Les variations périodiques des glaciers des Alpes suisses. — 59e rapport, 1938

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Cinquante-neuvième Rapport — 1938.

Avec 2 diagrammes et 3 illustrations.

L' enneigement des Alpes suisses en 1938.

L' année nivométrique 1937/38, en haute montagne, a débuté par un octobre un peu trop chaud, avec un léger déficit de précipitations et de soleil. Novembre et surtout décembre ont été trop froids, trop secs et trop sombres. Janvier 1938, en revanche, s' il est resté trop froid et trop sombre aussi, a été un mois de grandes précipitations. Celles-ci ont prévalu en février encore, bien que ce dernier mois ait été un peu trop chaud, avec un excès d' insolation. Mars a été un mois exceptionnel: trop clair et trop sec, il a présenté un excès de chaleur, tout à fait rare, de 4 à 4y2 °. L' inverse s' est produit en avril, où la température a été trop basse de 3 à 4°, malgré un excès d' insolation; avril a été, d' autre part, beaucoup trop sec. Mai, avec un déficit de température de 1 à 2° encore, et trop peu de précipitations, a été cependant plutôt sombre. Juin, clair, a eu 2° de trop et un excès de soleil; dans les hautes régions, la précipitation a été, selon les localités, tantôt un peu trop forte, tantôt un peu trop faible. Juillet a été trop froid de 1°, trop sombre et trop mouillé aussi. Août, avec une température normale, a été trop sec de 30 % et notablement trop sombre. Il en a été de même en septembre 1938.

L' enneigement de 1937 a été plutôt faible. Si des dégâts d' avalanche ont été signalés, dans la région du Gothard notamment, ils n' ont pas été graves. A noter toutefois que sous le souffle d' une tempête d' une violence exceptionnelle, au début de février, une puissante avalanche est descendue de la Chenalette jusqu' à l' hospice du Grand St-Bernard où elle enfonça plusieurs portes. Dans la vallée de Conches on n' a signalé aucune coulée importante. Toutefois, pendant les mois de janvier et de février, les conditions de la neige ont été critiques pour les skieurs et ont coûté des vies humaines, notamment à Zuoz et au Samnaun. M. M. Oechslin, inspecteur des forêts d' Uri, a note que la neige est remontée jusqu' à 2370 m. à la mi-août 1938 aux flancs du Bristenstock et du Belmeten 1937, le désenneigement s' était fait jusqu' à 2320 m ., soit 50 m. plus bas ( 10 septembre ). Quant à la limite automnale du névé, aux glaciers des Alpes uranaises, elle est remontée à 2390 m. en moyenne comme en 1936 ( 1937: 2380 m. ).

Dans le vallon du Gratschlucht, en amont de la halte du Muttbach près Gletsch, il ne restait plus, le 12 septembre, qu' un vieux débris d' avalanche, tout soufflé de pierraille; il n' y avait plus rien sous le Längisgrat dans le vallon de Gletsch, non plus qu' au d'«In den Lammen », sous la Maien- ( Mercanton. ) Voici maintenant quelques données numériques:

Suisse orientale. A la cabane Parsenn ( 2280 m .) l' enneigement maximum ( 4 février ) a été de 1,7 m. ( 1937: 2,75 m .); au Weissfluhjoch ( 2660 m .) il a été ( 4 février et 5 avril ) de 2,05 m. ( 1937: 3,25 m. ).

Du 5 octobre 1937 au début de juin 1938, la balise supérieure du Silvretta ( 3013 m .) a marqué un enneigement de 2,3 m. et, au lieu d' un résidu positif, on a eu, là en automne, une déglaciation de 0,15 m. Pour la perche inférieure ( 2760 m .), les chiffres sont respectivement: 2,85 m. et —0,15 m. aussi.

( Z.G.K., Billwiller * ). ) A l' Observatoire du Säntis ( 2500 m .), la couverture neigeuse s' est établi définitivement le 17 septembre 1937, a atteint le 18 février 1938 son épaisseur maximum par 4,3 m. ( 1937: 6,4 m. ). Elle a disparu entièrement le 31 mai, deux mois plus tôt que l' année précédente.M. Z. A., Zurich. ) Suisse centrale. Aux Clarides, du 20 septembre 1937 au 28 août 1938, le résidu annuel d' enneigement a été de 0,5 m. environ à la balise inférieure ( 2708 m .) et de 1,8 m. à la balise supérieure ( 2910 m. ).

Au nivomètre de VEiger ( 3100 m .) dont M. le directeur Liechti et le personnel du chemin de fer de la Jungfrau continuent de prendre un soin diligent, le maximum n' a atteint que 54 degrés, le 21 février 1938 2 ) ( 1937: > 62 ). L' étiage a été note le 17 octobre par 10 degrés ( 1937: 18 degrés ). Voici les trois derniers bilans:

AccumulationDissipationRésidu annuel HioerMitresEtéMitresAutomneMitres 1935—1936291936211936 + 8 1936—1937 > 211937 > 221937 — 1 1937—1938181938221938 — 4 A la balise du Jungfraufirn ( sous le Berghaus, à environ 3350 m .) le maximum, environ 5 m ., a été atteint au début de juin. L' ablation a été petite et le résidu nival donc très grand en automne.

Suisse occidentale. L' équipement nivométrique des Diablerets a été surveillé toute l' année par MM. Reber, père et fils, comme depuis longtemps. Le nivomètre ( 3030 m .), dégagé tôt ( n°88: 27 juin ), a marqué l' étiage par 73 degrés le 29 septembre ( 1937: 77 degrés ). Voici les derniers bilans:

AccumulationDissipationRésidu annuel HiverMitresEtiMitresAutomneMitres 1935—1936 > 111936 > 8,5 1936 + 2,5 1936—1937 > 91937 > 71937 + 2 1937—1938 > 6,5 1938 > 8,5 1938 — 2 La balise saillait le 27 août de 3,0 m. ( une autre, plus ancienne, de l,0 m. ). Le névé a donc gagné 0,7 m. de substance. Quant au totalisateur de la Becca d' Audon et au pluviomètre du village ils ont indiqué:

VARIATIONS DE LONGUEUR DE QUELQUES GLACIERS SUISSES LÄNGENÄNDERUNGEN EINIGER SCHWEIZERGLETSCHER 1896—1938 Morteratsch Gorner Unteraar Aletsch Maßstab' 100 m I Echelle Morteratsch Gomer Tsigiorenove Allongement Verlängerung Unteraar ( Actions des eaux du lac ) ( Stausee Wirkung ) Trient Rhône Aletsch Tsigiorenove Trient Rhône Raccourcissement Verkürzung Supérieur Oberer Grindelwald Unterer Inférieur Supérieur Oberer Grindelwald Unterer Inférieur Hüfi Hüfi 1895 1900 190S 1910 1915 1920 1925 1930 1935 Mensurations de la Commission des Glaciers de la Société helvétique des Sciences naturelles Messungen der Gletscherkommission der Schweizerischen Naturforschenden Gesellschaft 72 Echelle: 1 petite division = 20 m.

Brunner & Cie. S.A.Z.urich Die Alpen - 1939 Les Alpes ETAT DES GLACIERS ET TEMPÉRATURE ESTIVALE GLETSCHERSTAND UND SOMMERTEMPERATUE A Proportion des glaciers suisses en crue, par rapport au nombre total des glaciers observée d' après les mensurations de la Commission des Glaciers de la S.H.S.N.

Zahl der wachsenden Schweizergletscher in Prozenten der beobachteten Gletscher nach den Messungen der Gletscherkommission der S. N. G.

B Température moyenne estivale ( juin- septembre ) au Saentis ( 2500 m ) pour chaque lustre précédant l' année indiquée au tableau Jahrfünftmittel der Sommertemperatur ( Juni - September ) auf dem Sänüs ( 2500 m ), jeweils dem letzten der fünf Jahre zugeschrieben Becca d' Audon EpoquesTsanjleuronDiablerets-Village ( 2870 m.1170 m. ) 3 X 1937—27 VI 1938 100 cm.78 cm.

27 VI 1938—29 IX 1938 40 cm.42 cm.

3 X 1937—29 IX 1938 140 cm.120 cm.

soit 141 et 121 cm. en 365 jours.

A Orny-Trient, MM. Reber et le gardien de la cabane, M. Morand, ont fait les opérations usuelles le 20 septembre 1938. Ils n' ont pu retrouver la balise, enfouie probablement pour toujours, ni se servir du nivomètre, trop déchaussé. Le totalisateur leur a fourni, en revanche, les données suivantes:

Col d' OrnoOrsières ZPO3169 m.980 m. ) 17 X 1937—20 IX 1938 339 cm.64 cm.

soit 366 et 69 cm en 365 jours.

Conclusion: En 1938, l' enneigement des Alpes suisses a été nettement régressif, surtout par défaut d' enneigement hivernal.

Chronique des glaciers suisses en 1938.

Les contrôles de 1938 se sont faits selon le programme réduit adopté en 1936 déjà. 81 glaciers ont pu être mensurés. Outre celles, régulières, des services forestiers cantonaux, nous avons des observations de MM. Guex ( Trient ), Campiche ( Rosenlaui, etc. ), Streiff-Becker ( Clarides ) ainsi que de membres même de la Commission helvétique des Glaciers: MM. Lütschg ( Mattmark ), Mercanton ( Rhône ), Oechslin ( glaciers d' Uri ), enfin de MM. Vogt et Meisser ( Bregaglia ), Ambühl ( Balmhorn ). En outre la Compagnie des Forces Motrices de l' Oberhasli a poursuivi aux deux glaciers de l' Aar ses très importantes mensurations ( Flotron ) que l' entreprise de sondages systématiques de la Commission des Glaciers rend plus précieuses encore. Cette dernière entreprise, d' intérêt capital pour la glaciologie et la morphologie alpines mais de longue haleine et coûteuse, se poursuit au prix d' efforts soutenus. Nous remercions ici vivement les « Forces Motrices de l' Oberhasli » et les « Forces Motrices bernoises » de leur aide, si efficace en 1938 encore. Pareillement, nous disons notre immense gratitude au Club Alpin Suisse dont une nouvelle subvention nous a seule permis de continuer les travaux. Notre reconnaissance va d' ailleurs aussi à tous les collaborateurs, directs ou indirects, de nos contrôles glaciaires.

Voici, dans leur forme habituelle, les résultats de ces contrôles:

I. Bassin du Rhône.

Tableau I. Variations, en mètres, en Glaciers193619371938 Rhône — 10,50,s5 Gratschlucht14,5 Fiesch — 4,643 Tableau I ( suite).Variations, en mitres, en Glaciers Aletsch

1936 7937 1938 — 7 — 18 — 19 -20,5 — 43>5 - 10,5 0 — 21,5 — 17 - 18,5 — 29 - 27 — 21 — 19,5 — 60 -15,5 — 10 - 9,5 — 40(2 ans50 — 32 — 7 — 20 -21,5 — 4 — 5g — 5 - 8,5 - 18 0 - 2,5 — 12 — 6 — 23 - 2,5 — 4,64 — 10,59 — 5 — 19 — 13,5 - 6,5 —

3,

— 10 - 10,515 - 1,65 - 7,5 0 0 — 10 — 14 — 11 — 20 — 12 — 25 ( 3 ans ) 20 — 13 ( 3 ans ) 0 0 — 8,5 — 2 — 31 — 26,5 0 — 13 5 10 Schwarzenberg Allalin....

Fee

Gorner....

Turtmann... Latschen Duran ( Tsinal ) Moming

Moiry

Ferpècle

Arolla

Tsigiorenove.. Durati ( Seillon ) Lendarrey... Grand Désert.. Mont Fort... Valsorey

Saleine

Trient

Grand Plan-Névé Petit Plan-Névé Martinets...

Paneyrosse

Prapioz

Scex Rouge

En outre étaient en décrue: 0fentai et Thäliboden.

La campagne annuelle aux glaciers du Rhône et de Gratschlucht a eu lieu du 12 au 14 septembre; le rapporteur y avait l' aide de son neveu, M. Jacques Mercanton. La documentation photographique ordinaire a été recueillie et le pourtour du front levé. Jamais depuis qu' on le mensure le glacier du Rhône n' a montré un retrait pareil; le minimum de 1912 est dépassé. Sur 170 m. de profil transversal et dans la même région qu' en 1937, les glaces ont abandonné encore quelque 1020 m2 de terrain. Seuls les environs immédiats du portail semblent avoir fait une légère avance ( 300 m2 au plus ). Le front a subi encore des détériorations importantes dans un recul de 5 m. en moyenne. Son lobe gauche est maintenant quasi détaché du cours général et réduit à un talus souillé de débris morainiques, alimenté par les seules glaces qui s' éboulent par dessus la grande paroi de rochers à laquelle il s' appuie. Ces éboulements ne parviennent d' ailleurs pas à compenser l' affaissement graduel du dit talus sous l' influence de l' ablation. Ce lobe est immobile. La partie active du front est réduite à peu près à la région d' où s' échappe le torrent glaciaire et au lobe droit, lui-même fort rétréci. Le portail, à peine marqué, est remonté encore sur les basses assises rocheuses de la cataracte. A cette extrémité droite du glacier le cryocinémètre a mesuré une vitesse de 4 cm. par jour seulement. Au Belvédère, il y a eu recul de 5 m. également. La distance, mesurée normalement au repère plombé, atteignait 34,5 m. Le glacier ne donne pas là signe d' une crue prochaine. D' autre part de grandes surfaces rocheuses sont apparues à sa marge droite, entre les deux Saas, précisément dans la région où, en 1900, un éboulement des glaces y avait taillé une échancrure étendue, refermée d' ailleurs en 1901 déjà. Il est remarquable que de 1937 à 1938 les glaces de ces mêmes parages se soient dissipées sur place, sans donner lieu à pareil accident.

Le Gratschlucht, qu' on n' avait pu mesurer depuis 1935 en raison des amas neigeux qui masquaient son front, était dégagé en 1938, dénonçant un recul moyen de 14,5 m. au cours de ces trois dernières années. ( Mercanlon. ) Au Findelen, qui a reculé encore d' une cinquantaine de mètres en 2 ans, des fragments de mélèze sont apparus de nouveau sur le front, comme en 1930. M. Hess, inspecteur forestier à Berne, signale qu' une bûche longue d' l m. et épaisse de 30 cm. surgissait de dessous le glacier.Mercanton. ) IL Bassin de I' Aar.

Tableau I. Variations, en mètres, en Glaciers193619371938 Oberaar18,52016,5 Unteraar414030 Rosenlaui10118 Grindelwald Supérieur. .141730,5 Grindelwald Inférieur. .2xx Eiger188 Stein01029 Bliimlisalp7107 Schwarz3 1,62 Tsanfleuron12610 Rätzli71025,5 Balmhorn15 Tschinge128,5 Gamchi10,5 En outre sont:

stationnaires: Gauli, Renfen, Thierberg. en décrue: Trift.

Voici, obligeamment communiqués par la C. F. M. Oberhasli, les chiffres obtenus aux deux glaciers de I' Aar par leur ingénieur, M. Flotron:

Dans sa montée estivale, le lac de la Grimsel a atteint l' Unteraar le 28 juillet seulement, donnant heureusement ainsi à la Commission des Glaciers la possibilité d' opérations séismométriques sur le terrain préfrontal et au Dr Fisch celle d' une prospection électrique du même sol alluvionnaire. Ces investigations étaient impatiemment désirées pour éclairer les résultats de nos précédentes campagnes de sondages au glacier. Le 17 août, le niveau du lac atteignait sa cote maximum: 1912 m ., baignant toujours le front dans sa plus grande partie et en provoquant le recul, un recul toutefois atténué déjà, car les régions marginales du glacier y sont de moins en moins intéressées. Il n' a été en effet que de 30 m. en moyenne, la moitié de celui de 1934. Le glacier a abandonné encore 14,260 m2 dans un retrait frontal très irrégulier et s' élevant en un point à 52 m. La falaise de glace atteint 50 m. de hauteur au milieu du front. Elle a, en moyenne, 35 m. Le portail a reculé, en se déplaçant de quelque 25 m. du côté du Zinkenstock.

Le bloc Hugi qui gît maintenant au milieu du glacier, à quelque 160 m. en aval du profil Brandlamm Supérieur, a marché à une vitesse ne dépassant que d' un tiers de mètre par an celle du dit profil.

Tableau m.Glacier d' Unteraar.

Mensurations de la Compagnie des Forces Motrices de l' Oberhasli.

Variations du niveauVitesses superficielles moyen, en m./anmoyennes, en m./an Altitude .des profils 1935/36 1936/37 1937/3S1935/36 1936/37 1937/38 Grunerhorn, Finsteraar: 2595 m.0,75 — 0,0B — 0,240a40,0 42,e Wildläger, Lauteraar: 2550 m.0,65 —0,5 — 0,9529,9 29,e32,!

Mieselenegg: 2415 m.0,35 — 0,e —1,033,15 30,96 33,< Pavillon Dollfus: 2280 m.0,« —1,45 —0,8630,55 27,e5 29,4 Brandlamm, Supérieur: 2120 m.1,8 —1,05 —0,815,85 15>i6 15,iB Brandlamm, Inférieur: 2000 m.2,,1,05 —1,46>2S6,2B6,T Le niveau moyen s' est abaissé sur tous les profils. En revanche et sauf sur le Brandlamm Supérieur, les vitesses superficielles ont notablement augmenté. Tandis que, du profil du Pavillon Dollfus à ceux des deux affluents du Finsteraar et du Lauteraar, l' abaissement moyen était de l' ordre de 0,75 m ., l' augmentation moyenne des vitesses superficielles a été 2,3 m. par an. Notons encore que sur le profil du Pavillon Dollfus c' est la moitié droite de l' affluent du Finsteraar qui a eu l' écoulement le plus accéléré.

Le tableau IV donne les quantités de glace dissipées' à l' Unteraar en 1937/38.

LES VARIATIONS PÉRIODIQUES DES GLACIERS DES ALPES SUISSES, 193 Tableau IV.1936/371937/38 De front à front670,000 m3499,000 m3 Du front au profil Brandlamm Inférieur. .210,000 m3260,000 m3 Du Brandlamm Inférieur au Brandlamm Su-périeur1,155,000 m31,209,000 m3 Du Brandlamm Supérieur au Pavillon Dollfus 2,832,000 m31,840,000 m3 Du Pavillon Dollfus au Mieselenegg 3,187,000 m32,775,000 m3 Du Mieselenegg au profil du Grunerhorn ( Finsteraar)941,000 m31,681,000 m3 Du Mieselen au profil du Wildläger ( Lauteraar1,183,000 m32,456,000 m3 Total des masses dissipées 10,178,000 m3 10,720,000 m3 Grâce à l' appui éclairé du Club Alpin Suisse et des Forces motrices de l' Oberhasli, la troisième campagne de sondages a pu être menée à bien par la Commission des Glaciers et ses collaborateurs bénévoles travaillant sous les directions successives de MM. Kreis et Jost. Y ont pris part: MM. Kreis, Jost et Renaud, de la Commission, puis MM. Florin, Gregori, Caratsch, Bonzon, Millet, Kilchenmann et Schläppi. Les travaux ont duré du 8 au 30 juillet et grâce au beau temps ont été très fructueux. 142 séismogrammes utilisables ont été recueillis; un quart d' entre eux concernent le terrain devant le front. Le dépouillement de ce matériel d' observation sera forcément long. D' ores et déjà se confirme l' hypothèse émise précédemment que la partie basse de l' Unteraar, en aval du profil supérieur du Brandlamm, ne repose pas directement sur le fond rocheux de la vallée mais en est séparée par un coussin d' alluvions morainiques épais de plus de 100 m. devant le front. Plus en amont le contact avec la roche s' avère direct. Au droit du Pavillon Dollfus on a mesuré une épaisseur maximale de 368 m.

Le glacier d' Oberaar a délaissé encore 7540 m2 de terrain dans un recul moyen de 16,5 m. Le grand cône de glace, protégé contre l' ablation par un revêtement morainique épais, fait de plus en plus saillie au milieu de la langue glaciaire.F. M. Oberhasli. ) Le flanc gauche du Rosenlaui s' éboule fréquemment dans son retrait, non mesurable exactement. Il a été de l' ordre de 6 m.; celui du front proprement dit, sous la moraine au pied du Gstellihorn, a été de 9 m. en moyenne. M. Campiche indique 8 m. pour le recul général.

Le Trift continue son retrait lent, particulièrement net sous la cabane Windegg; le crevassement de la langue s' est accentué.Campiche. ) Au Grindelwald Supérieur la langue glaciaire est devenue tout à fait insignifiante; on peut prévoir sa séparation d' avec le corps du glacier quand le front se sera définitivement retiré sur la tète rocheuse où s' arrête actuellement la majeure partie des glaces. Il a déjà fallu creuser la grotte de glace à la hauteur du chalet du Milchbach. Il n' est plus possible de faire des mesures ailleurs que devant ce lobe inférieur gauche qui, depuis 1929, a reculé de quelque 200 m.

Il a fallu interrompre les mensurations au glacier Inférieur du Grindelwald à cause de la disposition tout à fait défavorable des lieux. Devenu d' un accès dangereux, le glacier est à l' intérieur et en contrebas de sa moraine latérale, s' encaissant dans la gorge de la Lütschine. Il n' y a pas eu grand changement depuis 1937. Le bord gauche paraît avoir subi encore un léger recul, tandis que le milieu et le bord droit du glacier semblent plutôt station-naires:Schwammberger. ) Le glacier de YEiger s' est encore fortement aminci à sa langue et a reculé, particulièrement sur sa gauche.Schwammberger. ) Au Rätzli, 1e recul a été très fort. Au milieu du front est apparue une banquette rocheuse longue de 60 m. qu' on n' avait pas revue depuis 1928.

( Schwarz. ) Sur le Tsanfleuron, entre la Becca d' Audon et le Diableret, on a trouvé à la mi-août 1938 un squelette émergeant tout juste de la glace et en fort mauvais état: ses os étaient dispersés et mêlés à des débris de vêtements et à des épaves plus résistantes; ses pieds étaient encore chaussés. A divers indices et par divers recoupements on a reconnu qu' il s' agit d' un accident survenu au plus tôt en 1905 et au plus tard en 1919 et dont un étranger imprudent, un Grec peut-être, a été la triste victime.

III. Bassin de la Reuss.

Sulz — 5,562,5 Clarides — x5 Biferlen — 412 Glärnisch — 18 ( 2 ans5~~ M. Oechslin donne les précisions suivantes sur les glaciers de son ressort:

L' avance de 14 m. du Griess, en 1937, a fait place à un recul de 20 m.

Le névé gisant devant son front a complètement disparu, grâce, avant tout, aux pluies abondantes de l' été. Le talus inférieur du Schlossberg, uniquement alimenté par les éboulis du glacier proprement dit, lequel ne cesse de reculer sur son rocher, est lui-même en forte décroissance. Au Brunni, la tête rocheuse de droite est maintenant complètement dégagée. Le recul du glacier d' Hü f i a été considérable; sa langue, coincée dans la gorge, a fondu en grande partie. Le Kartigel se termine maintenant par une falaise de glace sur un grand champ de cailloux qu' un lagot occupe à l' ouest. Le Wallenbühl s' est aplati notablement. Au Schiessbach, lobe droit, le recul est particulièrement grand. Sur la gauche une masse de glace, longue de quelque 22 m ., large de 6 m ., épaisse de 4 m ., s' est séparée du glacier. Le glacier de Damma est fortement recouvert de moraines, et beaucoup de matériel s' est pris dans ses crevasses. Un champ de débris puissant s' étend devant lui. Le beau portail de jadis a complètement disparu. Au Tiefen, la falaise rocheuse devient toujours plus distincte, et le lambeau de glacier qui descend dans le vallon du Tiefenbach est en retrait partout aussi.Oechslin. ) Le névé du Glärnisch, comme tous ceux des Alpes glaronnaises, s' est aminci notablement. Celui des Clarides était plus crevassé que l' année pré-cédente.Streiff-Becker. ) Tableau VI.V. Bassin du Rhin.

Variations, en mètres, en Glaciers193619371938 Sardona2 ansxPiz Sol3~~ Punteglas334 Vorab2,s4,53,6 Lavaz777 Porchabella411,511 Paradies2845 Verstankla — 22 ( 2 ans7,610,s Lenta — 1,56A noter encore: stationnaire ou en faible décrue, Firnälpli.

VI. Bassin de l' Inn.

Morteratsch — 712,525,5 Roseg — 159,68,5 Schwarzhorn5,55,5 Picquog122 Tiatscha7,5 VII. Bassin de l' Adda. Forno17 Albignax Cantone21 Tableau VI ( suite ).

VIII. Bassin du Tessin.

Variations, en mètres, en Glaciers 193619371938 Rossboden — 16,551,5 — 119 Basodino2 ans ) 170 Brescianax6,5 La glacier d' Albigna est en recul accentué depuis 1935 mais ne se prête pas à des mesures exactes.Vogt. ) Le tableau VII récapitule les observations suisses de 1938. Tableau VII.

Bassins Nombre de glaciers observés en crue stalionnaires en décrue Rhône 30 18 13 4 7 4 2 3 î 0 0 0 1 0 0 1 2 3 1 0 0 0 0 1 27 15 12 4 6 4 2 1 Aar

Reuss

Linth.

Rhin

Inn..

Adda., Tessin

Totaux

81 3 7 71 % en 1937

12 4 12 8 76 88 % en 1938

Différences en %

— 8 — 4

+ 12

Conclusion: En 1938, de 100 glaciers des Alpes suisses, 4 étaient en crue, 8 étaient stationnaires et 88 étaient en décrue.

La fig. 1 montre, pour 10 glaciers importants de notre pays, qu' en dépit de crues temporaires chez quelques-uns, la tendance à la décrue a finalement prévalu chez tous depuis 40 ans ( remarquer l' effet destructeur intense des eaux du lac de la Grimsel sur le front du glacier d' Unteraar depuis 1932 ). Dans la fig. 2 R. Billwiller a confronté les pourcentages de glaciers suisses en crue, établis par le soussigné, avec les moyennes estivales de la température de l' air observée par la Station centrale suisse de Météorologie au Säntis ( 2500 m. ). L' opposition des deux grandeurs, dont M. Billwiller et d' autres ont montré antérieurement déjà l' existence, se manifeste ici avec une netteté saisissante.P.L. Mercanton.

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