Le Torrent

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Par Marcel Crisel.

Captif impatient de la sombre crevasse, Délaissant à jamais sa demeure de glace, Le torrent qui jaillit murmure sa chanson.

Il s' élance déjà, dédaigneux de l' obstacle, Et la voix des sommets, majestueux cénacle, Et la voix du glacier vibrent à l' unisson.

Dans le chaos des rocs, où son destin le guide, II se cabre et bondit dans sa course rapide, Et le rhododendron lui jette ses rubis.

Toutes les fleurs d' en haut lui font une couronne; Le bleu myosotis s' unit à l' anémone, L' argent de l' edelweiss au cuivre de l' orchis.

Poursuivant sans répit sa course vagabonde, II roule à grand fracas dans la gorge profonde Où se penchent l' arole et le sapin géant.

Au fleuve qui l' attend, là-bas dans la vallée, Vers le vaste océan l' onde s' en est allée, Car elle a terminé son labeur bienfaisant.

A l' ordre du Divin, le torrent suit sa route; II ignore la peur, la lâcheté, le doute Et sème le bonheur et la fertilité.

De nos ambitions il montre la limite

Quand, dans son fol orgueil, se consume et s' agite,

En stériles efforts, la pauvre humanité.

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