Rudolf Linth (1823-1893)

Hinweis: Dieser Artikel ist nur in einer Sprache verfügbar. In der Vergangenheit wurden die Jahresbücher nicht übersetzt.

Rudolf LINDT ( 1823-1893 ) Pour Rudolf Lindt, les montagnes signifiaient détente et enrichissement dans une vie pleine et active mise au service de la chose publique à Berne. Sa profession de pharmacien ne suffisait pas à remplir son existence, aussi tendait-il à lui donner un sens plus élevé. Homme politique, il s' acquit des mérites durables particulièrement dans la question scolaire de la ville de Berne. Conseiller communal, il fut membre de l' exécutif de la ville pendant plus de vingt ans, de 1868 à 1888; membre du grand Conseil, il fit partie du corps légistatif cantonal. Il s' occupa des écoles comme membre de la commission du collège scientifique et appartint à la commission du gymnase cantonal dès sa fondation, soit de 1880 à 1888. Placé à la tête d' une commission spéciale, il résolut avec une habileté diplomatique à la fois souple et obstinée une tâche extrêmement difficile: la réorganisation totale des écoles de la ville de Berne, tâche dont la transformation des vieilles écoles communales en un gymnase cantonal fut le gros morceau.

Rudolf Lindt représenta aussi avec succès les intérêts de la ville de Berne vis-à-vis de l' Etat lors des tractations épineuses concernant la place d' armes de Berne, son idéalisme luttant pour le maintien de la Kleine Schanze. Celle-ci, dernier boulevard de la forteresse occidentale bernoise, aurait dû succomber à la fin des années 1860 à la poussée novatrice et au ressentiment contre la tradition du vieux Berne. Le puissant mur d' escarpe fut conservé; ce mur est aujourd'hui une des parures de la ville; il porte le parc d' où le regard plonge magnifiquement sur la large vallée de l' Aar et se perd vers les hautes cimes.

Rudolf Lindt, bien que né en 1823 à Berne et bourgeois de la ville, était, à l' instar de beaucoup des premiers alpinistes de ce temps, imbu de l' idéalisme allemand et des mouvements politiques des années 1848/49. Au collège déjà il se révélait un adepte enthousiaste de cette gymnastique venue d' Allemagne qui était non seulement un exercice physique mais une attitude spirituelle. Le jeune et solide adolescent devint colonel du corps de cadets bernois et prit cette tâche tellement au sérieux qu' il se fit instruire en tactique et autres disciplines militaires par un vieil officier. Il étudia d' abord les langues anciennes puis, après un séjour en Suisse romande, entra à Berne en apprentissage de pharmacie. Ses stages le menèrent à Mayence et à Francfort sur le Main et finalement il termina ses études à l' Université d' Iéna. Là Rudolf Lindt se trouva pris dans les tempêtes du mouvement de libération allemand, car l' esprit des étudiants d' Iéna partis jadis en guerre contre Napoléon était encore vivant. Député par la corporation des étudiants d' Iéna, Rudolf Lindt se rendit à Vienne où la gent estudiantine s' était révoltée et organisée militairement. Lors de l' échec du mouvement, Rudolf Lindt quitta léna et rentra à Berne, passant par l' Angleterre et l' Ecosse. Il s' y établit comme pharmacien et fonda une famille en 1852; deux fils et six filles furent élevés dans d' heureuses conditions.

Il est naturel qu' un tel homme ait été attaché de tout cœur à la nature et au monde alpestre et se soit trouvé en tête lors de la fondation du CAS en 1863. Il fut trésorier du premier Comité Central et président de la section de Berne de 1874 à 1878. Bon organisateur, énergique et décidé, Rudolf Lindt était aussi un homme plein de cœur et de délicatesse. En 1879, quand la section de Berne prit de nouveau le Comité Central en charge, il assuma le poste de Président central du CAS. Après la mort de Studer en 1890, la section de Berne voyant en Rudolf Lindt son représentant le plus digne le nomma président d' honneur.

Rudolf Lindt était un alpiniste endurant et solide, qui réussit un grand nombre d' ascensions avec l' élite des grimpeurs bernois: Finsteraarhorn et Oberaarhorn en 1863, Studerhorn, Gross Wannehorn ( première ascension ), Jungfrau en 1864, Rhonestock et Tiefensattel en 1868, Blümlisalp en 1869, Eiger en 1871, Schreckhorn en 1873, Cervin en 1874, Mönch par le nord en 1876, Gspaltenhorn en 1879, Wetterhorn en 1881, Breithorn en 1884. Mais Rudolf Lindt cherchait aussi la détente en d' innombrables excursions dans les Préalpes et sut communiquer son amour de la montagne à ses enfants qui furent plus tard ses compagnons dans ses grandes courses. Comme toute la génération des fondateurs du CAS, Rudolf Lindt ne parcourait pas les Alpes pour son seul plaisir, mais les explorait vraiment. Dans de nombreuses conférences à la section de Berne, dans des contributions aux Jahrbücher du CAS, il a donné des récits de ses expéditions et conté ses exploits. Il s' intéressait surtout à la botanique et éveilla un grand intérêt pour la flore alpine chez ses enfants. Dans son jardin il avait créé un « Bergli » où il acclimatait les plantes rapportées de ses expéditions. La dernière, un edelweiss de l' arête du Sigriswil, refusa longtemps de fleurir quand, au printemps 1893, des étoiles s' épanouirent soudain, juste à temps pour orner la poitrine du défunt. Rudolf Lindt avait succombé doucement à une attaque dans la nuit du 8 au 9 mai; il était âge de 70 ans. On l' ensevelit le jour de l' Ascension et une masse de fleurs de montagnes ornèrent sa tombe.Georges Grosjean

Feedback