Les lagopèdes

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Avec 1 illustration ( 118 ) Neige vivante sur l' autre neige, joyaux de blancheur qui surgissez soudain de vos « iglous » ou de vos rochers battus des vents, au sein des vastes déserts montagnards, au sein des solitudes glacées, n' êtes pas en définitive les plus hauts oiseaux, les plus secrets, les plus silencieux de l' hiver? N' êtes pas ces gros flocons brusquement arrachés à vos pentes de lumière par l' approche du skieur et tout aussitôt absorbés, subtilisés dans le décor? N' êtes pas aussi ces traces laborieuses, ces longs sillons dans la fraîcheur des neiges à deux mille, à trois mille mètres encore? Et parfois, dans l' épais brouillard, ce cri rauque, ce « raclement » sauvage qui semble naître des roches indécises et des arêtes balayées par les grands souffles du Nord?

Vous êtes seuls, seuls de votre espèce et seuls de votre blancheur et comme perdus dans l' Immense... protégés du froid jusqu' aux ongles et sauvés de la faim par les dernières mousses, les derniers saxifrages! Vous êtes seuls, face aux éblouissants déserts, aux durs granits, aux folles tempêtes et cependant les rigueurs hivernales, au lieu d' avoir raison de vous, consacrent votre triomphe! Il est vrai que parfois le petit lièvre variable et l' hermine naine viennent mêler leurs traces aux vôtres, il est vrai que l' homme lui-même, chaussé de ski s' aventure dans votre domaine... Mais jamais pour longtemps!

Et seuls, au cœur de l' hiver, vous demeurez aussi haut, fidèles à vos roches, fidèles à vos neiges, grattant sans cesse de l' ongle et travaillant du bec pour nous prouver de façon éclatante votre merveilleuse résistance animale.

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