avec ses éléments visibles ( formes du relief, habitations, surfaces agricoles, par exemple ) et les relations ( invisibles ) des divers éléments entre eux, est le résultat d' une évolution longue de plusieurs générations: ce sont les hommes qui ont créé le paysage cultivé d' au en construisant leur économie, leur civilisation à partir des données du milieu on ils vivaient, et à l' intérieur des limites que la nature leur fixait. Cette construction était, et reste dans ses grandes lignes, calquée sur les besoins des habitants et les exigences économiques. Le pay- sage cultivé est donc un organisme complexe, le plus souvent difficile à saisir, un ensemble formé de nombreux éléments naturels et de facteurs anthropologiques. Il doit être compris comme un système dynamique: ses éléments naturels ( par exemple le relief, le climat, la végétation, les sols ) peuvent changer avec le temps ou être transformés par des interventions humaines. Les facteurs purement anthropologiques ( par exemple techniques de construction, marché, us et coutumes ) sont également responsables de ce caractère dynamique.Voici trois exemples à l' appui:

1. La forêt de montagne comme élément du paysage Sous l' influence de conditions climatiques et orographiques extrêmes s' est développée une forme particulière de forêt: la forêt de montagne. « Il n' y a ( dans le paysage ) aucun phénomène particulier qui ne soit influence de quelque façon par le phénomène global et aucun phénomène global qui reste totalement indépendant du phénomène particulier » ( Leibundgut, d' après Winkler, 1968 ). Le caractère complexe du paysage ne pourrait être décrit avec plus de précision ( dans notre cas, c' est la forêt qui est prise comme exemple d' élément du paysage ).

2. Influence des us et coutumes sur la structure du paysage Dans une vallée étroite, retirée ( par exemple St. Antönien, cf. Flutsch, ig72),où l'on a coutume de pratiquer le partage successoral effectif, le « cercle matrimonial » est reste, jusqu' à une époque très récente, extrêmement étroit. Les mariages se faisaient de préférence entre deux partenaires qui possédaient en propre du terrain agricole dans la zone d' exploitation d' une seule et même commune. Quelle conséquence cette habitude matrimoniale entraînait-elle? Les biens acquis par mariage - terrain, bâtiments d' habita et d' exploitation des deux époux, ainsi que les droits d' utilisation des pâturages communaux et des forêts - permettaient à la nouvelle famille de fonder un domaine viable. Mais si l' un des facteurs était absent, si par hasard le « cercle matrimonial » était brisé et qu' un des partenaires vînt d' un autre village ou même d' une autre vallée, la possibilité de fonder un nouveau domaine se heurtait à des difficultés considérables. Le partage successoral, lié à un « cercle matrimonial » étroit, signifie intégrité des domaines, permanence de l' exploitation des prairies et des champs et maintien de la communauté villageoise. On évite le morcellement de la propriété: les terrains et leurs bâtiments ne sont pas partagés. Ce qui change, c' est la répartition des parcelles entre les diverses exploitations ( rotation des possesseurs lorsque subsiste le même lotissement ). Il n' est pas nécessaire de procéder à un remaniement parcellaire.

3. Jachères et friches Par friches ( allemand Vergandung, de Gand = talus d' éboulis ), nous désignons les champs et pâturages non exploités et retournés à l' état sau- vage. Gresch a montré ( en 1972 ) que, dans les pâturages exploités intensivement, les herbes l' emportent sur les graminées. En revanche, si l' exploitation cesse, les graminées prennent le dessus. De ce fait, les couches de terrain superficielles deviennent moins compactes, et il en résulte un danger accru de glissement. On remarque de plus que la neige ne trouve pas d' appui sur les chaumes secs, et que les avalanches sont plus fréquentes que lors de l' exploitation intensive. On voit ici qu' une unique modification - l' abandon de l' exploitation d' un pâturage -peut déclencher une « réaction en chaîne » dans la structure du paysage. Lorsque nous changeons ou influençons un seul élément du paysage ( même s' il s' agit d' une mesure d'«assainissement » ), nous devons donc — si l'on tire les conséquences des exemples précédents — tenir compte de l' ensemble du paysage. Dans la structure complexe du paysage cultivé, où les divers éléments s' influencent réciproquement, un élément particulier ne peut être considéré isolément. Ce qui est décisif, c' est la position qu' il occupe dans la structure globale.

Vu le caractère dynamique du paysage cultivé, il est difficile de présenter et d' analyser de façon exhaustive les transformations qui s' opèrent en lui. Schwarzenbach écrit à ce propos ( 1973 ):

« II est particulièrement difficile pour l' homme d' avoir une vue d' ensemble de systèmes dynamiques complexes qui se transforment lentement. Des changements imperceptibles qui se produisent sous nos yeux ne sont saisis généralement qu' au moment on les conséquences en sont manifestes. En développant un film, on ne distingue d' abord qu' une mosaïque de taches sombres et claires, jusqu' au moment on l' image nous apparaît d' un coup; de même, une évolution progressive ne peut être saisie que lorsqu' elle a atteint un stade avancé.

»Dans l' impossibilité de suivre l' évolution de systèmes en lente métamorphose, et plutôt que d' attaquer le mal à la racine, l' homme montre habituellement une tendance à lutter contre les symptômes du mal seulement lorsque des troubles se produisent. Pourtant les difficultés que nous rencontrons partout dans la politique de notre temps devraient nous avoir montré depuis longtemps qu' une intervention, sur un point précis d' un système dynamique complexe, a des effets très divers à plusieurs niveaux et déclenche toutes sortes de réactions imprévues. » Dans les paysages alpins du centre de l' Europe, les changements se sont amorcés en gros dans les premières années de l' après, alors que leurs répercussions ne sont manifestes que depuis 1955 environ. Le paysage cultivé alpin s' est transformé durant les vingt dernières années à un rythme qui n' a pas eu d' égal à aucune autre époque. Aussi sommes-nous témoins de changements profonds, souvent brusques, dans les régions alpines. Ce processus de mutation échappe en partie au contrôle de l' homme, comme on s' en est aperçu déjà, peu après la guerre. L' ethnologue Richard Weiss a bien cerné cette situation de crise lorsqu' il a écrit, en 1957: « On ne peut nier que les Alpes sont une région en crise, même à notre époque de haute conjoncture; le paysan de montagne se trouve dans une crise économique et spirituelle, à tel point qu' on ne doit plus chercher le prolétariat et les taudis dans les villes, mais bien dans les vallées alpines » ( cité d' après A. Hauser, 1973 ).

B. QUELQUES CONSIDÉRATIONS SUR LA POPULATION 1. Dépeuplement des communes naines et concentration de la population dans quelques zones de croissance démographique entre igo et igyo ( carte i,fig-1 ) En l' espace de vingt ans, le nombre d' habitants de 58 communes, sur les 220 que comptent les Grisons, a subi un changement de plus de 30%. Le dépeuplement concerne, en premier lieu, les communes de moins de zoo habitants. Dans les 35 communes à forte diminution de population ( plus de 30% ), dans lesquelles vivait encore en 1970 13A % de la population totale des Grisons, le pourcentage de personnes occupées dans l' agriculture | Augmentation/ zl diminution > V^ 30% ( 1950/70Communes en augmentation ( 23 ) o Communes J en recul ( 35 )

O Habitants >2000

O -2O00 Cnrtû TO - 500 KjUTIc 1O - 200 D' importantes variations du nombre d' habitants de 58 communes sur 220 ( années 1950-1970 ) accentuent les différences régionales de caractère économico-géo-graphique ( base: recensement fédéral de la population ).

Figure i Communes dépeuplées entre 1950 et 1970. Dans 79 communes, le recul du nombre d' habitants a passé, pendant cette période, de ioà2gdans 35 communes, à plus de 30%. Le total des personnes vivant dans les deux classes de communes dépeuplées est indiqué à gauche en haut ( rangée supérieure = 1950 ).

La représentation par triangles pour chacune de ces communes donne la répartition de la population résidente entre les trois secteurs d' activité ( en haut: 1950, en bas: 1970 ). Cette valeur apparaît pour chaque commune sous la forme d' un point dans le système de coordonnées du triangle. Le petit triangle avec point central désigne la moyenne arithmétique ( longueur d' un côté du triangle = 100% ).

La répartition des classes d' âge est présentée pour chaque commune, et les sexes y sont séparés. Les moyennes de classes d' âge semblables ont permis d' établir les pyramides des âges. La population de sexe masculin se trouve à gauche; les classes d' âge sont 10-14 ans ( base de la pyramide ), 15—19, 20—39, 4°~59> 60—64, plus de 64. Ensemble de la surface hachurée = 100 %.

atteignait en 1970 un taux élevé ( plus de 50% des personnes actives ). Ce fait est alarmant si l'on tient compte de l' âge des habitants: la part des plus de 40 ans était plus élevée en 1970 que celle de la jeune génération ( vieillissement excessif ). Il faut donc s' attendre à ce que les communes naines, dont les habitants vivent en majorité de l' agriculture, subissent dans un proche avenir une diminution de population: si on en juge d' après la « viabilité » d' une commune, cela met en question l' existence même de ces villages. Les conséquences qui vont en résulter pour l' agriculture, pour le paysage ainsi que pour le tourisme, sont encore difficiles à prévoir.

Les communes en progression présentent un pourcentage insignifiant de personnes occupées dans le secteur primaire, tandis que les secteurs secondaire ( artisanat, industrie ) et tertiaire ( services, tourisme ) y sont prédominants. La répartition des âges dans ces communes peut être qualifiée de saine ( pyramide à base large ).

Si l'on considère les variations des chiffres de population, la pyramide des âges et la répartition des activités professionnelles dans toutes les communes grisonnes, on voit que les différences régionales économico-géographiques se sont accusées depuis 1950 ( un processus qui semble d' ailleurs devoir se poursuivre ).

2. Manque de femmes?

La proportion de personnes du sexe féminin dans la population totale des Grisons a diminué entre 1950 et 1970 ( en 1950: 105 femmes pour 100 hommes; en 1970: 97 femmes pour 100hommes ).

Wegmann a établi le tableau suivant, montrant le nombre de femmes en âge d' avoir des enfants ( thèse non publiée ):

Personnes de sexe féminin âgées de 20 à jg ans ( en pour-cent de la population féminine pour chaque commune ):

Non ibr.

: de commu nés Secte.

jr d' occupation Proportion de icmr nés d c üo à domii îant de la 39 ans popul ation résidente Moyenne de chaqu ecla îse de communes en95°'97 "

93 I 26,2 17,8 70 II 25.5 22,5 57 III 28,4 25,6 C' est dans les 93 communes grisonnes à orientation agricole que la proportion de femmes âgées de 20 à 40 ans a diminué le plus dans la période considérée.

L' hypothèse de Hauser ( 1973 ) selon laquelle « l' agriculture de montagne va manquer de femmes parce que les jeunes filles sont de moins en moins prêtes à épouser un agriculteur de montagne » ( p. 54 ), si elle se vérifiait, aurait une répercussion catastrophique pour l' agriculture de montagne. Des études sur ce problème, réalisées dans diverses vallées, montrent en tout cas que les soucis matrimoniaux des jeunes agriculteurs ne sauraient être sous-estimés.

3. Traits principaux de la mutation dans le domaine du paysage agraire Tandis que les fourrages sont cultivés selon les régions plus ou moins extensivement, la culture des champs a beaucoup diminué.

La diminution du nombre d' exploitations agricoles s' accompagne en bien des endroits d' une augmentation de leur surface. Au Heizenberg ou au Nufenen par exemple, on a du construire de grands bâtiments d' exploitation et de nouvelles routes à la suite de mesures de rationalisation, en même temps que l' agriculture se mécanisait et qu' on passait d' une forme d' exploitation décentralisée à une forme centralisée. D' autre part, des étables et des granges dispersées ont perdu leur fonction, parce que la rationalisation a permis de simplifier l' élevage traditionnel à plusieurs étages. Cela conduit souvent à une forme plus extensive d' élevage ou à l' abandon des pâturages d' alti. La mécanisation et l' agrandissement des exploitations se heurtent dans les régions de montagne aux limites fixées par la nature aussi bien que par le manque de d' œuvre, à tel point que nous devons nous attendre à être confrontés sérieusement, vers les années 80, au problème des terrains en friche redevenus incultes — sans parler de celui de la relève des chefs d' exploitation ( et des agriculteurs célibataires ).

4. La forêt de montagne au XXe siècle Indépendamment de sa fonction économique, protectrice et apaisante, la forêt prend, dans les Alpes, une signification importante par sa position dans l' ensemble du paysage. C' est une composante relativement stable du paysage, grâce aux lois qui l' ont préservée en lui attribuant le rôle de protection. Si l'on excepte les reboisements, le défrichement et l' exploitation du bois, ainsi que la pression constante sur sa limite supérieure, l' aspect extérieur de la forêt se modifie très peu. Ragaz s' exprime comme il suit au sujet de l' histoire de la forêt aux Grisons durant les soixante-dix dernières années:

La forêt publique et privée présente une augmentation de surface « qui doit être attribuée à un reboisement sur des terrains agricoles trop éloignés » ( p. io ). En ce qui concerne les changements, un renouvellement des plants opportun et suffisant est décisif. « Trop souvent, on s' en est remis à un renouvellement naturel après abattage des arbres; or il arrive souvent que celui-ci n' aboutisse pas, par suite de manque de semences, de l' envahissement du sol par des mauvaises herbes ou des conditions d' enneigement... Nombreuses sont donc les clairières où la lumière et le soleil pénètrent abondamment, mais où on ne décèle pas trace d' un rajeunissement prometteur » ( p. 12 ).

« La zone supérieure de la forêt est particulièrement concernée: on n' y trouve que de faibles traces d' une intervention humaine. Celle-ci a dû se borner à conserver la forêt existante, et ainsi on ne sait pas encore quand une nouvelle génération d' arbres relayera les anciens plants » ( p. 12/13 ). Le remplacement des plants vieillis pose des problèmes particuliers, car les surfaces concernées sont souvent situées en des lieux d' accès difficile ou à la limite supérieure de la forêt.

« On peut constater que le reboisement en montagne a fait des progrès très importants. Le rôle protecteur de la forêt a pu être amélioré et le rendement très sensiblement augmenté. L' évolution future de l' exploitation forestière en montagne se présente donc sous des auspices favorables » ( P-Î3)- 5. Transformation du paysage et de l' habitat en rapport avec le tourisme ( cartes 2 et 3 ) La construction effrénée de ces deux dernières décennies a fait jaillir du sol des maisons souvent disposées au petit bonheur et mal intégrées à l' en. C' est le casus belli de tous les amis de nos paysages alpins; en effet, des excroissances malheureuses peuvent considérablement diminuer la valeur bénéfique d' un beau paysage; elles gênent l' harmonie générale en imprimant une 1937 Carte 2 Augmentation des nuitées pour toutes les formes d' hébergement dans les dix centres touristiques principaux ( 1937 et 1965 ) et répartition des nuitées entre les hôtels/pensions et les chalets de vacances ( 1937 et 1965 ). D' après Beer, 1968. On remarque l' importance croissante des chalets de vacances.

Carte 3 Augmentation du nombre de lits dans les hôtels et pensions des dix principaux centres touristiques ( 1929, I945> i960 et 1970 ):

1 Davos 2 Arosa 3 St-Moritz 4 Pontresina 5 Klosters8 Lenzerheide 6 Flims9 Sils ( Eng. ) ' 7 Schuls/Tarasp10 Celerina Vulpera D' après Beer, 1968, et la statistique de l' Office du tourisme ( 1970 ) marque urbaine au paysage de montagne qui nous est familier.

Le taux de développement de la construction dans les stations touristiques est difficile à mesurer, mais il peut être exprimé indirectement comme il suit:

1 ) Sur la carte 1, celle des variations de population, l' augmentation du nombre d' habitants indique un développement de la construction et un processus d' urbanisation ( par exemple en Engadine ).

2La carte 3, montrant l' augmentation du nombre de lits dans les hôtels et pensions, reflète l' augmentation du nombre d' hôtels — la seule exception est constituée par les lieux de cure thermale dont l' importance va en diminuant.

3 ) Enfin, la carte 2 indique l' augmentation du nombre de chalets de vacances. Les « habitations secondaires » prennent également la forme d' appartements en copropriété ou d' anciennes fermes transformées. Ainsi, à fin 1970, la proportion des habitations temporaires par rapport à l' ensemble des habitations s' élevait à 26,5% en Valais et à 24,2% aux Grisons ( « Tagesanzeiger », 11 décembre 1973 ). Cette proportion est particulièrement forte dans les diverses stations touristiques, mais on en trouve aussi dans des villages menaces gravement par le dépeuplement:

« Les habitations secondaires « sauvent » des villages. Nous avons trouvé... des communes dans le Val Calanca, aux Grisons, dont le 75% des habitations sont des résidences secondaires. Il s' agit en grande partie de villages « à l' agonie », dans lesquels les seuls habitants permanents sont des vieux. Les jeunes y reviennent en fin de semaine et pendant les vacances. Ils gardent la maison familiale même après la mort de leurs parents. De temps en temps, une de ces vieilles demeures est vendue, parfois une grange est transformée en chalet de vacances. Chacune d' elles apparaîtra dans la statistique comme résidence secondaire. Cela préserve maint hameau d' un abandon total et de la ruine qui en découlerait fatalement » ( « Tagesanzeiger », 11 décembre 973)- Le tourisme a certes apporté bien des éléments négatifs qu' on aurait pu éviter en agissant autrement. N' oublions pas cependant qu' il est aujourd'hui le pilier de l' économie - donc de la survie - de bien des régions de montagne.

6. Transformation en rapport avec l' industrialisation ( carte 4 ) La construction des barrages, qui touche pratiquement l' ensemble des Alpes avec ses installations hydroélectriques, a incontestablement apporté des transformations précieuses pour la population alpine, même si certaines d' entre elles sont temporaires ( période de construction des barrages et des centrales de forces motrices ). Dans de nombreuses vallées, on a profité des barrages pour construire des routes et des maisons de vacances.

Mais d' autres constructions industrielles et les installations qui en sont l' infrastructure ( par Entreprises I H100 1965 01929 CANTON DES GRISONS Entreprises! Personnes engagé es^ 3231 9359 1965 01929 Carte 4 Nombre d' entreprises soumises à la loi sur les fabriques et nombre de personnes engagées. ( Par districts. D' après Beer, 1968 .) exemple les moyens de transport ) se sont également multipliées.

La forte augmentation de population dans la Vallée du Rhin, au nord de Coire ( carte 1 ), est en rapport avec l' industrialisation de cette région. « L' industrialisation des régions de montagne » est un problème qui fait l' objet d' études approfondies. En relation avec l' assainissement du marché du travail, l' implantation de centres de production dans des vallées alpines devient économiquement intéressant. Les conséquences de l' indus sont diverses: pensons par exemple aux nouvelles possibilités de formation offertes à la jeune génération en dehors de l' agriculture. Mais nous n' avons pas à examiner ici dans quelle mesure l' industrialisation peut apporter un remède à l' émigration.

Signalons encore que des vallées fortement industrialisées, comme la Vallée du Rhône, ont vu naître des « ouvriers-agriculteurs » ( cf. K. Landtwing, 1973, Ausserberg — Les transformations du paysage comme conséquence de l' ac des ouvriers-agriculteurs ).

ait Répartition des communes Secteurs d' activité 1970 Figure 2 Situation des communes aux différentes altitudes et' secteur d' activité de leur population.

1. Classes de communes 1950-1970 ( de gauche à droiteaugmentation de la population de plus de 30augmentation de la population de 10 à 29% moyenne: modification jusqu' à ±9diminution de la population de plus de 30diminution de la population de 10 à 29% 2. De bas en haut: altitude des communes. Les communes dépeuplées présentent souvent un important secteur primaire, tandis que le secteur secondaire ( industrie, artisanat ) domine dans la majorité des autres communes, à l' exception des stations touristiques de haute altitude ou des localités importantes.

7. Bilan et prévisions Notre paysage alpin est un organisme qui s' est développé très progressivement pendant des siècles etjusqu' à la Deuxième Guerre mondiale. Les phases de transformation rapide, comme par exemple le défrichement à l' époque de la prise de possession des terres, sont des cas rares. En revanche, en ce dernier quart de siècle, nous avons été témoins d' une mutation profonde: en rapport avec le tourisme toujours plus florissant, l' ensemble du paysage a été modifié brusquement par des interventions humaines. La forêt a été préservée en grande partie, parce que les lois nous laissaient peu de liberté d' action dans ce domaine. Par contre, de vastes surfaces consacrées à l' agriculture - surtout à l' étage de la forêt de conifères - sont désormais entièrement bâties ou démantelées par des constructions dispersées.

Le recul de la population paysanne et sa moyenne d' âge ne nous laissent que de sombres perspectives: le problème des terrains en friche et la ruine de certains éléments du paysage agraire nous occuperont certainement dans un avenir très proche. D' autre part, il est possible que le manque de fermières devienne le paramètre décisif de l' agriculture de montagne. Les petites communes à orientation agricole, situées dans des vallées isolées, sont peut-être condamnées à un déclin définitif.

Au dépeuplement des communes naines, s' op la concentration dans quelques centres en forte croissance, de caractère urbain, ce qui conduit à une accentuation des contrastes écono-mico-géographiques et culturels entre les régions. Dans une proportion modeste ( par rapport au tourisme ), on constate une augmentation du nombre de places de travail et de formation professionnelle pour la jeune génération dans le secteur secondaire de production. Si l'on s' en rapporte, avecDönz ( 1972 ), à l' époque des « paysans par obligation », qui devaient se cramponner à une existence paysanne, aussi précaire qu' elle fût, pendant la crise des années 30 et toute la période où on ne trouvait pas de travail en dehors de l' agriculture, alors on ne peut que saluer l' im de l' industrie dans les régions de montagne.

Le tourisme, qui est devenu après la guerre le pilier de l' économie grisonne, s' est fortement développé; on le voit par exemple aux chiffres suivants:

Population active des Grisons ( d' après le secteur d' activité, enin ( Agriculture ci »viticulture ) ( Industrie et arti* ( Services et tourisme!

27 I97O14 31 38 42 4« La position dominante du tourisme ( et des services annexes ) risque de provoquer un déséquilibre qui pourrait affecter gravement l' ensemble du paysage cultivé, surtout si l' orientation dans ce secteur d' activité devient exclusive. Déjà des voix s' élèvent pour jeter le cri d' alarme: « Le déclin du ski de piste a déjà commencé, d' après Fritz Schwarzenbach. Il démontre que la puissance économique lourde de plusieurs milliards qui tourne autour des pistes de ski ressemble à un colosse aux pieds d' argile et doit être observée avec une attention critique » ( « NZZ » numéro 126, ier mars 1973 ).

Lors des futures mesures de rationalisation en agriculture, lors d' installations d' éléments industriels ou touristiques, il faudra à tout prix viser à un plus grand respect de l' ensemble complexe que représente un paysage: les interventions humaines dans cet organisme délicat devront être pesées soigneusement, afin d' éviter tout bouleversement. Du point de vue du paysage, nous ne pouvons

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