Plaisir du ski dans la région Kesch—Grialetsch

Hinweis: Dieser Artikel ist nur in einer Sprache verfügbar. In der Vergangenheit wurden die Jahresbücher nicht übersetzt.

Emil Schimpf, Wintcrthour

Photos 111 à 116 Depuis des années, ma femme et moi, nous subissons l' attrait du massif Kesch-Grialetsch. Nous y avons découvert tant de possibilités de ski en terrain encore épargné par l' agitation touristique, que j' aimerais mettre au bénéfice de notre expérience les amateurs de ce genre d' excursion.

114 Au col du Sertig. Vue sur le Piz Kesch Photo L. Genseller 115 Glacier de Grialetsch. Piz Sarsura Pilschen, Fnorcla Sarsura, Piz Sarsura el P. rocheux 284g 116 Fuorcla da Grialetsch Pliolos KmileSrhimpf Il est juste de dire que les cartes et les excellents guides existants permettraient à chacun d' ac par lui-même ce genre de connaissance.

Ma description ne s' en tiendra pas à la traversée du massif, telle que nous l' avons réalisée en quelques étapes. Je voudrais y ajouter plus d' un itinéraire que l'on peut y greffer, pour peu que l'on dispose de plus de trois ou quatre jours.

Une chose à noter dans cette région aux splendides paysages, c' est l' excellence des gîtes de base, soit les trois cabanes suivantes du CAS: la Chamanna Es-cha ( 2594 mla Chamanna digl Kesch ( 2632 mla Chamanna da Grialetsch ( 2542 m ). En général, on y trouve en saison non seulement logement, repas et boissons, mais aussi la pension complète aux soins de sympathiques gardiens. Il est bon toutefois de s' assurer de leur présence à la date voulue avant d' entreprendre un tour.

Notre première découverte de ce paradis du skieur est déjà lointaine. Elle reste pourtant marquée dans notre mémoire; aussi prendrai-je volontiers comme fil directeur pour ma description de notre traversée d' alors. C' est un vendredi saint que nous faisons route vers Madulain par un temps abominable. Il pleut à basse altitude, mais à mesure que l'on monte, cela change: blancs dans le blanc, les flocons tourbillonnants nous enveloppent au milieu du brouillard. Au sortir du tunnel de l' Albula, nous jetons au paysage un regard sceptique. Il ne neige plus, mais l' Enga baigne dans une brume légère tandis que sur les hauteurs se tiennent des nuages apparemment chargés de neige. A Madulain ( 1697 m ), ravitaillement. Il est tard dans l' après quand nous nous mettons en route, l' épaule chargée non seulement d' un sac rebondi, mais de nos lattes, car il n' y a encore que peu de neige. Une raide montée nous conduit par un raccourci le long de l' Ova d' Es au chemin de l' alpe Es-cha Dadour. Nous sommes dépassés par un groupe de six costauds du CAS en course de club. Au confluent du val d' Es et du val Mura, nous pouvons enfin 1 Chamanna signifie cabane.

chausser les skis, retrouvant nos six clubistes qui font de même. Nous sommes sur un vaste cône d' avalanche situé au sud du Piz Belvair ( 2822 mi. Les clubistes s' interrogent sur la route à choisir pour gagner la cabane d' Es. Nous avons décidé quant à nous, au vu de la carte et des conditions de neige, d' emprunter le Val Mura, qui s' im. Les autres se décident pour le val d' Es et les pentes au sud de la cabane, croyant ainsi gagner du temps. Nous nous séparons donc.

Notre ligne de marche se situe à droite du chemin d' été, puis fait un coude à gauche aux environs du P. 2529, juste à l'ouest du Piz Belvair, pour atteindre la cabane d' Es, dans une situation magnifique. Nous y parvenons après trois heures de montée sans fatigue.

Telle est la route que nous avons suivie à ski depuis lors à chacune de nos visites. On peut partir aussi bien de Zuoz, les deux chemins faisant jonction peu au-dessus de l' alpe d' Es Dadour. En tout cas, il n' est pas question en hiver d' em le chemin commode venant du col de l' Albula, dont la route n' est pas ouverte aux voitures à cette saison.

Le gardien devait nous avoir observés à la jumelle dans notre montée des le P. 2562 ( Muot Ot ), car une tasse de thé fumant nous attendait à la cabane. Mais il se montra plutôt maussade quand, une bonne demi-heure plus tard, presque à la nuit, l' autre groupe arriva, disant qu' ils avaient dû affronter des pentes toujours plus raides. Le gardien nous déclara que la combe de l' Ova dal Lejet était des plus avalancheuses et qu' il ne fallait pas s' y risquer, même par des conditions apparemment bonnes.

Plus tard encore arriva un groupe de skieurs du SAS qui avaient suivi nos traces. Tous ensemble, nous passâmes une de ces soirées sympathiques entre montagnards qui n' ont pas à se lever tôt le lendemain. Le gardien y contribua avec un potage fameux de son invention et un excellent Veltliner.

Le ciel, qui faisait encore grise mine la veille à notre arrivée, rayonnait le lendemain, mer- veilleusement bleu, comme le gardien l' avait prédit. Quinze centimètres de neige fraîche blan-chissaient le paysage, d' une beauté incomparable. Nos trois groupes se mirent en route de la meilleure humeur, échelonnés le long du parcours qui conduit, en passant devant la vieille cabane Rascher, jusqu' à la Porta d' Es ( 3008 m ). Grâce aux parfaites conditions de neige, nous pouvions faire plus d' une trace, la ligne générale empruntant toutefois la petite arête peu marquée au-dessus de la cabane, pour gagner le P. 3008 par la combe à l' est du passage. Deux heures à peine après notre départ nous y étions de nouveau rassemblés. Nous avions pu atteindre la Porta les skis aux pieds. Il n' en va pas toujours de même. Depuis quelques années, avec le recul du Vadret d' Es, les choses se sont compliquées. Aujourd'hui, à moins d' un gros enneigement, il faut porter les skis pour le dernier passage en décrivant un petit arc de cercle vers la gauche.

On se trouve ici immédiatement à l' est du Piz Kesch, auquel on est relié par son arête orientale en demi-cercle. L' aiguille du Keschnadel en émerge dressée comme un doigt avertisseur. De l' endroit où nous étions, nous pouvions suivre l' as de quelques groupes de skieurs faisant route vers le Piz Kesch ( 3417 m ) après avoir quitté leurs skis. Visiblement, c' était coriace pour certains, sans doute faute d' un bon équipement, car un petit nombre seulement parvinrent au sommet. Nos six camarades du CAS restèrent jusqu' à midi sur la Fuorcla, tant la vue était prenante, sur la Basse comme sur la Haute-Engadine, et plus encore vers les coulisses de la Bernina. Quant aux skieurs du SAS, ils devaient se rendre le même jour dans le val Sertig. Notre but à nous, la Keschhütte, se trouvait à portée de main, à quelque deux kilomètres et demi sous la Fuorcla par le versant nord. La faible dénivellation ( quatre cents mètres environ ) ne présente pas la moindre difficulté, à part d' éventuelles crevasses sur le glacier de Porchabella ( de la Belle Truie !).

2 Yadret signifie glacier.

Quelle joie de bondir et danser dans cette neige merveilleuse! Le seul danger peut être ici le brouillard, si l'on est sans traces ou si l'on perd la direction dans la purée de pois. Si l'on manque la cabane de peu à droite ou à gauche, on aboutit beaucoup trop bas.

Si la cabane d' Es n' offre guère au skieur que la traversée de la Fuorcla, avec un crochet éventuel jusqu' au Piz Kesch, la cabane du Kesch, en revanche, propose quantité de petites excursions dans ses environs. Aussi décidons-nous bientôt d' y laisser le superflu de nos bagages et de refaire en montée le glacier déjà parcouru, en nous tenant toutefois plus à droite, dans les traces conduisant à l' endroit du Kesch où l'on dépose les skis. Pour ce faire, il fallait tourner l' éperon oriental du sommet et parvenir aux environs de la cote 3240. De là, la descente en droite ligne, et sans bagages, fut une répétition glorieuse de notre première glissade.

On peut recommander de semblables d' œuvre, soit en direction de la Fuorcla Viluoch ( 3003 m ), ou du P. 2983 au nord du Piz Porchabella. Mais comme je l' ai dit plus haut, on doit tenir compte sur ces parcours de quelques grosses crevasses pas toujours bien visibles. La neige n' est presque jamais mauvaise sur ces glaciers exposés au nord, et cela jusqu' à 2600 mètres environ.

Pour gagner la Keschhütte, il existe plus d' une possibilité. On peut l' atteindre de Bergün par le val Tuors ( c' est sans doute la route la plus utilisée aujourd'hui ). De Chapella ( Basse-Engadine ) par le val Susauna. A travers les cols de Sertig ou de Scaletta. Ces dernières traversées sont recommandables surtout au retour, ou comme but en soi en revenant à la cabane. J' ai dit que nos camarades du SAS se rendaient par la Keschhütte au Sertigtal. Pour cela, il faut d' abord faire deux kilomètres environ en descente dans le val dal Tschüvel. En hiver, il est avantageux de perdre un peu d' alti, jusqu' au P. 2305 approximativement. On évite ainsi le chemin d' été passant par Piatta Naira, qui présente un grand danger de planches de neige. La montée au Sertigpass débute peu' 71 avant le confluent de l' Ova Sartio et de l' Ova Funtauna. On se tient à peu près au milieu du vallon jusqu' au P. 2562 ( Lai da Ravais-ch Sur ). En chemin, on gardera l' œil sur les deux versants, les glissements de neige n' étant pas exclus. Le versant gauche ( en montant !) est raide, parsemé de rochers, et reçoit à peine un peu de soleil. La pente de droite, moins raide, regarde en revanche au sud, et le plus souvent des corniches font le guet sur la crête. En quittant le petit lac, naturellement gelé, on atteint facilement les hauteurs du col ( Sertigpass, 2739 m ). La descente dans le Sertigtal par les pentes orientées au nord se fera en tenant compte des accidents du terrain et en passant comme en pendulant d' une pente à l' autre, jusqu' au Grünsee ( Glattboden ). Un parcours de fond terminera cette descente très variée.

Pour notre part, nous avions choisi comme prochain but la cabane Grialetsch, et nos six camarades de même. Nous voilà donc fonçant de compagnie par le plus beau temps du monde et la meilleure neige. Descendant à peine, on suit d' abord à pas glissés le fond du val Tschüvel; puis, par le val Funtauna, on gagne l' alpe du même nom. Là se rejoignent les chemins d' hiver et d' été montant du val Susauna. Du flottement se produit parmi nous. Nos camarades se proposent de gagner notre but commun par Vallorgia, le glacier et le col ( Fuorcla ) du même nom. Nous préférons quant à nous une variante par le Scalettahorn ( 3068 m ). La discussion a pris quelque temps, juste ce qu' il fallait pour que les pentes encore dures se ramollissent dans i' agréable chaleur du soleil et permettent de monter sans faire usage des « couteaux ».

Pour gagner le col de Scaletta ( 2606 m ), on emprunte le fond du val, et surtout pas les pentes à gauche par Ils Crauns, où passe le chemin d' été. Au col, nous faisons halte pour souffler et casser la croûte, mais aussi pour jouir de la vue glorieuse sur le nord et le sud. Celui qui se propose de gagner Davos descendra d' ici droit au nord jusqu' àDurrboden. Mais cette route semble rarement parcourue, si nous en croyons nos observations.

Continuant vers notre but, nous nous dirigeons franchement à l' est par une rude montée en neige dure vers le glacier anonyme. Sans les couteaux, il aurait fallu porter les skis assez longtemps. Nous aurions eu sans doute avantage à bifurquer avant le col en nous tenant à droite du P. 2535, jusqu' au du P. 2804, en visant notre but. Le Scalettahorn restait visible, mais sur ce versant, à ski, on doit finasser tant bien que mal pour arriver au sommet. C' est ce que nous faisons par la selle située au nord-ouest du point culminant, et cela nous réussit, puisque nous arrivons au Scalettahorn sans déchausser. Ici peuvent régner les conditions de neige les plus diverses, neige dure, soufflée ou croûtée, corniches inconfortables penchées soit au nord soit au sud, et le plus souvent, point de neige du tout. Ce jour-là, nous trouvons des corniches surplombant le nord, aussi devons-nous emprunter un instant la pente sud juste sous le sommet, jusqu' à un endroit libre de neige près de la cote 2940, où nous faisons halte. De là nous pouvons voir nos camarades dans la dernière montée du Vadret Vallorgia, sous la Fuorcla du même nom. Les pentes exposées au soleil leur ont coûté bien de la sueur, nous crient-ils. Quelques instants plus tard, nous glissons nous-mêmes vers la Fuorcla ( 2969 m ), d' abord en facile descente, puis par une courte montée.

Nous ne voulions pas suivre de là, pour atteindre le but de notre journée, la route ordinaire par Chilbiritzen, pourtant tracée. Nous voulions emprunter les vastes pentes du glacier de Grialetsch en passant au large de quelques crevasses, en direction du P. 2369, à l' est sous la cabane, avec une courte remontée à cette Chamanna da Grialetsch.

A notre arrivée, elle était déjà bien occupée, mais nous étions annoncés. Aujourd'hui, surtout à Pâques et à Pentecôte, ce doit être une des cabanes les plus fréquentées des Grisons. Lors de notre première visite, c' était encore le couple Hammer-schmid, et d' abord la gardienne, une femme décidée, qui y tenait le sceptre.

La meilleure voie d' accès à la cabane passe par Dürrboden. Elle était largement utilisée autrefois déjà, mais il fallait, au départ de Davos, remonter l' interminable Dischmatal. Aujourd'hui il est le plus souvent possible d' atteindre en auto Dürrboden. De là, s' il fait nuit, il faut avoir une trace à suivre, sinon bien connaître son affaire pour trouver la montée la plus simple et la plus facile. Elle passe au sud du chemin d' été en décrivant une longue courbe vers la droite jusqu' à la combe du Furgabach. Une nuit que nous étions montés sans peine à la Fuorcla da Grialetsch ( 2969 m ), c' est dans la courte descente sur la cabane, dont les lumières étaient proches, que ma femme fit une chute sur de la glace vive et s' écorcha vilainement les mains.

Une voie d' accès plus longue conduit de Susch via la route de la Flüela et le val Grialetsch. L' em d' un véhicule jusqu' à Chant Sura la raccourcit actuellement.

La Grialetschhütte offre toute une couronne de belles montagnes à ski. J' ai déjà mentionné le Scalettahorn. Pour gravir ce sommet, de même que le Piz Grialetsch ( 3131 m ), la voie la meilleure monte de la cabane vers le sud en direction d' une brèche bien visible dans une petite arête rocheuse entre les P. 3026 et 2862. De là, on gagne la Fuorcla Vallorgia, d' où l' accès au Scalettahorn est facile à trouver ( nous avons déjà décrit ce court trajet ).

J' ai longtemps lorgné avec envie la descente directe du Scalettahorn par la pente nord et le glacier de Scaletta, jusqu' au Gletschtälli. Les pentes raides m' ont toujours attiré, et ma femme ne les craint pas, pour autant qu' elles ne soient pas truffées de rochers. En montant de Dürrboden à la cabane, nous avons vu une seule fois une trace de montée sur ce versant, en droite ligne vers le sommet, mais aucune de descente. Lors d' un séjour à la cabane, les conditions pour une telle entreprise nous semblaient particulièrement favorables. Le gardien en était moins sûr. Quoi qu' il en fût, étant montés quand même au Scalettahorn, nous vîmes que, depuis la veille, plusieurs planches de neige avaient glissé vers la vallée.

Notre projet fut abandonné. Nous eûmes pour compensation la vue splendide dont on jouit, du Scaletta comme du Grialetsch, sur les montagnes du nord des Grisons. On est là-haut comme dans une loge de théâtre.

Notre descente se fit sur le Scalettapass par notre chemin de montée; de là au nord, sans trouver la moindre trace, et dans une neige de printemps de première qualité, jusqu' au P. 2492. Ensuite, en rapides virevoltes dans le Gletschtälli. Passé le Furggabach, nous pûmes contempler avec une intime satisfaction nos traces de descente, heureux toutefois d' avoir renoncé à la « directissime ».

Si l'on veut faire le Piz Grialetsch, on monte par la voie déjà décrite à la Fuorcla Vallorgia. Au nord et au-dessus du col, on laisse les skis et continue à pied par l' éperon sud, le plus souvent sans problème.

Un tour qui « paye » vraiment, c' est le Piz Sarsura ( sommet principal 3177 m ). De l' avis général, c' est le plus beau sommet à ski de la région. De la cabane, il y a avantage à descendre d' abord au P. 2369, où nous avons passé dans la descente de la Fuorcla Vallorgia. De là, en tournant par la gauche l' Isla Persa ( P. 2849 ), on monte à la Fuorcla Sarsura. L' avantage de cette route, qui comporte une perte d' altitude, nous a été démontré. Un groupe de skieurs avec qui nous en avions parlé voulut éviter ce léger inconvénient en traversant de flanc vers 2700 mètres et fut pris dans une planche de neige. Ils en furent quittes pour la peur et des blessures légères, mais la preuve était faite que cette économie ne payait pas.

Lorsqu' on a atteint la Fuorcla, située au pied de l' arête sud du Piz Sarsura Pitschen ( 3133 m ), on suit l' arête nord qui monte par le haut du Vadret da Sarsura au sommet principal ( 3178 m ). Le plus souvent, la neige est profondément travaillée par le vent dans la pente supérieure et il est recommandé d' y porter les skis, même si l'on dispose de couteaux. Même par beau temps, il peut faire un froid extrême sur ces hauteurs. Nous en avons fait l' expérience dans notre propre chair ( -250 C au départ de la cabane !). Mais la vue n' en est que plus belle: au premier plan, les montagnes de Davos et le groupe de la Silvretta. Plus loin, le massif de l' Ortler et les Alpes de l' Ötztal. Et naturellement le massif du Piz d' Err, ou encore, en balayant du regard, la chaîne des montagnes de la Bernina à la Bregaglia.

La descente se fait par le chemin de montée. La neige peut y être des plus diverses, sans empêcher toutefois d' y virevolter. Le Piz Sarsura appartenant pour ainsi dire à notre répertoire, j' aurais eu grande envie de réaliser une fois la descente directe sur la Basse-Engadine. Ce doit être quelque chose de royal, si j' en crois des amis. Malheureusement, je n' ai jamais trouvé personne dans les mêmes dispositions que moi pour cette entreprise.

Deux sommets encore se prêtent au ski pur: le Radüner Rothorn et le Flüela Schwarzhorn, que l'on atteint tous les deux par la Radünerfurka. Il est étonnant que l'on donne ce nom, d' aussi loin qu' il me souvienne, au P.2789, à l' extrémité de l' arête nord-est du Piz Rädont ( 3065 m ). La brèche entre le Piz Rädont et le Radüner Rothorn, au nord et au-dessus du petit lac Furgga, est portée sur la carte avec le nom de Fuorcla Rädont. La meilleure voie de montée à la Radünerfurka, selon mon expérience, passe par la Fuorcla da Grialetsch. De là au nord par des pentes abruptes et par de courts zigzags tant bien que mal jusqu' à un petit bastion rocheux. Plus haut, on fait sa trace vers le nord-est par-dessus la cote 2600 et en direction du P. 2750. Enfin on force en ligne directe quelque dix mètres pour atteindre le passage bien évident. On trouve très souvent sur ce parcours de la neige croûtée sous toutes les formes ( exposition au sud !), ou encore des pentes sournoises ayant des dispositions pour partir en planches de neige. Prudence donc! Par neige nouvelle abondante, il faut renoncer ( un jeune collègue clubiste expérimenté a perdu la vie dans une planche de neige peu au-dessus de la cabane ). Le temps nécessaire pour cette montée peut varier selon les conditions entre une heure et quart et le double.

L' ascension du Radüner Rothorn ( nous ne l' avons pas faite nous-mêmes ) se fait, au départ de la Fuorcla, par les rochers inférieurs du Piz Rädont en restant à peu près à niveau, pour s' en ensuite dans la combe au sud du Radüner Rothorn. On laisse ici les skis pour gagner le sommet à pied.

Si l'on veut se rendre au Flüela Schwarzhorn, course payante selon nous, on traverse le Vadret da Rädont aux environs du P. 2671 pour gagner l' extrémité du contrefort nord du Radüner Rothorn. Celui qui vent combiner l' ascension avec la descente sur la route du col de la Flüela déposera ici son bagage, montera à ski à la Schwarzhornfurgga ( 2883 m ), où il laissera ses lattes. Par bonnes conditions de neige, l' arête sud du Flüela Schwarzhorn ( 3146 m ) se fait facilement à pied. On est récompense par une vue circulaire remarquable, le regard plongeant dans les régions de la Flüela et du Dischmatal de part et d' autre de l' arête. Retour à la cabane par le même chemin; mais on peut choisir de descendre sur le col de la Flüela, de l' endroit où on a laissé les sacs, par la voie de descente de la Radünerfurka, décrite plus loin.

De la cabane Grialetsch, le retour en plaine peut se faire par l' itinéraire déjà mentionné de Dürrboden ou par le val Grialetsch. Le retour sur Davos par la Radünerfurka est une belle conclusion de la traversée des trois cabanes. La descente emprunte la large combe du Vadret da Rädont, le plus souvent en excellente neige permettant le ski « libre ». Ensuite il faut bien ouvrir les yeux à l' approche de l' entonnoir terminant la combe: là est le passage-clé conduisant aux pentes qui dominent la route de la Flüela. Il faut trouver sous le P. 2418 le lit du torrent, et surveiller en même temps les pentes raides au nord du Schwarzkopf ( P. 2603 ) où règne un grand danger de planches de neige. Aujourd'hui, la route de la Flüela est ouverte en hiver, et j' ignore comment sur ce trajet on peut skier sans traverser de nombreux restes d' avalanches, certaines provoquées artificiellement. Parla route ou sur les côtés, on gagne l' hos de la Flüela. Plus loin, à l' extrémité du Schottensee, on quitte la route pour descendre droit au nord sur Wägerhus ( 2207 m ), où l'on passe sur la rive gauche, laissant Tschuggen à droite. Sur ce versant gauche, de nombreuses coulées d' avalan empêchent une progression rapide.

Il existe aujourd'hui une liaison par bus de Davos à Dörfij ( pour le Pischabahn ). Elle permet d' éviter un parcours compliqué en forêt.

Le lecteur aura note que les excursions décrites ci-dessus sont variées et faciles, récréatives en somme. Il va sans dire que tout change avec l' ar brusque du mauvais temps ou quand la neige est mauvaise ou dangereuse.

Adapte par E. Px.

Feedback