Gottfried Ludwig Theobald (1810-1869)

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Gottfried Ludwig Theobald ( 1810-1869 ) Gottfried Ludwig Theobald naquit le 12 décembre 1810 à Aliendorf, où il vécut jusqu' en 1819, date à laquelle son père fut nommé pasteur et métropolite à Hochstadt. Ses parents étaient d' ex cellentes gens: le père très cultivé, avec de profondes qualités de cœur; la mère, très douée intellectuellement, d' une nature noble et généreuse, marqua de façon indélébile l' éducation de notre Gottfried Ludwig, l' aîné de ses cinq enfants. Rien dans la campagne et dans la forêt n' échappait à l' observation du jeune garçon. Il voulait voir de ses propres yeux, en leur lieu et place, tous les phénomènes de la nature, les comparer et en tirer des conclusions. Il fréquenta le gymnase de Hanau, où l'on enseignait surtout les langues, l' histoire et les mathématiques. Quant aux sciences naturelles, pour lesquelles il éprouvait un attrait irrésistible, il dut être son propre maître, c'est-à-dire que la nature elle-même fut sa grande maîtresse. Il étudia ensuite la théologie aux universités de Marburg et de Halle. Ses études achevées, il vécut quelque temps à Halle comme pasteur suppléant et maître d' école. Mais la vocation lui manquait; « ses sermons, dit Roeder, chassent ses auditeurs hors de l' église ». Par contre, il met tout son cœur à l' étude des sciences naturelles. Sa passion de collectionneur réapparaît, qui le tenait déjà jeune garçon. Tout ce qu' on rencontre dans les champs et la forêt, la prairie et le jardin est recueilli, observé, examiné et catalogué.

Il reçoit un jour un appel d' une famille protestante de Montpellier qui le demande comme précepteur de leurs enfants. Il accepte et dès ce jour il fait de longues randonnées pour étudier la géologie.

A l' instigation de l' inspecteur G. W. Roeder, on procédait alors à Coire à la réforme de l' Ecole cantonale. Roeder appelle Theobald pour y enseigner les sciences naturelles. Après quatre ans de séjour, ce dernier quitte Montpellier pour s' établir à Hanau où, durant les loisirs que lui laisse son enseignement, il classe ses collections et continue inlassablement d' étudier et d' observer. Il devient secrétaire de la Société des sciences naturellesde la Wetterau et publie son premier ouvrage Die Flora der Wetterau. Il devait toutefois revenir au pastorat pour remplacer son père malade. A la mort de celui-ci, en 1845, la paroisse de Hochstadt aurait voulu garder le fils, mais la théologie n' avait plus d' attrait pour lui.

Le tournant décisif dans la vie de Theobald se place dans les années d' agitation et de troubles politiques succédant à 1848. Le patriote et bouillant libéral fut entraîné dans le tourbillon. La réaction s' en prit à lui; il fut suspendu de son poste de maître à Hanau. Le 14 juin 1852, sans aucune perspective d' avenir, il dirige ses pas vers Genève. Une troisième et dernière fois, il est pour peu de temps pasteur dans cette ville. Après 18 mois, une solution se présente sous forme d' un appel du Département de l' instruction publique des Grisons, et le voici dès septembre 1854 maître des sciences naturelles à l' Ecole cantonale de Coire. La voie est désormais ouverte vers le champ de sa féconde et inoubliable activité: l' exploration géologique de toutes les Alpes rhétiques orientales.

A peine installé à Coire, Theobald parcourt le massif de la Bernina et entreprend l' étude du Calanda. En décembre 1854 déjà, il fait devant la Société des sciences naturelles des Grisons sa première communication: « Sur la Bernina », suivie la même année de quatre autres conférences. En 1855 il est secrétaire de la dite société; en 1859 vice-président, poste qu' il occupa jusqu' à sa mort.

L' activité de Theobald à Coire se place au temps des pionniers de l' alpinisme. Cet infatigable explorateur des montagnes de sa nouvelle patrie ne pouvait demeurer inactif devant les efforts de Th.Simler en vue de la fondation d' une société suisse d' alpinistes; aussi le trouvons-nous en 1864 parmi les fondateurs de la section Raetia. Sous l' influence des grimpeurs et des savants qui étaient ses parrains, Theobald, J. Coaz, E. Killias, P. Lorenz, la dite section se voua, surtout les premières années, à l' exploration scientifique des Hautes Alpes, sans pourtant négliger l' alpinisme proprement dit. Cela répondait précisément à la conviction de Theobald que le CAS doit encourager les ascensions, même si aucune préoccupation scientifique n' y est attachée, mais que d' autre part le charme et " le plaisir des escalades est infiniment plus grand lorsqu' elles sont entreprises avec la maturité scientifique.

Le professeur Theobald déploya une féconde activité dans la section Raetia. Il en fut vice-président de 1866 à sa mort. En 1867, il inaugura un cycle de conférences sur la minéralogie et la géologie générale qui eurent un vif succès. Il fit partie comme vice-président du 3e CC du CAS fourni par la section Raetia et fut chargé de la rédaction des volumes IV et V du Jahrbuch, ce qui lui permit de faire part de ses connaissances et points de vue à des cercles plus étendus.

Il considérait l' exploration géologique des Grisons comme sa tâche principale, et il y travailla même lorsque ses forces furent affaiblies par la maladie. La Société suisse de géologie lui confia l' établissement de la carte géologique des Alpes rhétiques orientales. Ce travail remarquable forme les livraisons 2 et 3 des Contributions à la Carte géologique de la Suisse. Il n' en négligeait pas pour autant les recherches en botanique et en zoologie. Son herbier, où toutes les familles du règne végétal sont représentées, constitue une collection unique pour les Grisons. Theobald s' est érigé un monument durable en créant pour l' Ecole cantonale le Musée d' échantillons minéralogiques. Ses Leitfaden der Naturgeschichte montrent qu' il maîtrisait tout le domaine des sciences naturelles; ce n' est pas un simple manuel scolaire, mais une œuvre où l' auteur embrasse l' ensemble des phénomènes de notre monde alpin.

Par ses innombrables randonnées dans les Alpes grisonnes, Theobald avait acquis une connaissance profonde des lieux et de la topographie du canton. Ses Naturbilder aus den rhätischenAlpen et la Beschreibung des Bündner Oberlandes sont les meilleurs ouvrages qui furent alors publiés sur les Grisons.

Le fait qu' il déclina deux appels - de Munich et de Francfort - montre la noblesse et la loyauté de son caractère. Il ne voulait pas, disait-il, être infidèle à sa nouvelle patrie où il se sentait très heureux, à Coire comme dans le canton. Quelle joie ce fut pour lui lorsqu' en 1864 la commune engadinoise de S-chanf lui octroya la bourgeoisie, à lui et sa famille, en reconnaissance de son activité de dix années à l' Ecole cantonale et en récompense de ses efforts pour le développement des sciences naturelles et dans l' exploration scientifique du canton.

En 1866, une fièvre typhoïde ébranla pour la première fois sérieusement sa santé. En 1867, il souffrit de violentes douleurs rhumatismales. Il n' en continua pas moins ses courses en montagne, bien que, au dire de ses amis, c' était maintenant la volonté, et non plus seulement l' énergie physique qui commandait. Il traitait ces troubles de santé, toujours plus fréquents, d'«histoires détestables ». Le 15 septembre 1869, cette vie débordante s' arrêta.

Durant les 15 années de son activité à Coire, Theobald a fait plus de 200 conférences à la section Raetia du CAS, à la Société des sciences naturelles, à la Société littéraire de Coire et dans des manifestations publiques d' éducation populaire. Il écrivait régulièrement dans le Jahrbuch du CAS, dans les Jahresberichten de la Société des sciences naturelles, dans les Bündner Monatsblätter et dans bien d' autres publications. Toutefois, le zèle ardent qu' il apportait à ses recherches et à ses travaux ne lui laissèrent point de temps pour amasser des biens terrestres. Les associations qui avaient largement bénéficié de son activité estimèrent de leur devoir de créer un fonds pour ses descendants. Le résultat édifiant de la souscription témoigne du profond attachement que le réfugié politique, le citoyen intègre s' était acquis dans les larges cercles de la population.

La ville de Coire a honoré le grand savant en élevant un monument durable sur sa tombe. Au cimetière « Daleu », un bloc erratique marque le lieu où l' éminent explorateur des Alpes rhétiques a trouvé sa dernière et paisible demeure.Cari Eggerling junior

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