Avec l'équipe du Panta. Premiers pas dans la neige des Andes

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Secondement, les approvisionnements n' auraient pas suffi, et il aurait fallu organiser le transport d' un supplément de vivres dès Cuzco. Dès le début, nous avions envisagé d' entre une seconde campagne à partir de cette ville, aussi n' avions emporté des vivres que pour six semaines environ.

Comme le groupe du Panta, dont je faisais partie, avait gravi toutes les cimes intéressantes de son secteur, je m' entendis par radio avec ceux du Pumasillo. Nous décidâmes de retourner à Cuzco et d' entreprendre de là une nouvelle phase de l' expédition.

Nous allons maintenant accompagner dans ses entreprises l' équipe du Panta, formée des trois Genevois J.J. Asper, Marcel Bron, Roger Habersaat, et de nos trois compatriotes de Suisse orientale, Hans Frommenwiler, Eugen Steiger et Ruedi Schatz. Cette équipe parvint à son camp de base une semaine plus tard que celle du Pumasillo, la longue marche d' approche, par des chemins inconnus, ayant pris beaucoup de temps.R.S.

Avec l' équipe du Panta. Premiers pas dans la neige des Andes

PAR RUEDISCHATZ Une évidence de l' alpinisme, c' est que le grimpeur réussit plus de choses dans une région connue que dans des montagnes totalement ignorées. Dans nos Alpes on se familiarise avec les grandes courses à la maison déjà, par l' étude de la carte, du guide et des revues, ou encore en discutant avec des camarades. Si l'on arrive enfin dans une cabane qu' on n' a jamais vue, mais autour de laquelle la pensée est revenue constamment, on commence en général ses vacances par une course d' entraînement, pour se mettre en forme sans doute, mais surtout pour se faire une image de la région.

Or dans une contrée vraiment nouvelle, pas de préparation théorique: à chaque pas c' est l' in et l' étonnement. Il est donc très important de consacrer deux ou trois premières courses à acquérir une vision du pays, à découvrir le point de moindre résistance des grands sommets, à prendre un juste sentiment des distances.

Le lendemain déjà de notre arrivée au camp de base, Marcel Bron, Jean-Jacques Asper, Roger Habersaat et Geny Steiger se mettaient en devoir d' atteindre le pied du Camballa, tandis que Hansi Frommenwiler et moi-même gravissions par un intéressant travail dans la glace un premier sommet offrant une vue splendide sur la montagne qui était notre gros problème. Puis, tandis que nos trois camarades romands reconnaissaient le camp d' altitude du Camballa, nous escaladions, Geny, Hansi et moi-même, un premier haut sommet, le Soirochoca ( 5540 m ). Ascension sans histoire: un labourage interminable dans la neige profonde, puis une plongée dans les nuages, une marchetâ- tonnante de demi-aveugles le long d' une arête souvent aiguë à l' extrême, qui prenait des allures fantomatiques dans la chape des nuées et faisait courir des frissons dans notre dos. Sur quel terrain marchions-nous? Des corniches surplombantes ou une crête solide? Puis ce fut le sommet, deviné plutôt que perçu, la descente, et enfin la marche sous la chaleur torride à travers le bassin miroitant du glacier: une intensité de soleil à vous laisser presque paralysés avant d' atteindre le camp.

Premier sommet Mais le Soirococha, s' il ne fut pas l' un des grands événements de cette expedition, signifiait du moins pour nous le premier contact étroit avec « notre » neige, « notre » glacé andine, « notre » rocher. Première connaissance avec les fatigues de la chaleur, de la marche engluée dans la neige sans fond, de la respiration laborieuse et haletante; premier apprentissage des conditions avec lesquelles il faudrait compter pour chaque sommet.

Le Soirococha et son voisin le Kuima devaient être gravis plus tard, une deuxième fois, par la cordée Asper, Bron et Steiger.

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