Pensées philosophiques sur une expédition

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A propos de la dernière expédition à l' Everest, sans parler de toutes les qualités et mérites que son magistral succès illustre par lui-même, j' ai admiré la tranquille persévérance à laquelle elle doit son accomplissement et, d' autre part, la dignité, la simplicité et la discrétion qui, dans toutes ses phases, l' ont caractérisée. Et je suis sûr que tous mes camarades des deux premières expéditions partagent exactement cette admiration et cette satisfaction.

Si en 1952 « l' Everest n' était pas mûr », comme l' a dit très justement René Dittert, et que le signe de l' aventure demeurait prédominant, si un caractère de haute lutte a marqué encore la réussite britannique, la dernière entreprise s' est insérée avec un très bel aspect de maturité sur cette courbe qu' elle continue de façon harmonieuse.

Bien sûr, cette évolution était dans l' ordre de l' histoire himalayenne, et s' est accomplie de même sur le Kantsch et sur le Makalu. Toutefois, la tentative délibérée et courageuse d' une nouvelle ascension offre une signification particulière que j' aimerais souligner: celle d' avoir, tout en recherchant cette magnifique sanction des efforts suisses sur l' Everest, inauguré l' alpinisme classique, ou gratuit, à 8000 mètres, et même sur le plus haut sommet. En effet, c' est bien vers cette forme d' alpi, où l' émulation prend la place de toute compétition, que s' oriente la répétition d' une escalade. Revenir à l' Everest, si peu d' années après sa conquête - mais John Hunt avait d' ailleurs tenu à écarter ce terme -, c' était bien réaliser au mieux l' esprit et la lettre du fameux mot d' ordre « Grimpez donc sur cette sacrée montagne! » C' était une éloquente affirmation de l' alpinisme, et ceci précisément à l' heure où la multiplication rapide de ces « conquêtes » pourrait faire naître, dans une certaine mesure, une lassitude ou un doute à son sujet... C' était encore dénier à cette montagne le sort d' une chose versée aux archives, ou d' un os qu' on laisse une fois rongé, et ainsi contribuer le mieux à la maintenir actuelle et vivante...

Gabriel Chevalley 1 Extrait d' une lettre adressée au Journal de la Fondation suisse pour explorations alpines ( Vol. II - N° 6 -31.12.1957 ). Avec l' aimable autorisation de la rédaction.

Korrigenda

Die Höhenangabe auf Bild N° 190, Gran Paradiso ( Vierteljahresschrift II/1958 ), bezieht sich auf den Standort, von dem aus die Aufnahme gemacht wurde. Der Gran Paradiso erreicht bekanntlich die Höhe von 4061 m.

Winter im Nationalpark

VON ERNST MORGENTHALER Ein schweigender Wintermorgen im Gebirge, ohne Mensch und Tier: Fahl wie der Mond und umgeben von einem weissen Hof hängt die Sonne über dem Sattel zweier Bergkuppen über dem Horizont. Die leicht angerötete Bergwand rückt in der kühlen Schneeatmosphäre in lichte Ferne, zweimal überschnitten durch einen in Schräge und Gegenschräge fallenden Hang. Der rückliegende höhere zieht sich von rechts bis über die Bildmitte hinaus, ist völlig überschneit und zeichnet mit nur wenigen Konturen, in einer Art Kurzschrift, den Wald. Der vordere aber, der das Bildfeld in kühner Diagonale in zwei fast gleichwertige Hälften teilt, gibt das Dunkel von Stamm und Astwerk im Winterwalde frei. In diesem Dunkel wechseln blaue, rote und weissliche Töne in lebendigem Kontrast zu den rahmenden Schneeflächen. Sie bieten als Scheide von Mittel-und Vordergrund eine Spur von Wärme. Ihrerseits werden sie in Distanz gehalten durch ein ausgedehntes Schneefeld davor, aus dem in sachtem Bogen ein Jungwuchs von Tannen, schneever-stäubt, doch grün in der Nahsicht, aufragt.

Dies umschreibt in Kürze den Bildinhalt, den der Künstler als « Winter im Nationalpark » betitelt und das Gemälde rechts unten mit den Initialen E. M. und dem Datum ( 19)55 bezeichnet.

Winterbilder sind Vorwürfe, die Ernst Morgenthaler ( geb. 1887 in Kleindietwil im Unter-emmental ) von jung an erregt haben. Sie decken eine verschwiegene Seite seines Wesens auf. Neben das Bedürfnis, sich in starken, leuchtenden Farben auszuströmen, tritt hier das Bescheiden zu nur stillen Tönen in dennoch reicher, vielleicht ebenso umfänglicher, aber verfeinerter Skala. Der Eindruck der Stille wird vertieft durch die Wahl des Bildausschnittes, das Gefüge der Kulissen und das Abwägen der Distanzen, d.h. durch das Gestalten schlechthin. Und es kommt ein Kunstwerk von wunderbar beruhigtem Ausgleich zustande, aus dem - über dem Gesicht einer bestimmten Örtlichkeit im Schneegewand - ein kosmisches Miterleben des Winters möglich wird, als Zeugnis zugleich der abgeklärten Schau eines alternden Meisters.

Margarete Pfister-Burkhalter

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